Des Bleus en difficulté face à l’adaptation de leurs adversaires !

  • En difficulté face à l’adaptation !
    En difficulté face à l’adaptation ! Icon Sport - Icon Sport
Publié le

Si la réussite de la tournée est indéniable sur le plan comptable, elle pose questions sur le jeu souvent décrypté des Bleus. Face à l’adaptation de leurs adversaires, impossible de nier les difficultés rencontrées.

«C’est la pire des situations quand tu es entraîneur.» La déclaration est signée Laurent Labit, entraîneur de l’attaque du XV de France. Ce constat, l’ancien coach du Racing 92 l’a fait tout juste au lendemain de la victoire sur l’Afrique du Sud à Marseille. Et pour cause. Pour la deuxième fois consécutive, rien ne s’est passé comme prévu. «On passe des heures à faire de la vidéo, à disséquer le jeu de l’Afrique du Sud, à analyser celui des Blacks, de l’Australie. Et bim, ça ne se passe pas comme prévu.» Et d’ajouter : «C’est d’ailleurs ce qui est passionnant pour un entraîneur.» Certes, mais terriblement stressant…

Vous nous direz que les Bleus ont encore régalé leur public en prolongeant leur série victorieuse, désormais portés à treize succès consécutifs, mais que ce fut dur en raison d’une dynamique de jeu souvent altérée. Lors des deux premières rencontres, les joueurs de Fabien Galthié ont été menés au score au moins jusqu’à la 74e minute, laissant croire à la fin de l’embellie. La raison ? Elle tient au fait que le jeu des bleus a été décrypté, que leurs adversaires se sont adaptés et que, s’ils n’ont pas trouvé la recette complète pour les faire tomber, ils ont au moins déniché quelques ingrédients pour les contrarier sur certains secteurs de jeu. Au point de faire jouer les Australiens quasiment contre nature…

Souvenez-vous. Lors de ce premier test au Stade de France, quelle ne fut pas la surprise de voir les joueurs de Dave Rennie jouer autant au pied, eux qui ont la réputation de porter le ballon et de savoir très bien le conserver à longueur de séquences de jeu. Plus de 30 coups de pied tapés, voilà un chiffre qui ne colle pas aux Wallabies. Pourtant, ils l’ont fait. La raison ? Ils savaient que les Bleus allaient user encore une fois de cette stratégie dite de "dépossession" pour les enfermer dans leur camp et exploiter la première erreur pour transformer un "turn-over" en attaque éclair, pour reprendre le jargon de Fabien Galthié. Conséquence : Dupont et ses partenaires se sont longtemps retrouvés démunis, faute de pouvoir s’appuyer sur deux de leurs points forts : la pression défensive et l’exploitation des ballons de récupération.

Les Bleus vers une réflexion profonde

Force est donc de s’interroger : le jeu de dépossession est-il condamné ? Rien n’est moins sûr. D’abord, les Bleus sont finalement venus à bout des Australiens, et l’Afrique du Sud, une semaine plus tard, peut témoigner de l’efficacité de cette stratégie. Par deux fois, les Boks ont été sanctionnés en essayant de remonter le ballon, offrant ainsi six points à leur adversaire. Un ancien capitaine du XV de France glissait d’ailleurs malicieusement : «Nous avons joué comme des Sud-Africains alors que les Springboks ont joué comme des Français.» Et pour cause. Les joueurs de Jacques Nienaber ont tenté d’orchestrer une tactique inverse à celle des Australiens. Ils ont choisi de remonter les ballons à la main quand le staff technique français ne les attendait que sur la seule "dépossession". Mais pas seulement. «Tout le monde pensait que les Boks nous prendraient également sur des ballons portés et du défi au milieu de terrain, ils ont utilisé ce jeu au pied dans les angles», soulignait encore Laurent Labit. Et avec une franche réussite. En clair, Nienaber avait fomenté un plan maléfique à jouer sur la conservation du ballon pour mieux surprendre les Bleus avec un jeu au pied offensif après avoir trouvé le déséquilibre. Un exemple ? Le récit fait par Antoine Dupont de son expulsion est symptomatique : «C’est une situation de jeu où je sens que l’on est en difficulté en milieu de terrain. Du coup, je dézone un peu. Et quand je vais reprendre ma place, je vois Uini Atonio en position d’ailier avec Cheslin Kolbe en face de lui. J’ai bien compris que c’était délicat. En plus, le jeu au pied est bon.» Un jeu au pied d’attaque qui aurait probablement conduit les Boks à l’essai sans la faute du demi de mêlée tricolore.

Au final, force est de constater que l’adaptation orchestrée par leurs adversaires va conduire les Bleus à une réflexion profonde dans la perspective du prochain Mondial. Parce que contrés dans le défi physique lors des deux premières rencontres et parfois sans solution face à la stratégie adverse, ils ont bien failli passer à la trappe.

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Arnaud BEURDELEY
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?