Trois victoires, beaucoup de gagnants et des perdants : la bourse des valeurs des Bleus

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Dans cette tournée triomphale qui aura vu les Bleus s’imposer à trois reprises, les motifs de satisfaction individuels sont évidemment nombreux. Avec Thomas Ramos et Charles Ollivon en élèves modèles. Les perdants sont surtout les absents et ceux qui n’auront pas su gagner leur place lors des semaines d’entraînement.

Ramos et Ollivon, les grands gagnants

Il était peut-être le Tricolore le plus attendu de tous au début de la tournée.Meilleur joueur du mois d’octobre en Top 14, Thomas Ramos avait, enfin, une vraie occasion de prouver sa valeur avec le numéro 15 dans le dos. L’arrière toulousain a parfaitement saisi cette opportunité : il a su trouver le juste milieu entre pragmatisme et audace pour livrer trois prestations abouties.Avec DamianPenaud, il a été le trois-quarts le plus dangereux balle en main. Son 20/24 dans les tirs au but est la parfaite illustration chiffrée de la maîtrise affichée par le natif de Mazamet. Inévitablement, le poste d’arrière sera un des plus discutés d’ici le début du Tournoi des 6 Nations.Alors que Melvyn Jaminet avait jusqu’à présent les faveurs de Fabien Galthié, la très belle tournée de Thomas Ramos va faire réfléchir l’encadrement.Pour ce qui est un problème de riches, rappelons-le.

L’autre énigme de cette trilogie se nommait Charles Ollivon.Et là aussi, la réponse du champion est claire et nette: le troisième ligne a été un des meilleurs Tricolores sur les 240 minutes de test-match. Il a été très généreux dans l’effort, royal dans les airs et surprenant dans la densité physique, notamment face aux Boks.Son essai face auJapon, son dixième en seulement 28 sélections, est venu récompenser ses belles performances. Le Toulonnais a aussi assuméson statut de vice-capitaine. Au relais d’Antoine Dupont enAfrique du Sud, il a su guider ses troupes avec, en point d’orgue, cette combinaison gagnante sur touche à l’origine de l’essai de la victoire. Vu sa forme du moment, on ne voit pas comment Fabien Galthié pourrait l’enlever duXV de départ.Mais François Cros, pion essentiel, va revenir et l’impact d’AnthonyJelonch est précieux, comme on a pu le voir sur la fin de match face aux Boks.L’arbitrage sera on ne peut plus épineux.

Les autres grands gagnants de cette tournée sont à chercher sur le banc de touche.Reda Wardi et Sipili Falatea ont tous deux marqué des points. Entré en cours de jeu àMarseille et titularisé à Toulouse, le Rochelais a été à la hauteur.Solide en mêlée, il ne s’est pas caché dans le jeu. Derrière le tandem Baille-Gros, il a une carte à jouer pour intégrer les 31 qui disputeront le Mondial. À droite, SipiliFalatea se pose en doublure légitime de UiniAtonio : auteur de l’essai de la victoire contre les champions du monde, il a le profil recherché du finisseur, avec sa mobilité et son dynamisme.

Auteur d’une entrée surprenante à l’aile auVélodrome, avec des courses tranchantes et de la présence dans les airs, Sekou Macalou a prouvé que sa polyvalence flanker-ailier n’est pas une lubie. Elle est un atout précieux.

Penaud et Jalibert ont fait des étincelles

Du haut de ses 24 sélections et fort d’une régularité à toute épreuve, Julien Marchand figure plus que jamais parmi les cadres du groupe France au sortir de cette trilogie automnale. Élu homme du match face auJapon au terme d’une partie qui l’aura vu être dominateur aux grattages, balle en main et dans les impacts, le Toulousain est une assurance tous risques pour Fabien Galthié.
Toujours en première ligne, Cyril Baille a été en vue sur le match et demi qu’il a disputé.De retour de blessure, le pilier gauche a été disponible dans le jeu courant et a même inscrit un essai face aux Boks.Le Toulousain a été à la hauteur de son statut de référence internationale. À droite, UiniAtonio n’a cessé de monter en puissance au fil de la trilogie. Sa tenue en mêlée et sa dimension physique sont précieuses pour densifier l’axe droit des Bleus. Le Rochelais a mis au supplice le pack nippon. En troisième ligne, AnthonyJelonch a sorti trois prestations de bon calibre avec notamment trente dernières minutes de très haut niveau face à l’Afrique du Sud et un essai contre le Japon.Son impact dans les zones proches et sa capacité à marquer les adversaires physiquement font de lui un rouage important du pack.

