Coupe du monde féminine - Les Bleues dans le dernier carré, les Black Ferns au programme

  • Les Bleues peuvent savourer : elles sont en demi-finale de la Coupe du monde face au pays hôte de la compétition !
    Les Bleues peuvent savourer : elles sont en demi-finale de la Coupe du monde face au pays hôte de la compétition ! Dave Lintott / Icon Sport
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En finissant par faire exploser les Italiennes, les Bleues se sont qualifiées pour leurs huitièmes demi-finales de coupe du monde de leur histoire. Enfin libérées en attaque, ces Bleues-là nous ont même donné des frissons dans un deuxième acte bien plus enlevé que le premier.

Les grands huit, vous connaissez ? Ces manèges XXL qui vous procurent des sensations intenses, passant de la terreur à la jubilation, et inversement, le tout en un clin d’œil ? Eh bien c’est un peu cela une Coupe du monde, comme celle que passent nos Bleues. Elles passent de moments de tensions extrêmes (comme nous l’avons raconté dans ces colonnes) à des instants d’extase. Il fallait les voir jubiler au coup de sifflet final donné par Hollie Davidson après que la demi d’ouverture italienne Veronica Madia, ne balance le ballon en touche, certainement écœurée par l’ampleur du score. Il fallait voir la mini-portion Gabrielle Vernier attraper par le colback sa coéquipière Marjorie Mayans et secouer cette dernière comme une damnée, lui hurlant qu’elles, les deux copines, (auto-baptisées "Philou et Patoche", pour les connaisseurs de la série "Le Flambeau") allaient vivre une demi-finale de Coupe du monde à l’Eden Park d’Auckland.

Quel pied, mesdemoiselles… Enfin non, plus de pied ! C’est fini tout ça, vous l’avez bien assez utilisé jusqu’à maintenant. Place au jeu à la main et à votre rébellion sur le terrain, après celle que vous avez menée en coulisses. Des frissons, vous nous en avez donnés en deuxième mi-temps. Avant cela, le premier acte avait été marqué d’innombrables erreurs dans le camp adverse qui vous ont privé de nombreux essais, ainsi que par une attaque un peu trop prévisible pour déstabiliser les Italiennes : « Elles circulaient très bien et nous, moins… analysait Marjorie Mayans juste après la rencontre. Il faisait chaud, on était moins réactives, on mettait trop de temps à se relever donc on ne créait pas de désordre chez elles. Et puis après quelque temps de jeu, on s’est dit qu’il fallait les affronter plutôt que de les contourner. Il fallait redresser les courses, les rendre plus tranchantes et attaquer le milieu du terrain pour ensuite avoir les bons espaces.» 

À ce moment-là, les Bleues étaient dans la portion la plus désagréable de leur grand huit. Elles avaient vécu une première décharge d’adrénaline avec la relance d’Emilie Boulard et l’essai de Joanna Grisez (lire ci-contre), mais elles étaient trop maladroites pour profiter de l’attraction sur laquelle elles étaient montées. La jeunesse peut-être ? Gabrielle Vernier nous le confie en creux, dans la page qui suit.

Drouin : « On a désacralisé les Black Ferns »

Alors elles ont décidé "d’affronter" leurs adversaires. De les défier frontalement : « À la mi-temps, on s’est dit qu’il fallait les user au cœur », confirmait la numéro dix Caroline Drouin. En mêlée bien sûr, mais aussi dans le jeu ouvert. Un chiffre montre le supplice des Transalpines : 87. Sur les 151 courses qu’elles ont effectuées, pas moins de 87 leur ont fait gagner la ligne d’avantage. Les autres données ne font que confirmer ce constat : 21 défenseuses battues, 5 franchissements, encore 14 passes après contact (après les 13 vues contre les Fidji), et toujours 91 % de réussite en défense.

Après quatre rencontres dans ce Mondial, l’équipe de France n’a encaissé que 21 points encaissés dont 13 marqués par la seule Angleterre. Sûre d’elles en défense et enfin libérées en attaque, on a vu les Bleues marquer un sublime essai. Celui de la 70e minute, conclu par Joanna Grisez et sur lequel pas moins de huit joueuses touchent le ballon pour parcourir cinquante mètres. De mémoire de journaliste, on n’avait pas vu un essai aussi beau depuis un an, et la double confrontation contre les Black Ferns à Pau puis à Castres en novembre 2021…

Les Black Ferns qui seront justement les futures adversaires des coéquipières de Gaëlle Hermet samedi prochain à l’Eden Park. Et Caroline Drouin en salive déjà : « Je connais bien les Woodman, Tui et Fluhler que j’ai souvent affronté à VII. Mais on ne fait pas de complexe. L’année dernière, elles avaient déjà une ligne de trois-quarts qui faisait rêver et on les avait battues. En 2018, on passe à côté de notre match contre parce qu’on les voyait comme des colosses qui portaient un maillot noir. On a été impressionnées par le haka aussi. Mais depuis, on les a désacralisées. » Et puis, l’équipe de France n’est-elle jamais plus dangereuse que quand elle est dos au mur, et seule contre tous ?

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Simon VALZER
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