XV de France féminin - Le Bronze pour les Bleues au bout de l’émotion

  • Les Française de Pauline Bourdon peuvent savourer leur "clapping". Elles terminent leur Coupe du monde sur une bonne note, en atomisant les Canadiennes.
    Les Française de Pauline Bourdon peuvent savourer leur "clapping". Elles terminent leur Coupe du monde sur une bonne note, en atomisant les Canadiennes. Dave Lintott / Icon Sport
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Larges vainqueures des canadiennes à qui elles n’ont laissé aucune chance, les Bleues ont terminé leur mondial sur une note positive, et vont rentrer en france avec une médaille de bronze autour du cou. L’épilogue d’une coupe du monde et d’une ultime semaine qui furent fortes en émotions.

Les neuf semaines que les Bleues ont passées en Nouvelle-Zélande valent autant que des saisons entières. Et l’on ne parle pas de préparation physique ou de rugby : les Tricolores sont littéralement passées par toutes les émotions, jonglant de la crise de nerfs après l’Afrique du Sud à la rébellion contre le sélectionneur Thomas Darracq avant l’Angleterre, puis de la libération et à l’épanouissement sur les matchs suivants à la terrible déception de la demi-finale perdue d’un point contre les Black Ferns (25-24). Difficile après avoir vécu des moments si forts et cruels de se remobiliser pour le match que personne ne veut jouer, et encore moins perdre : la petite finale. « Cette Coupe du monde a été vraiment difficile, on en a chié, soufflait Pauline Bourdon, élue joueuse du match. On a su retrouver notre groupe, notre ADN, ce qui marchait depuis des années. On a eu le déclic contre l’Angleterre. On s’est ressoudées entre nous, on a repris le groupe en main. Mais quand on a commencé la compétition, on ne pensait pas en arriver là. »

La semaine, forcément marquée par la terrible désillusion en demie, avait été lourde. Et comme attendu, l’atmosphère dans les vestiaires avant ce match contre le Canada l’était aussi : « Le groupe était tendu, stressé, les visages étaient fermés dans le vestiaire… Il y avait de la crainte, nous confiait Caroline Drouin. Et puis on avait vu ce que les Canadiennes avaient fait aux Anglaises en demie… C’était clairement le match piège. » Et pourtant, il fallait le gagner, coûte que coûte. Car une quatrième place aurait été un échec retentissant.

Une "masterclass" de Ferer dans les vestiaires

Fort heureusement, les Bleues ont pu compter sur leur "Madame Bonne Humeur" de service, Céline Ferer, pour briser cette ambiance délétère : « Céline était plein gaz dans le vestiaire, riait encore Drouin après le match. Quand je l’ai vue, je me suis dit qu’on allait avoir une grande Céline Ferer. Elle a souvent fait des discours, mais sa prise de parole a vraiment fait du bien. Elle a réussi à redonner le sourire à 23 filles qui ne l’avaient pas. » 

«"Grande" nous a sorti une "masterclass" dans le vestiaire ! souriait Agathe Sochat. C’était chouette. Elle était galvanisée, elle avait envie de bien finir. Elle nous a emmenées avec elles. » « J’ai un peu pété les plombs, se marrait l’intéressée, c’était plus de la joie que de la rage, j’avais le sourire au lèvres. Et j’ai terminé en disant aux filles qu’elles se souviendront de ce moment où j’ai dit n’importe quoi » riait encore la néo-retraitée toulousaine.

Le "pétage de plombs" de Ferer a fonctionné à merveille. Galvanisées comme jamais, les Bleues ont laissé la fatigue et l’amertume au vestiaire pour signer une dernière prestation accomplie où, une fois de plus, la qualité de leur conquête (83 % de réussite), de leur défense (84 % de plaquages réussis) ainsi que leur nouvel élan offensif (5 franchissements, 31 défenseuses vaincues dont 5 pour Fall et 4 pour Drouin, 14 passes après contacts) n’ont pas laissé la moindre chance à des Canadiennes dépassées.

Sochat a ramené le poteau de touche

Voilà pourquoi leur joie fut si forte au coup de sifflet final : « Il y a beaucoup de soulagement. On s’est sauvé notre Coupe du monde », soufflait Bourdon qui fut à l’image de son équipe : « Je me suis enfin retrouvée. Je pense que j’étais bridée sur le début de la compétition. Je me suis retrouvée offensivement et ça me fait plaisir. » 

Une fois passée la longue communion avec les familles et les supporters au bord du terrain, les Bleues ont apprécié la grande finale en tribunes, avant de regagner le terrain pour la cérémonie de remise des médailles. Elles ont voulu prolonger ce moment au maximum, félicitant longuement les Néo-Zélandaises qu’elles adorent et… saluant cordialement leurs pires rivales anglaises. La talonneuse Agathe Sochat a même trouvé le moyen de démonter, avec la bénédiction du staff du stade, la housse d’un des poteaux de touche histoire de ramener un morceau de ce somptueux théâtre qu’est l’Eden Park.

Le soir, après le dîner World Rugby au sommet de la Sky Tower, les Bleues ont passé la soirée à Ponsonby, un quartier branché d’Auckland. Là, leur vidéaste de World Rugby, France Hémon, leur avait privatisé une galerie d’art où elles ont pu passer la soirée. On a assisté à de beaux moments, comme ce long échange entre la jeune et prometteuse Manae Feleu et Céline Ferer. La première était inconsolable à l’idée de ne plus jouer avec "Grande", qui l’avait prise sous son aile. Et la Toulousaine de réconforter la jeune Iséroise en lui répétant qu’elle, avec les autres jeunes du XV de France, incarnaient son avenir. Un avenir que l’on souhaite radieux, et ce dès le prochain Tournoi des 6 Nations qui débutera à la fin du mois de mars prochain…

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Simon VALZER
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