L'édito : Boks de fin

  • Le XV de France pendant la Marseillaise.
    Le XV de France pendant la Marseillaise. Icon Sport - Icon Sport
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L'édito du vendredi par Léo Faure... Les enfants des années 80 connaissent cela par cœur. Gameboy entre les mains et ces longs voyages en voiture familiale, sur la route des villégiatures de vacances. Pour s’occuper, on jette un œil par la fenêtre, on pose l’autre sur la console de jeux. Super Mario, tiens, pour l’exemple le plus populaire. Dans le petit écran aux pixels gros comme des pouces, un plombier italien moustachu en salopette rouge – quelle idée ! – esquive les pièges pour progresser, pas à pas, vers la fin du jeu. Et sur ce chemin long de pas mal d’heures, on trouve régulièrement des jalons : des "supers-monstres" à fracasser pour valider une étape. Jusqu’au défi ultime : le boss de fin.

Allégorie grossière et enfantine d’un chemin de vie, expliqua plus tard le créateur japonais du jeu, Shigeru Miyamoto. Une certaine idée, aussi, de ce que vit ce XV de France depuis bientôt trois ans.

Au long de son parcours relativement linéaire, il y eut des impairs, bien sûr, et quelques ogres sur lesquels il fallut d’abord se casser les dents pour poursuivre la quête. Mais pas suffisamment pour stopper net sa progression.

Les Bleus ont grandi, progressé, avancé. Galles, Irlande, Angleterre, puis Australie et Nouvelle-Zélande ont tous été terrassés, un à un, parmi ce que la planète compte de grandes nations. Il en reste une. Le boss de fin, le champion des champions, à la carapace plus dure encore. Ce sera pour samedi, à Marseille. "Boks de fin".

L’affiche est alléchante, c’est sûr, et fait naître ce qu’il faut de craintes pour se promettre d’un grand match. Les champions du monde sud-africains s’en sont d’ailleurs assurés dès mardi matin, lorsqu’ils communiquaient leur composition d’équipe : Pieter-Steph du Toit, Willie Le Roux et Faf de Klerk de retour dans le XV de départ. Les Springboks avaient réservé leurs meilleures armes pour le XV de France, quand bien même ils affrontaient l’Irlande numéro 1 mondiale la semaine dernière. Comme un message à l’attention des Bleus : leur grand match de ce chapitre automnal sera à Marseille, terre de mille exploits et de peu de déceptions pour le rugby français. Le défi est lancé.

À l’assaut de leur tour du monde des triomphes, les Français savent qu’ils ne bénéficient désormais plus de l’effet de surprise. Ils sont craints, épiés et décryptés un peu plus que les autres. C’est la rançon des chemins de gloire. Samedi dernier, l’Australie leur avait réservé quelques jolies surprises tactiques, auxquelles les Bleus mirent du temps à s’adapter avant de finalement s’extirper du piège.

Les Boks, qui remettent un jeu au pied long dans le fond du terrain et rajoutent un peu plus de férocité encore dans leur pack de spartiates, préparent un traquenard similaire. Cartel ultime pour le XV de France, ici provoqué en duel. S’il en sort triomphant, on saura qu’il est définitivement capable de battre n’importe qui sur cette planète, à la régulière. La route vers 2023, alors, n’en serait que plus dégagée.

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