Top 14 - Bordeaux-Bègles : cinq mois après, des claques au déclic ?

  • Romain BUROS (Union Bordeaux-Bègles).
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Dix jours après l'éviction de Christophe Urios, l'UBB, seulement onzième du Top 14, entend amorcer son rebond à Perpignan. Là même où elle avait piqué sa crise, en juin dernier.

Ce n'est qu'un clin d'œil de l'histoire mais comment fermer les yeux dessus ? Ce samedi, le premier rendez-vous de l'UBB post-Urios mènera les troupes girondines là où la fracture entre le technicien et son groupe était apparue à la face du grand public ; là où la voie royale tracée par la bande à Jalibert vers le Stade de France s'était soudainement bouchée, aussi. Le 5 juin dernier, à Perpignan, ça avait été le début de la fin d'un rêve et d'un projet.

Dans un stade Aimé-Giral en proie à l'euphorie, le deuxième du Top 14 avait été dominé de la tête et des épaules par le futur barragiste (22-15), perdant sa place de demi-finaliste direct et des certitudes au passage. En suivant, Christophe Urios avait tenté un électrochoc à quitte ou double : "Si on veut être des champions, on doit passer un cap [...] et je ne sens pas ça, je ne sens pas ça", avait-il soufflé avant de préciser son propos : "Cameron (Woki), je le vois pas, Matthieu (Jalibert) je le vois pas, on ne met pas d'impact dans nos attaques, on n'est pas dangereux, on ne fait rien de simple (...) J'aimerais que les joueurs, que les leaders passent devant." La suite, tout le monde la connaît : du rififi en interne, un sursaut face au Racing 92, une élimination sans gloire contre Montpellier aux portes de la finale, un été tourmenté avec le départ de Woki puis un début de saison décevant, inquiétant même. Jusqu'à ce qui semblait devenu inévitable : le départ anticipé de Christophe Urios, acté le 16 novembre. Cinq mois après, les mots de l'ancien manager résonnent encore. À l'heure du retour à Aimé-Giral, il est l'heure pour le demi-finaliste de la dernière édition du Top 14 d'assumer son statut.

La douzième attaque, seulement

Depuis une dizaine de jours, Laurent Marti et les décideurs cherchent à ramener de la sérénité au sein d'un groupe au niveau de performance et au visage inconstants. Ce lundi, le président a eu une entrevue avec Frédéric Charrier. Proche de Christophe Urios, l'entraîneur des lignes arrière s'interrogeait sur son maintien au poste. Le rendez-vous a permis de conforter la nouvelle organisation annoncée quelques jours plus tôt : Frédéric Charrier et Julien Laïrle, dont l'engagement expirera au 30 juin prochain, président désormais bien aux destinées de l'équipe. Ce mardi, à l'occasion d'un entraînement ouvert au public, les supporters ont pu découvrir l'UBB nouvelle version. Sous l'œil de Laurent Marti, ils ont vu les deux anciens adjoints diriger la séance à laquelle ont pris part les internationaux Matthieu Jalibert, Santiago Cordero ou Ben Tameifuna ainsi que le joker anglais en troisième ligne Tom Willis ou encore le revenant Romain Buros. Le sérieux était requis, tout comme la discrétion. La communication extérieure a été réduite a minima avant le retour à la compétition. Dimanche soir dernier, avant de quitter le XV de France pour retrouver leur quotidien de club, Maxime Lucu et Matthieu Jalibert avaient évoqué la situation de leur formation. Tous deux étaient animés par l'espoir d'un déclic prochain :  "Le club est en difficulté mais il n’est pas forcément mort, cherchait à rassurer le demi de mêlée. À nous de remettre l’équipe dans le bon chemin. Nous ne sommes pas si loin de ce que l’on veut. Il faut juste remettre les choses dans l’ordre." Si les tensions étaient avérées entre le manager et une partie des cadres, si le message ne passait plus comme il aurait dû, le simple départ d'Urios ne saurait tout résoudre à lui seul. Les joueurs en sont conscients, évidemment : "Je ne sais pas si ce changement était nécessaire mais il est sûr que depuis quelques mois ça ne fonctionnait pas forcément. Nous n’arrivons pas à enchaîner deux victoires d’affilée. Le début de saison en témoigne avec des performances pas très bonnes. Ce n’était peut-être pas la solution miracle, mais ces changements ont été faits et à nous de réagir car nous serons attendus." La douzième attaque du Top 14 devra au plus vite raviver la flamme d'un jeu devenu trop inoffensif.

Trois semaines après un non-match à Pau (33-7), l'Union doit répondre à des impératifs de comportement mais aussi de résultat en Catalogne. Un succès raviverait l'optimisme et l'espoir d'une remontée. En cas de défaite, l'Usap pourrait revenir à deux points et le top 6 s'envoler un peu plus encore. Aimé-Giral avait été un cimetière d'illusions il y a cinq mois. Sera-t-il un terreau de renaissance ?

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