Dubroca, Dusautoir, Guirado… Au nom de la transmission

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    Dubroca, Dusautoir, Guirado… Au nom de la transmission Midi Olympique
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Dans le cadre de la 69e cérémonie des Oscars Midi Olympique, tous les capitaines ayant conduit le XV de France en Coupe du monde ont été conviés. De Daniel Dubroca en 1987 à Guilhem Guirado en 2019, beaucoup ont répondu présent. L'occasion d’évoquer ce lien qui les unit.

Dans le cadre de la 69e cérémonie des Oscars Midi-Olympique, à quelques encablures du coup d’envoi de la prochaine Coupe du monde de rugby qui se déroulera en France, Midi Olympique a décidé de célébrer tous les capitaines des nations ayant remporté le précieux trophée William Webb-Ellis. Tous ont répondu présent. David Kirk, (Nouvelle-Zélande, 1987), Nick Farr-Jones (Australie 1991), François Pienaar (Afrique du Sud, 1995), John Eales (Australie 1999), Martin Johnson (Angleterre, 2003), John Smit (Afrique du Sud, 2007), Richie McCaw (Nouvelle-Zélande, 2011 et 2015) et Siya Kolisi (Afrique du Sud, 2019) se sont retrouvés à l’hôtel Barrière-Le Fouquet’s, au coeur du triangle d’or parisien entre l’avenue Montaigne, l’avenue des Champs-Elysées et l’avenue Georges V. Entre eux, un lien puissant, celui d’avoir toucher le graal. Mais pas seulement. Il y a aussi ce rôle si particulier d’avoir été le capitaine d’une équipe, le leader d’un groupe.

Le capitanat, justement, parlons-en. Midi Olympique a également convié, au cours de cette cérémonie, les capitaines ayant conduit le XV de France durant ces épopées mondialistes. De Daniel Dubroca en 1987 à Guilhem Guirado en 2019, beaucoup ont répondu présent. Entre eux, il y a évidemment cette même fierté d’avoir été choisi pour incarner leur pays. « C’est évidemment qu’un lien nous unis, assure Daniel Dubroca, capitaine malheureux de la finale de 1987 contre la Nouvelle-Zélande. Quand je vois tous ces garçons, nous avons tous quelque chose en commun. Chacun à son époque, chacun à sa façon. Mais je crois que personne n’est capitaine par nature. Ça ne s’invente pas. Il faut être écouté des ses partenaires, savoir montrer la voie. Après je suis de ceux qui pensent qu’il n’y a pas un capitaine devant et les autres derrières. Au contraire. Il faut quinze capitaine et un mec qui prend la décision. »

Un peu plus loin, Thierry Dusautoir et Guilhem Guirado sont accoudé au bar du Fouquet’s. Entre ces deux-là, le lien est fort. Très fort. Le second a succédé au premier dans ce rôle parfois si difficile. Le premier a accompagné le second, « comme j’ai pu » dit-il. « A mon époque, reprend alors Daniel Dubroca, la transmission du capitanat s’est faite naturellement avec Serge (Blanco, capitaine pour le Mondial 1991). Nous étions animés tous les deux par le même état d’esprit et la même philosophie de jeu. Nous n’avions pas eu besoin de long discours. » Le constat est identique entre Dusautoir et Guirado. Pas de long monologue - ça tombe bien, ces deux-là n’en sont pas adeptes – ni de discussions interminables. « Thierry m’a offert un livre : « Une brève histoire de l’humanité de Yuval Noah Harari, raconte le Catalan. Mais ce qui m’a été précieux, c’est surtout le fait d’avoir pu l’observer. J’ai eu la chance de partager avec lui quelques années en équipe de France. J’ai donc essayé d’être dans la continuité de ce qu’il m’avait transmis. Seulement, en 2015, lorsque j’ai été nommé, nous avions tout à reconstruire. » « A tout dire, je n’ai pas l’impression d’avoir été d’une grande aide pour Guilhem, reprend « The Dark Destroyer ». Pour lui, la période a été bien plus compliquée que pour moi. De mon côté, nous avions un groupe avec beaucoup d’expérience. D’ailleurs, au début je ne me sentais peut-être pas le plus légitime. D’autres comme Imanol (Harinordoquy) ou Dimitri (Yachvili) avaient plus de bouteille que moi et auraient pu prétendre à ce rôle. Mais bon, c’est comme ça. Je me suis donc appuyé sur tous les joueurs présents autour de moi. J’ai cherché à comprendre comment chacun fonctionnait pour trouver mes relais. Je savais que William (Servat), par exemple, était très bon pour haranguer les mecs, que le "Yach" avait ce côté analytique important. Mais chacun exerce le capitanat comme il l’entend, comme il peut aussi ; Et je sais que pour Guilhem, ça n’a pas été simple. »

Et pour cause… Guirado est, à ce jour, le seul capitaine à avoir un sélectionneur viré, en la personne de Guy Novès. Il a même failli quelques mois avant le Mondial au Japon être destitué par une basse manœuvre politique. « C’est vrai que j’ai connu beaucoup de choses », reconnaît-il avec un large sourire. Sa droiture et son respect de l’institution lui interdiront de se livrer plus en profondeur. Sans doute, n’en pense-t-il pas moins. Mais il l’affirme : « Je n’ai aucun regret, juste de la fierté d'avoir été capitaine du XV de France ».  

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