La finale était si proche...

  • La deuxième ligne Madoussou Fall, qui a pris progressivement la place de Safi N’Diaye, désormais retraitée, représente la jeunesse pleine d’avenir du XV de France féminin. Rendez-vous désormais en 2025 en Angleterre.
    La deuxième ligne Madoussou Fall, qui a pris progressivement la place de Safi N’Diaye, désormais retraitée, représente la jeunesse pleine d’avenir du XV de France féminin. Rendez-vous désormais en 2025 en Angleterre. Dave Lintott / Icon Sport - Dave Lintott / Icon Sport
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La Coupe du monde 2021 (et jouée en 2022) étant terminée, il est temps de dresser un bilan du parcours des Bleues. Un parcours certes positif au vu du mondial chaotique que les Françaises ont vécu mais rageant car elles auraient très bien pu se hisser pour la première fois de leur histoire en finale.

Au terme de leur neuvième participation au Mondial, les Bleues ont donc décroché une septième médaille de bronze, après celles de 1991, 1994, 2002, 2006, 2004 et 2017. Les Tricolores n’ont donc toujours pas brisé le plafond de verre qui les séparent du top 2 mondial. Grâce à leur victoire sur les Canadiennes, elles sont remontées sur le podium au classement World Rugby mais il est difficile de ne pas penser qu’elles auraient pu faire beaucoup mieux. Cette demi-finale perdue d’un souffle (25-24), alors qu’elles avaient deux occasions de la remporter dans les dernières minutes (un surnombre non joué par Maëlle Filopon et la pénalité de la gagne manquée par Caroline Drouin) leur laissera assurément des regrets pendant un bon bout de temps. Heureusement, elles sont parvenues à évacuer fissa cette déception pour livrer une belle prestation en petite finale pour décrocher une médaille de bronze. Mais d’ici 2025 (date du prochain Mondial qui se tiendra en Angleterre), il faudra assurément qu’elles trouvent la formule magique pour transformer ce bronze en or…

Défense et conquête, les grandes satisfactions, une attaque en progrès

Avant la demi-finale, les Bleues pouvaient se targuer de posséder la meilleure défense du tournoi mondial : seulement 21 points encaissés. Si la défaite contre les Black Ferns a terni ce bilan, ce dernier reste largement positif et s’inscrit sur le droite lignée de leur dernier Tournoi des 6 Nations, comme en témoignent leur 916 plaquages réussis lors du Mondial (meilleur score). Elles ont également progressé dans la discipline, qui avait posé problème en début d’année. La conquête a été également satisfaisante : le mêlée bleue reste l’une des meilleures au monde comme l’ont montrées les rencontres contre l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande, et la touche s’est montrée fiable malgré quelques passages à vide venant essentiellement de lancers imprécis, un secteur qui reste à travailler. En revanche, les Bleues ont fait de réels progrès en attaque, un secteur dans lequel elles se sont progressivement libérées au cours de la compétition. Elles terminent le Mondial avec 190 points marqués et 27 essais inscrits, derrière les Red Roses et Black Ferns, avec le deuxième meilleur total de passes après contact (75) et le troisième meilleur score de franchissements (30). De bon augure pour le prochain Tournoi.

Les joueuses qui se sont révélées

Parmi les joueuses qui comptaient peu de sélections avant ce Mondial, on trouve plusieurs satisfactions. En tête de liste figure la troisième ligne Charlotte Escudero. C’est un diamant brut qui demande à être taillé (notamment en terme de technique individuelle) mais le potentiel est clairement là. La pilier Assia Khalfaoui a franchi un cap, tant mental que sportif. Elle doit maintenant gagner en activité. Le jeune demi d’ouverture Lina Queyroi a fait preuve d’un beau punch offensif. Enfin, pari réussi pour la septiste Joanna Grisez, qui a joué tous les matchs. D’autres joueuses, plus expérimentées, ont pris une nouvelle dimension dans l’équipe : on pense à la pilier Annaëlle Deshaye, à la centre Gabrielle Vernier ou à l’arrière Emilie Boulard qui seront les cadres de demain.

Des leaders à remplacer

Avec les retraites Laure Sansus (31 capes), Céline Ferer (60), Safi N’Diaye (91) ou encore Marjorie Mayans (53), le XV de France féminin dit au revoir à 235 sélections. Si toutes n’étaient plus des titulaires en puissance, elles jouaient un rôle central au sein du groupe qu’elles ont conduit tout au long de ce Mondial, aidant ce dernier à traverser les moments chaotiques de la préparation puis de la compétition. Elles étaient également des moteurs, des joueuses qui rassuraient autant qu’elles assuraient sur le terrain. Laure Sansus marquait des essais venus d’un autre monde, Céline Ferer était la capitaine de touche, Marjorie Mayans plaquait à tour de bras et Safi N’Diaye apportait sa puissance et sa science des ballons portés. Poste pour poste, Sansus sera remplacée par Pauline Bourdon, tandis que Madoussou Fall a déjà remplacé N’Diaye, comme Charlotte Escudero l’a fait pour Marjorie Mayans (la dimension physique en plus, l’efficacité défensive en moins). En revanche, la retraite de Céline Ferer laisse un grand vide au poste de numéro 4. La jeune et prometteuse Manae Feleu semble toutefois taillée pour le poste, à moins que le poste ne revienne à Escudero, polyvalente.

Une gestion d’effectif qui interroge

Bien que cette compétition appartienne désormais au passé, des questions quant à la gestion de certaines joueuses par le staff restent en suspens. Comme le cas de Jessy Trémoulière, très peu utilisée sur l’ensemble de la compétition (une titularisation contre les Fidji). Ses qualités dans le jeu au pied auraient pourtant été précieuses, notamment en demi-finale où la jeune Lina Queyroi resta sur le banc. On songe également au décalage surprise de Célia Domain en pilier remplaçante pour la petite finale, alors qu’elle n’a quasiment pas évolué au poste dans l’année et que la Girondine Yllana Brosseau, spécialiste du poste de pilier gauche, était opérationnelle. Enfin, on s’interroge quant à la non sélection de la Montpelliéraine Cyrielle Banet qui, comme nombre d’observateurs le pensent, reste la meilleure ailière du championnat de France. Certes, elle s’était blessée durant le stage en Andorre mais elle fut rétablie à temps et jouait titulaire en club au moment où le Mondial débuta. Et même quand Laure Sansus se blessa, le staff lui préféra Marie Dupouy dont l’expérience internationale (1 sélection) laissait présager qu’elle ne serait pas beaucoup utilisée. Et cela s’est confirmé : la Blagnacaise n’a finalement pas joué une minute.

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Simon VALZER
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