Féminines : Le Mondial dans la peau des Bleues

  • Safi N’Diaye, Rose Bernadou et Annaëlle Deshaye ont toutes trois pris le temps d’aller se faire tatouer. Photos DR
    Safi N’Diaye, Rose Bernadou et Annaëlle Deshaye ont toutes trois pris le temps d’aller se faire tatouer. Photos DR DR
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Désireuse de ramener un souvenir éternel de leur aventure néo-zélandaise, une grande majorité des Bleues a décidé de passer sous les mains expertes de tatoueurs locaux pour graver différents motifs… on vous dévoile lesquels.

C’est bien connu : quand vous faites un voyage mémorable, vous voulez en ramener des souvenirs. Des tas, même, histoire que ces derniers vous aident, de temps à autre, à vous replonger dans cette aventure l’espace de quelques secondes. Les Bleues ont exactement la même démarche. Sauf qu’elles ont décidé de franchir l’étape supérieure : ce souvenir, elles ont carrément voulu l’inscrire sous leur peau, en se tatouant. Mais quoi ? Après une rapide réflexion, un tatouage s’est imposé, et celui consiste en quelques mots : « Hūmarie me te Hiakai », ce qui signifie « Humbles et Affamées » en langue maorie, soit la devise que les Bleues ont choisies en début d’aventure. La capitaine Gaëlle Hermet nous racontait la démarche après la victoire en quart de finale contre l’Italie : « Nous étions plusieurs à nous dire que si on avait la chance de vivre cet évènement, on voulait se faire tatouer notre devise « Humbles et affamées » en langue maori. Déjà parce que cette devise à une signification énorme à nos yeux, et en maori parce qu’on voulait l’ancrer dans la terre du rugby pour en garder un souvenir incroyable qui, je l’espère, nous verras aller au bout ! »
La troisième ligne Julie Annery nous en parlait aussi quelques semaines auparavant, alors que le groupe venait de s’installer à Whangarei et que certaines filles venaient de sauter le pas : « Certaines filles sont allées se faire tatouer, d’autres ont pris des rendez-vous pour les semaines à venir. Je n’ai jamais été trop tatouage, mais j’y songe. Le fait de vivre en Nouvelle-Zélande, de comprendre l’importance des tatouages au sein de la culture maorie, ça donne envie d’en garder un souvenir à vie. Mais si je m’en fais un, j’espère que je pourrai le regarder en me disant qu’on a été sacrées championnes du monde en Nouvelle-Zélande, au pays du rugby. Si j’en fais un, je n’en referai pas d’autre. Tout le monde me dit que dès qu’on en fait un, on en veut d’autres, mais cela ne m’arrivera pas. En revanche, certaines en ont fait trois d’un coup ! » Et en bonnes joueuses de rugby, les filles du XV de France ont fait ça de façon… collective, dirons-nous. À tel point qu’un recensement précis est difficile à faire : « Je pense qu’il y a bien la moitié du groupe qui y est passé, évaluait Gaëlle Hermet, peut-être les deux-tiers… Certaines ont tatoué la devise, d’autres ont voulu faire apparaître leur famille, le pays, la Coupe du monde… »


Hermet : « Cela va nous lier à vie »

 

La liste des joueuses à être passées sous les mains expertes d’un artiste tatoueur est donc longue comme le bras. On y trouve Rose Bernadou, Assia Khalfaoui, Manae Feleu, Gaëlle Hermet, Pauline Bourdon, Annaëlle Deshaye, Safi N’Diaye ou encore Marine Ménager pour ne citer qu’elles. Pour organiser un tel mouvement, il a aussi fallu quelques contacts locaux. Et c’est la jeune deuxième ou troisième ligne Manae Feleu qui s’en est chargée, elle qui a de solides connexions avec le pays au long nuage blanc pour y avoir passé trois ans d’études : « J’ai guidé des filles pour les tatouages, parce que mon père en est recouvert et qu’il connaît beaucoup de tatoueurs ici. Il est fou des tatouages ! Il connaît plein d’adresses de bons tatoueurs. À chaque fois qu’on allait quelque part, il envoyait des messages pour nous prendre des rendez-vous, mais des filles se sont débrouillées toutes seules. » La Grenobloise aussi, a franchi le pas : « J’en ai fait un, sur les côtes. Les filles le trouvent gros, mais moi je ne trouve pas. À côté de ceux de mon père, c’est de la gnognotte (sic). J’ai voulu y faire apparaître ma famille car malgré la distance, on est tous très proches, on a toujours eu ce lien fort. Quand ça ne va pas, c’est toujours vers eux que je me tourne en premier. C’était important de les faire apparaître sur ce tatouage. » Quasiment au même endroit que Gaëlle Hermet : « Moi, je l’ai fait sur les côtes, sous la poitrine », nous confiait la Toulousaine. Et question douleur ? « Franchement, ça ne fait pas mal », tranchait la flanker. Et même si certaines ont plus souffert que d’autres, le jeu en valait bien la chandelle, comme concluait Hermet : « Au-delà de cet évènement qui va nous lier à vie, ces tatouages nous rappelleront aussi quotidiennement ce lien et cette aventure ».
 

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