Khalfaoui : « Je ne pouvais plus être la petite jeune »

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Arrivée sur la pointe des pieds, la Girondine Assia Khalfaoui s’est révélée sur le terrain comme elle s’est affirmée en dehors. La pilier raconte cette mutation à vitesse grand V.

En six semaines de compétition, la Girondine est passée de sept minutes de temps de jeu contre une nation mineure lors du match d’ouverture (l’Afrique du Sud), à 30 minutes en demi-finale de Coupe du monde contre les Black Ferns, ainsi que deux titularisations (Fidji et Canada). Certes, elle n’a pas renversé la titulaire Clara Joyeux et ses 36 sélections, mais cela montre tout de même comment cette gamine de 21 ans, du haut de ses 9 sélections, a gagné la confiance du staff. Et la sienne, par la même occasion…

Quels leviers de motivation avez-vous trouvé pour vous remobiliser après une terrible déception ?
Aujourd’hui (mardi, N.D.L.R.), on commence à se reprendre en main. Je vous avoue que le lendemain de la défaite, cela a été très dur. J’étais presque à penser que la compétition s’arrêtait là. Mais on commence à retrouver du jus. Certaines filles ont eu une visio avec notre préparateur mental Mickaël Campo, cela les a remotivées et elles nous ont transmis cette énergie pour repartir. Comme l’a dit Mickaël, il vaudra mieux raconter à nos enfants qu’on a terminé cette compétition à la troisième place plutôt qu’à la quatrième ! Je n’oserai même pas raconter ça… Si ça devait arriver je dirai que j’étais restée à la maison, clairement ! (rires) Chercher cette troisième place et arriver sur le podium serait un lot de consolation.

Avez-vous beaucoup appris de cette Coupe du monde ?
On ressort grandies de cette expérience. On a vécu beaucoup d’émotions dans cette compétition. Rien qu’après la défaite en demi-finale, où l’on m’a dit : « Assia, ne pleure pas. Il y a des filles qui vont terminer leur carrière sur ce match pour la troisième place, tu dois te montrer forte pour ces filles parce qu’elles vont finir là-dessus. » Moi, potentiellement, j’ai la chance de jouer une autre Coupe du monde. C’est là que je me suis dit: « P…, il faut que je fasse des efforts, que je gagne en maturité. » On a grandi humainement, rugbystiquement… on a toutes mûries…

Et vous personnellement ?
Le groupe m’a énormément aidé à prendre confiance en moi. Je pense avoir passé un cap depuis le 6 Nations, où j’ai compris que je ne pouvais plus être la petite jeune du groupe qui se laisse vivre et qui attend son tour. J’ai compris qu’il fallait que j’apporte ma pierre à l’édifice et que je passe un cap mentalement pour prouver sur le terrain que je méritais peut-être plus que ce que l’on me donnait jusqu’alors. Cette Coupe du monde a été positive pour moi.

Quels souvenirs garderez-vous de ce voyage en Nouvelle-Zélande ?
Personnellement, c’est l’hospitalité des gens. C’est fou. Les gens sont souriants, vous disent toujours bonjour dans la rue. J’ai une anecdote d’ailleurs : j’étais dans un magasin avec Yllana (Brosseau, N.D.L.R.) et on a sympathisé avec un agent de sécurité qui avait apparemment joué à haut niveau ici. Au moment de passer à la caisse, le mec a voulu payer nos courses alors qu’on ne lui avait rien demandé du tout ! On a refusé plusieurs fois, il a insisté encore et encore… Le débat aurait pu durer une heure. Il n’a pas lâché, et nous a offert nos courses. Ce sont des petites choses qui sont marquantes dans ce pays. C’est ce qui m’a le plus touchée. Le retour en France risque d’être violent… 

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