La carte blanche de Christian Labit : « J’adore ce que font les treizistes »

  • Christian Labit a débuté sa carrière à treize avant de basculer à quinze.
    Christian Labit a débuté sa carrière à treize avant de basculer à quinze. Icon Sport
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Il a tenu son premier ballon à lézignan, terre de XIII avant de basculer à XV avec Narbonne. Christian Labit, l’entraîneur de Carcassonne, donne sa vision du XIII, dont la Coupe du monde commence cette semaine.

e suis natif de Lézignan et forcément quand tu es né là-bas, tu n’as pas le choix, tu es obligé de jouer à XIII. C’est notre rugby. Quand j’ai commencé, c’était la bonne période avec un bon niveau, de belles équipes en championnat et de la qualité. J’ai joué jusqu’en cadet. J’ai été champion de France et les dirigeants de Narbonne sont venus me chercher. C’est à partir de là que j’ai commencé le XV. C’est vrai que le XIII est mon rugby de nature. Pour moi, c’est le rugby référence parce qu’aujourd’hui, le XV s’inspire beaucoup du XIII. La règle du 50:22 en est l’exemple même.

Le rugby à XIII n’est sûrement pas assez médiatisé. Sans faire offense, aujourd’hui les clubs représentés sont dans des villages ou des petites villes. On est dans un monde aseptisé par le côté financier, donc exister reste difficile. Quand c’est Lézignan-Limoux, c’est moins glamour que des grandes villes. Le XIII est devenu un sport délaissé. Je pense qu’il y a eu un tournant il y a quelques années où les treizistes n’ont pas été bons et n’ont pas su prendre le bon chemin. Il y avait la possibilité d’exister davantage. À l’époque, on regardait la finale sur France 2…

Les treizistes pensent souvent qu’ils peuvent continuer à exister en continuant de vivre ce que l’on vit mais ce n’est plus ça. Nous, on le voit à XV, les petits clubs avec peu de moyens ont du mal à survivre. Aujourd’hui la seule vraie équipe, ce sont les Dragons catalans qui même eux souffrent d’un manque de médiatisation. C’est vrai que le Midol est l’un des rares journaux de la presse sportive où l’on en parle. Mais voilà les Dragons et Bernard Guasch, qui est mon ami, se battent depuis des années par passion et maintiennent encore ce sport dans un niveau cohérent et qui est agréable à voir. Après, c’est vrai que le championnat français est tombé dans les oubliettes et ce n’est pas être réducteur en disant ça… Mais ils ont du mal à être suivis par un autre public que les aficionados.

Même l’équipe de France à XIII est peu suivie. On préfère regarder les Dragons que suivre les Bleus : cela prouve un peu ce que cela représente pour le grand public. L’équipe de France, ce sont forcément des joueurs de clubs français tandis que les Dragons, ce sont des étrangers de haut niveau qui viennent aussi de NRL. Forcémment, il y a davantage de qualité. Je crois que le XIII aura de plus en plus de plus de mal à exister.

Personnellement, je vais suivre la Coupe du monde. Moi, ça me plaît de regarder le fonctionnement de tous ces joueurs et de toutes ces nations différentes. C’est un sport que j’aime regarder. Défensivement, j’adore ce que font les treizistes. Je me suis beaucoup inspiré de mon expérience de mes bases dans mon « après ». À XIII, on m’a beaucoup appris. On avait un fonctionnement qui nous permettait de vraiment progresser dans le rugby en général.

Les treizistes ont des qualités physiques exceptionnelles. J’en ai d’ailleurs souvent pris partout où je suis passé en tant qu’entraîneur. Ce sont des joueurs atypiques qui peuvent vraiment apporter une plus-value derrière. Le XIII, c’est du jeu non-stop. C’est vrai, il n’y a pas de mêlée ou de maul donc il faut s’adapter quand tu n’es pas un connaisseur. Mais quand tu aimes ce sport, c’est génial. C’est du temps de jeu vraiment effectif. Quand tu vois qu’à XV il peut se passer cinq minutes avant que la mêlée se joue, bon… On critique la mêlée du XIII mais ce n’est parfois pas très agréable à XV.

Midi-Olympique.fr
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