Derrière, Damian Penaud a marqué de son talent cette trilogie automnale. Il restera comme le sauveur des Bleus face à l’Australie grâce à un exploit personnel - changement d’appuis, raffut et accélération dans le couloir des cinq mètres - dont il a le secret. Moins servi à Marseille, il a encore fait parler ses qualités de finisseur face au Japon avec un doublé qui lui permet d’entrer dans le top 10 des marqueurs d’essais de l’histoire duXV de France. Son talent est une bénédiction. Autre joueur frisson, Matthieu Jalibert a profité de chacune de ces entrées en jeu pour se mettre en valeur et gagner du crédit.Face à l’Australie, ses initiatives avaient ouvert la voie à l’exploit de Damian Penaud.Serein sous la pression contre l’Afrique du Sud, il a régalé le Stadium avec des inspirations à tout-va face à des Japonais impuissants.Dans ce rôle de finisseurs, il excelle. Enfin, JonathanDanty a terminé sur une très belle note contre le Japon en étant inspiré offensivement.Contre l’Australie, il avait plus brillé dans l’ombre, avec le grattage de la gagne à la sirène.

Woki et Moefana, ces valeurs sûres

Si Fabien Galthié a choisi, à chaque rendez-vous de l’automne, de miser sur sa meilleure équipe possible, c’est parce qu’il a décidé de resserrer le groupe France à un an de la Coupe du monde. Et, s’ils n’ont pas particulièrement brillé, plusieurs joueurs ont répondu à la confiance qui leur est accordée. Cameron Woki, auteur d’un début de saison très timide au Racing 92, était attendu au tournant à ce poste de deuxième ligne où il s’est installé en sélection depuis novembre 2021. Il a montré que son aisance dans les airs et sa mobilité étaient toujours précieuses au haut niveau. Comme son compère Thibaud Flament, aligné à droite de la cage - ce dont il a moins l’habitude - pour compenser l’absence de Paul Willemse contre l’Australie et l’Afrique du Sud. Malgré sa commotion en fin de première mi-temps face aux Springboks, il fut à son avantage. Idem pour le polyvalent Yoram Moefana derrière, qui a commencé tous les matchs à l’aile pour les finir au centre. Il s’est clairement imposé comme l’homme à tout faire de la ligne de trois-quarts des Bleus. Certes moins en vue que sur ses dernières sorties internationales, Peato Mauvaka a encore amené son dynamisme en cours de rencontre, comme Bastien Chalureau en deuxième ligne face à l’Afrique du Sud et au Japon, lui que le staff voulait observer depuis longtemps. Romain Taofifenua, finisseur parfait sur les deux premiers matchs de la tournée, a prouvé contre les Nippons qu’il pouvait aussi être efficace en démarrant et tenir le rythme sur plus de cinquante minutes. À la charnière, Antoine Dupont et Maxime Lucu ont soufflé le chaud et le froid au poste de demi de mêlée. Surveillé de près face aux Wallabies, le capitaine des Bleus avait réalisé une grosse première mi-temps face aux Boks avant d’écoper d’un carton rouge. Son suppléant, excellent à Marseille, fut branché sur courant alternatif à Toulouse.

À l’image finalement de Romain Ntamack à l’ouverture, qui a rassuré sur son état physique mais qui fut parfois trop discret. Décisif sur le premier essai de Penaud face au Japon, il reste le chef d’orchestre de cette équipe mais doit être plus influent. Enfin, le constat est sensiblement le même pour Gaël Fickou, le patron de la défense française. Avant de sortir sur blessure au quart d’heure de jeu ce dimanche, il s’est surtout concentré sur les bases de son rôle. Il peut être plus entreprenant. GrégoryAlldritt a bien terminé face auJapon mais avait été un peu plus discret que d’ordinaire sur les deux premiers tests.

