Clermont-Bordeaux : comment scorer sans possession !

  • Sur un ballon mal distillé au pied par l’arrière clermontois Cheikh Tiberghien, Matthieu Jalibert intercepte pour envoyer Madosh Tambwe à l’essai. Un nouveau ballon de récupération décisif…
    Sur un ballon mal distillé au pied par l’arrière clermontois Cheikh Tiberghien, Matthieu Jalibert intercepte pour envoyer Madosh Tambwe à l’essai. Un nouveau ballon de récupération décisif… Icon Sport - Icon Sport
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En plus d’avoir été un fabuleux spectacle de tension et de pression, ce Clermont - Bordeaux-Bègles a également donné lieu à une leçon technique presque antinomique : scorer sans la possession.

Les Clermontois voulaient frapper fort d’entrée. En choisissant le coup d’envoi lors du toss de l’arbitre, Iturria et sa bande avaient en tête un premier plan pour mettre à mal leurs invités bordelais : mettre une pression maximale sur les Girondins dès l’entame. Et pendant plus de deux minutes, les Auvergnats ont campé devant les vingt-deux mètres bordelais, assénant les premiers assauts d’une bataille qui allait s’annoncer aussi tactique que brutale. Mais après cette première séquence, les protégés de Jono Gibbes sont repartis sans le moindre point, regagnant leur camp par contrainte. Le premier orage passé, l’Union a ensuite tambouriné ses hôtes pendant quinze longues minutes. Trois en-avant à cinq mètres de la ligne, une défense clermontoise insubmersible, le choix de prendre des pénaltouches au lieu de tenter les pénalités… Bordeaux a monopolisé le ballon pour finalement se faire punir par deux flèches jaune et bleu en quatre minutes. 14-0 puis 17-3, un déficit excessivement lourd pour des Grenats en contrôle total de leur jeu. Un constat froid validé par Julien Laïrle, entraîneurs des avants girondins.

«Avec trois miettes, ils rentrent deux fois chez nous et marquent deux essais. On part à 17-3 alors qu’on est dominants, on passe beaucoup de temps dans leurs vingt-deux mètres, mais on n’arrive pas à bien jouer les coups sur la largeur à mon sens. À l’extérieur, il faut absolument scorer quand on domine autant, mais l’essai de Madosh (Tambwe) nous a reboostés.» Une réalisation spectaculaire intervenue alors que Clermont avait retrouvé le ballon et pilonnait les vingt-deux mètres bordelais en fin de première période. Une pénaltouche et trois passes plus tard, le Congolais changeait le cours du match mais pas le mantra du jour : dominer n’est pas gagner.

Scénario inverse en deuxième période

Sonnés par l’essai de Tambwe, les guerriers auvergnats ont concédé six points en autant de minutes au retour des vestiaires avant, enfin, de reprendre le fil de leur match. Deux séquences résonnent encore dans les têtes des supporters et de Jono Gibbes. Entre la 55e et la 58e minute, les Jaunards imposaient leur rythme et grappillaient du terrain ruck après ruck. Une gestion parfaite du tempo par Bézy et les siens amenait finalement Dessaigne à cinq mètres de la ligne avant que le jeune flanker ne commette un en-avant. Moins de trois minutes plus tard, Clermont reproduisait la même séquence sans maîtriser le dernier geste. Fatal face à Jalibert qui récupéra une offrande au pied de Tiberghien mal dosée pour envoyer ensuite le dragster Tambwe sous les perches.

D’un côté, six minutes de possession et d’usure, de l’autre un essai à une passe sur une montée bien sentie de l’ouvreur bordelais. Un coup de massue terrible pour les Clermontois qui possédaient sans doute deux balles de match, mais qui se sont quand même arrachés pour ne pas laisser Urios et ses hommes l’emporter en Auvergne. «Face à ce genre d’adversaire ça coûte cher. Il y a une vraie déception ce soir. On a manqué de maîtrise, il y a des choses positives certes mais les choix et l’exécution nous ont fait défaut, abondait Jono Gibbes, qui a prévu une semaine concentrée sur la gestion des temps forts avant de se rendre à Castres. De quoi voir le verre à moitié plein.

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Clément LABONNE
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