Coupe du monde féminine - Caroline Drouin : « Je suis retournée taper cette pénalité»

  • Caroline Drouin tente et manque la pénalité de la gagne contre la Nouvelle-Zélande
    Caroline Drouin tente et manque la pénalité de la gagne contre la Nouvelle-Zélande Icon Sport
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Abattue après son échec sur la pénalité de la gagne en demi-finale, la demi d’ouverture a fait preuve d’une impressionnante résilience pour signer un match quatre étoiles. Elle évoque aussi le parcours chaotique mais enrichissant de son équipe. 
 

Comment allez-vous après cette victoire et cette semaine éprouvante ?

Mieux ! Mieux que la semaine dernière déjà… Je suis très fière du groupe, de l’état d’esprit que l’on a montré. C’était clairement pas facile en début de semaine, et encore moins après la demi-finale. On avait vraiment à cœur de bien finir. Pour toutes celles qui arrêtaient ce soir, pour tout ce que l’on a traversé… On a fait un grand match, elles n’ont pas vraiment existé en face. On est allées chercher cette troisième place comme il fallait.

Comment avez-vous vécu cette semaine ?

Ce fut dur. Quand t’es compétitrice et que tu ne passes pas la dernière pénalité du match, c’est douloureux. Le groupe m’a énormément aidée, et j’ai reçu de nombreux messages de soutien. Cela m’a fait grandir, et je voulais finir sur une bonne note. Ce n’est pas oublié pour autant. Et je n’oublierai pas de sitôt, mais je voulais montrer que je pouvais basculer, après ne pas avoir été la championne ou la grande joueuse que je voulais être le week-end dernier. Je suis très heureuse de mon match ce soir.

Physiquement, comment avez-vous géré la fatigue ?

Le VII m’a aidé à enchaîner les matchs. Et puis c’était quand même moins difficile qu’en 2017, où nous avions enchaîné les matchs tous les quatre jours. Cette fois nous avions une semaine, c’était mieux. Après je reconnais que six matchs, six titularisations, ça tire un peu mais je suis contente que cela ne m’ait pas empêchée d’être performante.

Que représente cette troisième place après tout ce que vous avez traversé ?

Le minimum. Ce n’était clairement pas l’objectif, mais ce dernier a changé depuis la semaine dernière et on s’est promis d’aller chercher cette troisième place. Cette troisième place représente la force de caractère qu’on a eu cette semaine. On aurait très bien pu ne pas se relever mais ce n’était pas l’image que l’on voulait donner de ce XV de France.

Votre célébration avait l’air très intense…

Cela reste une belle médaille. Ce n’est pas celle qu’on voulait mais on aurait pu pleurer encore plus en finissant quatrièmes. Elle fait vraiment, vraiment, plaisir.

Le groupe s’est rebellé après l’Afrique du Sud, cette rébellion était nécessaire ?

Elle était nécessaire parce que si on ne l'avait pas faite, on ne serait pas allées aussi loin. On a décidé de reprendre les choses en main. Cette Coupe du monde, on l’attendait depuis cinq ans alors on ne voulait pas la galvauder. Les tensions ont eu lieu, elles devaient avoir lieu. Mais cela nous a permis de finir sur une bonne note, même si nous n’avons pas remporté la Coupe du monde.

Et si vous vous étiez rebellées plus tôt ?

C’est une question à laquelle on ne pourra jamais répondre, mais ce qu’il faut retenir c’est qu’on a sû le faire, on a sû prendre les choses en main. Peut-être trop tard, certes… on ne le saura jamais.  Mais ce fut hyper bénéfique.

Pensez-vous que cette dernière pénalité va vous hanter longtemps ?

Elle ne va pas me hanter, mais elle va faire partie de ma construction en tant que joueuse. C’est un fait de jeu. Parfois ils sont positifs, parfois non… Cela va me faire grandir. Je ferai tout pour ne pas revivre un tel scénario.

Que s’est-il passé dans votre tête quand vous avez reposé le tee sur la pelouse ce soir ?

Pour la petite anecdote, je suis retournée taper cette pénalité après le «captain run» de vendredi. J’ai remis le ballon au même endroit, et je l’ai passée… Je revois encore Pauline Bourdon courir en levant les bras au ciel en hurlant qu’on allait en finale ! (rires) Je voulais absolument retaper cette pénalité, et la solder. Cela m’a aidée. C’est comme ça que je l’ai digérée, que j’ai pu en reparler avec moins d’amertume. Je n’avais pas d’appréhension à reprendre le jeu au pied ce soir

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