Top 14 - Finn Russell avait un message à faire passer

  • L’ouvreur écossais Finn Russell, entré à la mi-temps contre Perpignan, a changé le cours du match.
    L’ouvreur écossais Finn Russell, entré à la mi-temps contre Perpignan, a changé le cours du match. Icon Sport - Icon Sport
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Boudé par la sélection écossaise, relégué sur le banc en club, Finn Russell avait tout pour vivre un week-end compliqué avec le Racing lors de la réception de Perpignan. Avec classe et efficacité, il a répondu à ses détracteurs en inversant le scénario du match.

Pour mieux comprendre la drôle de semaine de Finn Russell, rembobinons tout d’abord le fil des événements. Il y a quinze jours, Gregor Townsend annonçait un groupe de quarante joueurs pour préparer la tournée d’automne du XV du Chardon sans l’ouvreur francilien, écarté. Outre-Manche, l’absence du fantasque numéro 10 faisait les titres de la presse. Le point de non-rupture semblait avoir été franchi entre les deux hommes qui entretiennent depuis le début du mandat du sélectionneur écossais une relation épineuse (en 2020 Russell avait déjà été exclu du groupe pour son comportement jugé néfaste). Ce n’est pas tout. Performant à Brive, l’ouvreur apprenait en début de semaine qu’il serait sur le banc contre Perpignan, le Français Antoine Gibert lui étant préféré. Pour n’importe quel joueur lambda, l’accumulation des mauvaises nouvelles aurait de quoi franchement déprimer, et pour un joueur comme Russell fonctionnant à la confiance réciproque, on pouvait se demander en toute légitimité quel(s) impact(s) auraient sur lui ces différents événements récents.

Le contexte planté, retour à la Paris-La Défense-Arena à la mi-temps de ce Racing – Perpignan déséquilibré sur le papier, mais qui voyait l’Usap contrecarrer sérieusement le bel après-midi des Ciel et Blanc en menant 14 à 13. Désaveux pour Antoine Gibert, l’Écossais entrait précocement sur la pelouse et laissait entrevoir toute sa classe.

16 points au compteur, 100 % au pied

C’est simple, il y a bien un Racing avec et sans Finn Russell et il n’est pas du même acabit. Incapables de perforer la défense de l’Usap dans les quarante premières minutes, les Ciel et Blanc offraient un second acte de meilleure composition sous la houlette de leur maître à jouer, qui répondit par l’excellence à son défi de la semaine « d’impact player ». Il y eut toute la palette technique : jeu dans la défense, passes sautées renversantes, justesse au pied, aptitude à faire jouer autour de lui. Rajoutez à cette liste, sa capacité à se montrer décisif au bon moment. Son essai à la 60e minute permet au Racing de prendre sept points d’avance, et libère définitivement toute cette joyeuse bande pétrie de talent mais qui a parfois la fâcheuse habitude de déjouer. Pour les amateurs de statistiques, l’Écossais terminait la partie avec seize points inscrits et un étonnant cinq sur cinq dans l’exercice des tirs au but, pas le secteur du jeu qu’il apprécie le plus comme l’expliquait son entraîneur Philippe Doussy : « En stage de présaison, il nous a dit qu’il était un des seuls numéros 10 de son niveau qui ne butait pas. Il s’est remis en question, c’était important pour lui, pour nous et pour sa sélection. Aujourd’hui le travail paie. »

« Un grand professionnel »

Finn Russell avait donc un message à faire passer et nul doute qu’il a été reçu cinq sur cinq par son staff et même à des milliers de kilomètres plus au nord. Avec ce genre de performance, l’Écossais pourrait réintégrer la sélection. D’autant que l’ouvreur titulaire Adam Hastings s’est blessé contre les Fidji, ouvrant la porte à un retour du Francilien. « Finn, c’est notre facteur X depuis le début de saison. Il est égal à lui-même, c’est un grand professionnel, rien à dire , concluait Philippe Doussy. Espérons pour Russell que Gregor Townsend soit du même avis.

Paul ARNOULD
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