Coupe du monde féminine - Thomas Darracq (sélectionneur du XV de France) : « Il y a toujours de la confrontation »

  • Le sélectionneur-entraîneur a accepté de se livrer sur la vie de groupe France en Coupe du monde en Nouvelle-Zélande
    Le sélectionneur-entraîneur a accepté de se livrer sur la vie de groupe France en Coupe du monde en Nouvelle-Zélande Icon Sport - Dave Lintott
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En exclusivité pour Midi Olympique, le sélectionneur-entraîneur Thomas Darracq a accepté d’évoquer sa relation de sélectionneur avec son groupe lors de ces dernières semaines.

Quel bilan dressez-vous de la phase de poule ?
On savait qu’on allait avoir besoin de temps, nous avions choisi de ne faire que deux matchs amicaux pour avoir davantage de temps pour travailler. Il fallait accepter des moments de fragilités. Petit à petit, les choses se mettent en place. On a un groupe de qualité, maintenant il faut aller chercher cette précision qui nous manque, qui fait qu’on n’est pas loin. On n’était pas loin au Twickenham Stoop, on n’était pas loin à Lille, on n’était pas loin à Bayonne. Mais « pas loin », ça ne fait pas gagner des titres et ce groupe a le potentiel pour le faire.

Quels sont les satisfactions et les points à améliorer ?
On a maintenu l’ADN du rugby féminin français. Cela fait quinze ou vingt ans que je suis les équipes de France féminines, et nous avons toujours été performants en conquête et en défense. Par exemple, les ballons portés sont une satisfaction car malgré les progrès de toutes les autres nations dans ce secteur, nous sommes toujours performants. Offensivement, les choses se mettent en place, mais cela prend plus de temps que la défense.

Et les points à améliorer ?
Il nous manque de la précision. Contre les Fidjiennes, on perd six ballons en zone de marque. On perd trois touches, on gère mal deux ballons en sortie de mêlée… Les occasions sont là, mais on doit les finaliser. Contre le top 4 mondial, on n’en aura pas autant.

Humainement, comment le groupe a géré ce début de Coupe du monde ?
Les premiers matchs sont toujours compliqués, de même que les premières compositions d’équipe qui mélangent les générations et les plus-values, à l’image de celles qu’ont apporté Safi N’Diaye contre les Fidji ou Charlotte Escudero contre l’Angleterre. Cela génère du stress dans le groupe, de l’inquiétude, des remises en question d’autant qu’aucune de ces joueuses n’est remplaçante tous les week-ends en Elite 1. Derrière, c’est le rôle du staff de gérer tout ça. Partir à 32, c’est bien pour l’entraînement mais cela génère des inquiétudes.

Comment avez-vous géré les tensions après le match contre l’Afrique du Sud et avant celui de l’Angleterre ?
Il y a eu des échanges, on a partagé des ressentis. Le plus important, c’est que tout le monde avait la même ambition : aller chercher quelque chose. Nous, le staff, on est là pour accompagner le groupe, l’aider à se remettre en question positivement pour chercher la meilleure performance. On veut qu’il aille au bout, même si la concurrence est féroce.

Avez-vous senti que les joueuses se sont confrontées à vous, sélectionneur, avant le match de l’Angleterre ?
Quand on fait des sélections, il y a toujours de la confrontation. Cela fait partie du boulot. De l’équipe de France à la Régionale2, quand on fait une équipe il y a toujours de la frustration, de l’incompréhension. Et derrière, on a senti des questionnements chez elles : sur la vision, sur la forme de management… Mais l’idée est toujours la même : les filles sont responsables sur le terrain. On leur donne un plan de jeu mais la réalité du terrain, c’est la leur. L’entraîneur n’y est pas. Le match, c’est le groupe et ce groupe est en train de grandir.

Ces semaines n’ont donc pas été mouvementées ?
Mouvementées, si. Dans tous les groupes, il y a de la tension, des incompréhensions avec des joueuses aussi. Mais quelque part je crois que c’est aussi la force du rugby féminin, c’est que ça vit. L’objectif, c’est qu’on reste tous le même but : gagner.

Qu’a changé l’arrivée de Christophe Reigt sur le plan du management ?
Il est le manager des équipes de France, il vient participer à cette Coupe du monde en tant que tel. Il accompagne parfois le VII féminin, ou le VII masculin. C’est son rôle d’accompagner les différentes équipes dans les moments de haute compétition et la Coupe du monde en est une.

Sentez-vous aujourd’hui le groupe plus apaisé ?
Il y a l’effet de victoire, tout simplement. La défaite à Bayonne a été terrible car on avait l’ambition de faire ce grand chelem en France. Derrière, il y a eu ces matchs de préparation, avec un contexte compliqué et une défaite qui montre des fragilités. Les victoires contre l’Afrique du Sud et les Fidji ainsi que le match abouti en termes d’intensité contre l’Angleterre ont démontré que cette équipe a pris confiance. Ce groupe avait besoin de vivre des évènements ensemble pour trouver une connexion.

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Simon Valzer, envoyé spécial
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