L'édito : à point nommés !

  • Gonzalo Quesada et Hans Peter-Wild.
    Gonzalo Quesada et Hans Peter-Wild. Icon Sport - Icon Sport
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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Il fallait s’y attendre, l’information parue dans Midol dévoilant le futur départ de Laurent Labit et Karim Ghezal du XV de France pour le Stade français a fait grand bruit en début de semaine dernière. La vérité, c’est que tout ce qui touche à la sélection est extrêmement difficile à cacher très longtemps, parce qu’elle cristallise toutes les attentions et concentre tous les regards. C’est logique, me direz-vous.

Car ce n’est pas tous les jours que des techniciens choisissent de quitter un job envié par tous leurs congénères. Et qu’il est encore plus rare de les voir se "vendre" sans même avoir atteint le faîte de leur gloire, portés par un titre de champion du monde. Le jackpot assuré !

Et ce n’est pas tous les jours non plus qu’un club en quête de performance et de stabilité s’engage sur le chemin d’un tel recrutement quatorze mois avant l’échéance. Evidemment, on voit bien l’intérêt d’être le premier sur la ligne, sans s’être fait doubler par la concurrence. Mais on voit aussi le risque, immense, de briser une dynamique sportive assez fragile.

Ne tournons pas autour du sujet plus longtemps, le quitte ou double du Stade français ce week-end aurait pu être autrement plus dramatique pour Quesada et son équipe si le calendrier ne leur avait pas offert sur un plateau le scalp d’une Usap impavide. Il a tourné en faveur des Soldats roses, tant mieux. Mais imaginez donc le cataclysme si les Parisiens s’étaient inclinés, scellant ainsi le sort de Quesada et propulsant ses adjoints au rang de pompiers de service jusqu’aux arrivées de Labit et Ghezal…dans quatorze mois. Bonjour la galère, hein !

Trop tôt, ce n’est donc pas forcément le -bon- moment. Il faut tomber juste, à point, au risque de passer au travers. Cette gestion de la temporalité est devenue un véritable exercice d’équilibriste pour les présidents de clubs qui doivent gérer leurs équipes (joueurs, staff, partenaires et supporters réunis), la communication et le prochain recrutement en même temps qu’ils pilotent les résultats de la saison en cours. Pour eux, un enjeu majeur : ne jamais confondre présent et avenir.

Rien d’anodin dans ce monde du rugby pro où les équipes se font désormais presqu’un an à l’avance quand elles se défont en temps réel et sans préavis. Certains, à l’image de Laurent Labit qui a toujours anticipé ses sorties et dévoilé très tôt ses futurs, aiment à y voir clair le plus vite possible. C’est autant de confort personnel et de temps gagné pour construire que de possibles conflits, qu’ils soient d’intérêts, de loyauté ou parfois de moralité.

Allez, qu’importe ! Si notre sport a dressé ses plus hautes statues sur les fondements du respect, de l’engagement et du devoir collectif qui menaient les hommes saisons après saisons sous des mêmes couleurs, il doit désormais composer avec une logique devenue plus individuelle et ainsi court-termiste. Avec d’autres mots, on pourrait dire carriériste et professionnelle. Ne râlez pas, le rugby n’est tout simplement pas différent de la société qui l’entoure.

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