L'édito du lundi... Capitaine Dupont lance le sprint

  • Antoine Dupont lors du match face à l'Angleterre
    Antoine Dupont lors du match face à l'Angleterre Icon Sport - Icon Sport
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L'édito du lundi... Le staff, pourtant, et son bras armé communiquant, avait soigné la forme au moment de l’annonce. Les mots étaient choisis, invariables et répétés, dans les communiqués et les propos du duo Galthié-Ibanez : le capitaine, c’était Charles Ollivon ; Dupont, c’était le suppléant, ou l’intérimaire. Une vérité assénée, presque matraquée pour parer le doute qui montait déjà dans l’assistance, il y a un an. L’idée d’un changement de capitanat en cours de mandat s’imposait vite à l’imaginaire de chacun.

Le staff des Bleus ne pouvait d’ailleurs décemment l’ignorer. S’il avait voulu protéger le brassard d’Ollivon, il aurait pu confier la mission temporaire à Marchand, Fickou, Jelonch ou Alldritt, les autres têtes pensantes du "conseil des sages" de l’équipe de France. Mais pas à Dupont. Pas au meilleur joueur de l’équipe, meilleur joueur du monde et tête d’affiche marketing de ce XV de France. Celui dont tout le monde parle, partout dans le monde du rugby et qui, week-end après week-end, banalise le prodigieux. Celui qui, s’il couronnait de succès ce pseudo-intérim, ne pourrait plus se voir enlever le brassard. Trop fort, trop iconique de cette génération et cette équipe qui gagne. Trop évident pour passer à côté.

C’est donc ce qu’il s’est passé, sans surprise et malgré toutes les tentatives de démenti. Capitaine, Dupont a gagné, les All Blacks puis le grand chelem dans le Tournoi. Dans les discours, d’abord celui du sélectionneur, l’affirmation d’un brassard bientôt à rendre se faisait soudain plus nuancée. Et Dupont gardera bien ce capitanat. La chose lui a déjà été annoncée, ainsi qu’à son désormais prédécesseur Charles Ollivon qui retrouvera les Bleus, certes, dans leur configuration "premium" selon les termes de Fabien Galthié. Mais dans la peau d’un simple soldat.

Ce devrait être le dernier tournant, le dernier changement majeur du mandat 2019-2023 de Fabien Galthié. Pour le reste, les lignes se figent, à un an de la Coupe du monde. Les hiérarchies se caillent. Il ne devrait pas y avoir de grandes surprises à attendre de l’équipe qui débutera face à l’Australie, le 5 novembre, exception faite des blessés à remplacer. Le groupe des 42 que communiquera la FFR, en ce début de semaine, devrait également être frappé du sceau du classicisme.

Avançant vers l’échéance ultime, les Bleus ne sont plus qu’en quête de confiance à accumuler. Leur jeu est en place, structuré, maîtrisé de tous. Chacun trouve une place désormais bien identifiée dans ce groupe, du titulaire au sparring-partner des entraînements de semaine. Les feux sont au vert.

Qu’est-ce qui pourrait encore venir gripper la belle machine ? L’extra-sportif pardi. Et ce temps de négociation qui traîne autour du staff. Labit et Ghezal partiront, Servat et Edwards devraient rester. Tout comme Fabien Galthié, justement, même si les promesses de prolongation de l’hiver dernier n’ont toujours pas trouvé leur concrétisation.

Ce contexte maintient un voile d’incertitude sur le futur de cette équipe. Un léger trouble que les joueurs surveillent du coin de l’œil, quoi qu’ils en disent. S’ils avancent sans s’en laisser conter, sans se laisser polluer, ces Bleus fonceront alors vers leur Mondial avec le plein de confiance. Le sprint est lancé.

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