Face aux Blacks, la sinistrose galloise

  • Tomos Williams, le demi de mêlée de Cardiff est l’une des valeurs sûres du pays de Galles. Mike Phillips son glorieux prédécesseur, estime même qu’il devrait être le numéro un incontesté du poste. Wayne Pivac a plutôt tendance à faire tourner à ce poste stratégique.
    Tomos Williams, le demi de mêlée de Cardiff est l’une des valeurs sûres du pays de Galles. Mike Phillips son glorieux prédécesseur, estime même qu’il devrait être le numéro un incontesté du poste. Wayne Pivac a plutôt tendance à faire tourner à ce poste stratégique. PA Images / Icon Sport
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Les All Blacks débarquent en Europe avec leur lot de pépins. Mais ils vont se mesurer avec des Gallois très clairement démoralisés.

Pour les Gallois, il y a au moins deux signes encourageants. Les All Blacks joueront sans leur capitaine Sam Cane, blessé à la pommette la semaine passée face au Japon, sans le talonneur Dan Coles, touché à un mollet et sans Brodie Retallick, suspendu pour deux matchs après son carton rouge. Deux matchs pour un coup d’épaule dans la tête d’un adversaire dans un regroupement, on a le droit de trouver la sanction sévère pour un déblayage vigoureux. Le deuxième ligne des Chiefs se retrouve donc privé d’une centième sélection. Du coup c’est Whitelock qui a hérité du capitanat. Mais on se demande si tout ça va changer grand-chose pour les All Blacks même si après les secousses de cet été et la fameuse série de trois défaites de rang, on conserve un petit doute au sujet d’un réservoir de champions moins dense que par le passé. Ceci dit, les trois frères Barrett absents à Tokyo, devraient réintégrer l’équipe samedi.

Mais le grand événement, c’est que dans le camp d’en face, le moral n’est pas au beau fixe. Le rugby gallois semble englué dans la sinistrose. Nous la datons de l’automne 2021 quand une épidémie de blessures a tiré l’équipe vers le bas, puis survint le dernier Tournoi et la défaite finale à domicile contre l’Italie (quatre défaites en cinq rencontres). Les Gallois ont bien résisté face aux Springboks l’été dernier, mais on ne les sent pas conquérants pour autant. En plus Dan Biggar, a déclaré forfait (genou) : le genre d’informations qui vient remettre une pièce dans la machine à lamentations. Le demi d’ouverture de Northampton (possible futur Toulonnais) dégage l’image d’un vrai meneur de jeu sûr de lui et dominateur. Récemment l’ancien demi de mêlée Mike Phlipps (99 capes) passé par Bayonne et le Racing n’a pas caché ses doutes. « Oui, je suis inquiet pour le rugby gallois. Déjà, le prix des places pour les tests est de plus en plus cher, ainsi que celui des hôtels. Pour ceux qui viennent du nord du pays de Galles, par exemple, le prix est prohibitif. Ça prive des gamins de 7 ans, l’âge des inspirations, de l’envie de pratiquer ce jeu. C’est en allant voir le pays de Galles de Ieuan Evans avec mon père que j’ai eu envie de me lancer à fond. »

« Une stabilité au poste de numéro 9 

Celui qui est devenu consultant poursuit : « Les jeunes regardent ailleurs, les clubs amateurs souffrent. Pour moi, le problème, c’est le système des académies, il ne marche pas. Il sort les joueurs de leurs clubs formateurs et il leur enlève une force de caractère et d’envie de gagner. Les joueurs sont plus intéressés par leurs performances en salle de musculation et leur prise de protéine. À la moindre série de blessures, nous sommes en danger. Nous avons moins de profondeur, c’est vrai. Pourquoi ? Une question de "chaîne de production, Alun Wyn Jones est un joueur phénoménal, un monstre, mais combien d’autres prétendant à la Coupe du monde ont 37 ans ? » Par ailleurs, les résultats médiocres des franchises professionnelles viennent conforter ses analyses. Mais il a n’a pas eu peur de se mouiller vis-à-vis du sélectionneur Wayne Pivac : « Je pense que toutes les équipes doivent avoir une stabilité au poste de numéro 9. Kieran Hardy est très fort techniquement, mais je trouve que Tomos Williams joue très bien pour le collectif. On devrait lui confier les rênes. »

À Phillips, on a envie de rappeler qu’en 2021, c’est tout de même les Gallois qui avaient gagné le Tournoi. Au fait, la statistique est toujours la même : le pays de Galles n’a pas battu les All Blacks depuis 1953. Ils sont de moins en moins nombreux à s’en souvenir.

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