Rugby fauteuil : à l’assaut d’une première médaille planétaire

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L’équipe de France de rugby fauteuil va disputer les championnats du monde, à Vejle, au Danemark. Elle essaiera de confirmer son ascension alors qu’elle a moins de moyens que ses concurrents.

Les Tricolores ont pris la route du Danemark avec dans un coin de leur tête l’idée qu’ils pourraient ramener une première médaille planétaire à la France. Après tout, ils sont champions d’Europe. Début septembre, devant 2 000 spectateurs, à la Halle Carpentier, ils ont battu la Grande-Bretagne, championne olympique (44-43).

Mais cette fois, l’opposition sera par définition plus dense. Il y aura des poids lourds en plus : le Canada, le Japon (champion sortant), la Nouvelle-Zélande, les États-Unis…

Mais les Bleus se sentent capables de signer un exploit. En ce moment, ils sont considérés comme la cinquième nation mondiale sous l’autorité de Bob Vanacker, l’entraîneur, un Belge d’Ostende. Il fut lui-même joueur international puis sélectionneur de son pays (il l’est encore sur le papier, mais la sélection belge est en sommeil). Les Bleus pourront évidemment compter sur le Toulousain Jonathan Hivernat, vrai talent supérieur.

Bob Vanacker explique : « Nous sortons d’un stage suivi d’un dernier tournoi de préparation à Cardiff. Nous avons très bien travaillé, à Cardiff, nous avons terminé troisième avec deux succès et trois revers. Mais nous avons tenu la dragée haute aux Canadiens et aux Britanniques, soit le sommet de notre sport. Nous avons montré que nous pouvions rivaliser. Contre les Anglais nous n’avons cédé qu’en prolongation, nous étions à cinquante partout à la fin du temps réglementaire. »

Salem, Hivernat, Nankin en figures de proue

L’entraîneur va amener douze joueurs à Vejle, au Danemark, avec des valeurs sûres comme Jonathan Hivernat, figure de proue, mais aussi le Parisien Ryad Salem, figure de la discipline ou alors Cédric Nankin, autre Parisien « un des meilleurs défenseurs du monde. » Les Français espèrent bien sortir de leur poule. Ce n’est pas une mission impossible, quatre équipes sur six accéderont aux quarts de finale. Ensuite, il faudra assumer la pression des matchs couperets. On sent l’entraîneur optimiste, le rugby fauteuil tricolore a encore des lacunes, mais il a des atouts à faire valoir. « Le niveau deux ans, nous r est bien monté avec ses trois divisions, et donc sa masse de joueurs de qualité. »

On distingue trois clubs au-dessus du lot : le Stade toulousain handisport, le Cap SAAA Paris et Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or). Les joueurs sont amateurs, évidemment, mais s’entraînent tous les jours et leur handicap ne les empêche pas de s’infliger des exercices de musculation et d’endurance.

Bien sûr, le ballon est rond, les passes en avant sont autorisées, la filiation avec le rugby n’est pas frappante, enfin façon de parler parce que le rugby fauteuil : « C’est quand même très spectaculaire parce qu’on retrouve les plaquages du rugby valide mais au moyen des fauteuils. Il y a de la vitesse et des contacts, et le maniement du fauteuil qui est aussi l’expression du talent. En France, on a pas mal de talents, on travaille beaucoup. Et je peux vous dire que nous avons beaucoup moins de budgets que nos concurrents. Nous avons environ 200 000 € par an, certains ont plus d’un million. Ceci nous empêche de participer à certains tournois. C’est comme ça que nous progressons. Les stages entre nous ne suffisent pas. »

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