Top 14 - Au Racing, l’œil du Teague

  • Rory Teague, qui a débarqué cet été dans les Hauts-de-Seine, fait partie de ceux qui ont participé au renouveau de Finn Russell.
    Rory Teague, qui a débarqué cet été dans les Hauts-de-Seine, fait partie de ceux qui ont participé au renouveau de Finn Russell. Photo Icon Sport - Photo Icon Sport
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Rory Teague, qui avait dirigé l’UBB quelques mois en 2018, a fait son grand retour en France comme chef de l’attaque du Racing. Mais a-t-il appris de son échec bordelais ?

Entre Rory Teague et la France, c’est une histoire vieille comme le monde. "En 2007, explique-t-il en préambule, mon agent m’a demandé si je voulais jouer quelques temps à Limoges. J’ai dit oui sans vraiment hésiter. Mon entraîneur était l’oncle de Donovan Taofifenua, le grand Willy." À l’époque, l’actuel chef de l’attaque du Racing était un demi d’ouverture d’honnête calibre, passé par Gloucester puis Bristol. Le choc culturel ? Il l’expérimenta de deux façons. "Le jeu n’était pas structuré comme il l’est en Angleterre, poursuit-il. On voulait donner vie au ballon et mes coéquipiers me parlaient toujours de french flair, même si personne ne savait vraiment ce que c’était. Sur le terrain, ils me faisaient des passes aveugles, je n’étais pas familier avec ce genre de trucs mais ça me plaisait."

Et le reste ? À cet instant de l’entretien, il éclate d’un rire franc : "Lors de mon premier entraînement à l’Usal, un deuxième ligne est venu me chercher pour me coller une énorme fourchette en m’appelant le Rosbeef ! Sur le bord du terrain, j’entendais Willy Taofifenua qui hurlait : "ça se passe comme ça ici ! Il faut te défendre, Rory !" C’était dingue, quand j’y repense…"

"J’ai toujours rêvé de revenir"

Teague, également passé par Aurillac, Tarbes et Grenoble, ne colle pas vraiment à l’image qu’on s’était fait de lui, à l’époque où il était le manager de l’UBB. Plutôt bonnard, naturel et drôle, il n’a pas grand-chose en commun avec le jeune entraîneur austère, rigide et froid qu’on nous avait dépeint au temps où il fut nommé, en 2018 et à 33 ans seulement, à la tête du club girondin par Laurent Marti. Que lui reste-t-il, d’ailleurs, de cette époque ? Et le costume était-il vraiment trop grand ? "Je crois, oui. Mais je n’avais peut-être pas conscience de n’être pas prêt. Après avoir quitté Bordeaux, j’ai donc beaucoup réfléchi à ma façon d’entraîner, à mon style, à ce que je renvoyais aux autres : j’étais trop dur avec les joueurs, trop cadré, pas assez ouvert et j’ai fini cette aventure isolé. Néanmoins, cet échec m’a fait grandir. Dans les moments difficiles, on apprend vraiment qui on est et ce que l’on veut devenir."

Après avoir été poussé vers la sortie, Rory Teague a alors baroudé quelques mois : il fut sélectionneur de la Russie, consultant à Gloucester mais au fond de lui, a toujours rêvé de revenir en France. Il poursuit : "C’est le Racing qui m’a permis de réaliser ce rêve et en ce sens, je dois beaucoup à Jacky (Lorenzetti) et Laurent (Travers), qui m’ont tendu la main au bon moment." Aujourd’hui à la tête de la ligne d’attaque du Racing, l’une des plus belles d’Europe, Teague y fait du bon boulot, si l’on s’en fie au classement des Franciliens (troisième du championnat) ou au ressenti global des joueurs. Dans les Hauts-de-Seine, on dit par exemple que Rory Teague, en fin de contrat, fait partie de ceux ayant aidé Finn Russell, irrésistible depuis quelques matchs, à renaître de ses cendres après un dernier exercice pour le moins douloureux. "J’ai découvert en Finn Russell un grand professionnel et un mec en or, conclut-il. Même si les gens l’attendent toujours sur le spectacle pur, il est avant tout un ouvreur excellent sur les fondamentaux : depuis le début de saison, il tourne par exemple à 93 % de réussite au pied. Finn Russell est quelqu’un sur lequel on compte énormément, au club." Cette saison, oui…

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