Pro D2 - Rouen ne veut pas se tromper

  • Après les neuf premières journées, Rouen pointe à la 5ème place de Pro D2.
    Après les neuf premières journées, Rouen pointe à la 5ème place de Pro D2. Icon Sport - Icon Sport
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C’est avec l’humilité en oriflamme que Rouen veut jouer cette saison, prendre les matches les uns après les autres, et surtout ne pas se prendre pour un autre.

«On ne va pas se plaindre, mais cet engouement autour de notre parcours est surtout ressenti au niveau local, la fréquentation au Stade en augmentation, le nombre de partenaires qui adhérent au projet qui se développe. C’est un travail qui a commencé bien avant mon arrivée, autour de trois hommes. Jean Louis Louvel (propriétaire), Eric Leroy (président) et Richard Hill (entraîneur jusqu’en 2021), que je n’oublie pas. Ce dernier a mis les bases sur lesquelles on vit encore, et mon staff et moi avons amené un cadre d’exigence que les joueurs digèrent petit à petit», affirme Nicolas Godignon, le coach rouennais.

On se doit de rappeler que Rouen ne possède que le 13e budget de la poule, et donc apprécie le fait d’être dans le haut de tableau (4e ex æquo) aussi pour cela.

«Les moyens c’est important, mais le projet l’est tout autant. C’est ce que je peux constater, on a bien recruté, des joueurs qui se sont fondus dans le décor, très vite car cette région est accueillante, cette ville est belle. On y travaille bien, et on a de vraies compétences à tous les niveaux. On a peu de blessés, car la préparation a été bonne, les gars récupèrent vite», poursuit l’entraîneur.

«Des gens compétents aux bonnes places»

 

La progression est notable dans des secteurs de jeu essentiels, la mêlée est rarement prise en défaut, la touche est bien meilleure. Et côté défense, le travail de Serge Betsen a rendu Rouen difficilement franchissable, on l’a encore vu ce week-end face à Biarritz, où beaucoup des actions offensives biarrotes ont fini par des joueurs poussés en touche ou solidement plaqués.

Autre point qui fait le bonheur du staff, c’est le développement de la formation. Jean Leleu, formé à Pont-Audemer (Normandie) et venu à 19 ans à Rouen, fait partie intégrante du groupe, idem pour Paul Surano, installé depuis trois ans en ProD2.

D’autres jeunes sont amenés à intégrer le groupe pro, comme Octave Leleu (frère de Jean) qui vient officiellement d’y être accueilli. «Une fois encore, des gens compétents aux bonnes places qui nous alertent sur des potentiels et avec qui on travaille en toute confiance. Et les infrastructures aussi bougent avec l’arrivée prochaine de la salle de musculation sur le site d’entraînement», se réjouit Nicolas Godignon.

Rouen s’applique donc à bien faire les choses, sans forcément rechercher une reconnaissance, qui viendra avant tout avec des résultats positifs dans la durée. Ne surtout pas être le feuilleton de l’automne et disparaître ensuite.

«Notre seule ambition, c’est de faire de mieux en mieux à chaque match dans le sérieux et le concret, on évite de réfléchir en bloc, de faire des plans comptables sur le nombre de points à telle date. Nos résultats nous permettent juste aujourd’hui de nous rendre sans pression chez le leader Oyonnax qui pour le coup a des ambitions plus affirmées», conclut le technicien normand.

Dernier, Montauban est sous pression

Il y a des signes qui ne trompent pas. C’est en plein doute que la formation montalbanaise s’est présentée à Maurice-David vendredi soir, pour y affronter une équipe de Provence Rugby qui ne lui réussit pas. Et encore une fois, malgré l’engagement proposé, c’est sans le moindre point que les Vert et Noir rentraient à Montauban. Une sacrée désillusion, parce qu’après quatre défaites de suite, l’USM est bel et bien dans le dur, avec une peu enviable place de lanterne rouge au classement. Une position presque surréaliste au vu des ambitions et de la fin de premier bloc des Tarn-et-Garonnais, plus enclins, à la base, à viser le top 6. «Je trouve qu’encore une fois, on n’est pas payé au vu de l’investissement qu’on a mis, détaillait David Gérard avec la tête des mauvais jours. Ça me rappelle beaucoup de matchs de ces derniers temps, où on fait de gros efforts gâchés par des scories. Et ce qui compte, c’est le résultat final…» Dans ce match, les Montalbanais ont clairement manqué de précision, de vitesse voire de folie. Un constat logique pour une équipe en quête de nouveaux repères. Malgré cela, l’attaque n’est pas véritablement le problème, c’est surtout en défense que les visiteurs du jour ont encore craqué dans des moments cruciaux. «On a le syndrome de l’équipe en manque de confiance», reconnaissait justement le manager à froid. En plus, il est difficile de s’appuyer sur les cadres lorsqu’on perd sur blessure son capitaine Maxime Mathy et son capitaine de touche Tijuee Uanivi dans le premier quart d’heure. «Ça a été la continuité de la fin de match contre Grenoble, que pour des choses différentes.»

Quid de l’avenir alors ? Bien que la pression s’accentue, David Gérard garde la foi. Le manager réfute d’ailleurs toutes les rumeurs autour d’éventuelle «engueulade» dans le vestiaire lors de l’entraînement de mardi : «Il n’y a eu aucun règlement de compte avec personne. On est tous dans le même bateau.» L’ancien Biterrois sait aussi que si sa place peut être en danger, Montauban n’est qu’à trois points de la 13e place, avant la réception de Massy. Il concluait avec de l’espoir : «Mon cas personnel est secondaire par rapport à l’équipe. Être en bas du classement, bien sûr que ça pèse. Après, on n’est pas décrochés, il faut une victoire. J’avais connu ça à une période de ma vie contre Béziers où on avait enchaîné quatre défaites et on finit par se qualifier en fin de saison… Rien n’est écrit.

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Gaël LECOEUR
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