Priso, Lebel, Cretin et Haouas ont reculé

La Coupe du monde qui se dessine ne fera pas de sentiments et, lorsque le sélectionneur national Fabien Galthié annoncera les noms des 31 joueurs qui prépareront l’évènement que l’on sait, ils seront nombreux ceux qui, après avoir pris part aux rassemblements du XV de France, devront néanmoins apprendre à faire le deuil de la sélection.Vous nous direz probablement qu’on n’en est pas là et qu’à un an de l’épreuve, les cartes peuvent être rebattues lors du prochain Tournoi des 6 Nations. Toujours est-il qu’au crépuscule de la tournée d’automne, ils sont déjà quelques-uns à avoir, semble-t-il reculé dans la hiérarchie tricolore…
Ici, on citera déjà Yoan Tanga : très bon avec le maillot bleu lors de la dernière tournée estivale au Japon, le troisième ligne du Stade rochelais, par ailleurs auteur d’un début de saison convaincant avec son nouveau club, n’a pas fait la moindre feuille de match cet automne. Régulièrement libéré par le staff des Bleus au milieu des semaines de préparation, Yoan Tanga a été sacrifié au profit d’un banc de touche ayant le plus souvent compté deux deuxième ligne, à savoir Romain Taofifenua et Killian Geraci (celui-ci fut remplacé par Matthis Lebel après s’être blessé à l’échauffement précédant France - Australie), puis Bastien Chalureau et le « grand Tao », et enfin ledit « Chalu » et Florian Verhaeghe. Dès lors, Tanga peut-il refaire son léger retard avant que ne soit donné le coup d’envoi de la Coupe du monde ? L’optimisme est pour lui de rigueur tant son profil de gratteur allié à une certaine aisance balle en mains pourrait s’avérer utile, le moment venu. Toujours en troisième ligne, Dylan Cretin (20 sélections) était considéré comme un élément incontournable des prémices de l’ère Galthié mais cet automne, ne fit pas la moindre feuille de match. Le Lyonnais a probablement fait les frais de l’association Woki-Flament-Ollivon qui offrit de très bonnes solutions à l’alignement tricolore.
Sur la ligne de front, le cas de Dany Priso prête aussi le flanc à l’analyse : doublé par Cyril Baille face aux Wallabies alors que le pilier toulousain revenait à peine d’une très longue blessure, Priso fut ensuite placé hors groupe contre les Springboks, Reda Wardi ayant séduit William Servat et Karim Ghezal, les patrons du paquet d’avants français.À tel point qu’aujourd’hui, Dany Priso semble occuper le quatrième rang dans la hiérarchie des piliers derrière Baille, Gros et Wardi. Quid de Mohamed Haouas, à présent ?Comme Cretin, il fut un élément indissociable des débuts du mandat Galthié mais, dépassé par Uini Atonio, Sipili Falatea voire Demba Bamba, il n’a pas compté la moindre minute de jeu dans cette tournée d’automne. Que paye donc « Momo » Haouas ?Une inclinaison à l’indiscipline supérieure à celle de ses concurrents ou une activité moindre, balle en mains ?Probablement un peu des deux…

Enfin, Matthis Lebel reste un dossier équivoque.En l’absence de Gabin Villière, le finisseur toulousain avait une belle carte à jouer mais il lui fut toujours préféré, sur l’aile gauche, le polyvalent Yoram Moefana. Le choix d’un banc à six avants confortant aussi l’option Macalou à l’aile, Matthis Lebel eut donc bien des difficultés à trouver sa place dans le groupe France.

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Les commentaires (3)
monach Il y a 7 jours Le 22/11/2022 à 08:40

Quand on marque 35 points je trouve quand même que c'est un peu maîtrisé.......Non

grellou Il y a 8 jours Le 21/11/2022 à 12:02

Dans le cadre de la valorisation des finisseurs Jallibert a montré ses qualités à l ouverture et il mériterait largement une alternance avec Ntamack qui n a pas retrouvé son niveau habituel.

Bernardo Il y a 9 jours Le 20/11/2022 à 20:46

Un match absolument pas maitriser. Il va falloir qu'ils reviennent à plus d'humilité. Question que je me suis poser n'auraient t'ils pas pris le melon que ce soit l'encadrement et les joueurs. La chute pourrait faire très mal.