La tendance de Jérôme Prévôt : « Ces arbitres dont on fait les scores »

  • Mathieu Raynal.
    Mathieu Raynal. Icon Sport - Icon Sport
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E n cette période de Coupe du monde de foot, on s’attend à voir bien des polémiques sur l’arbitrage, des contestations parfois véhémentes des joueurs pour un oui ou pour un non.

. A priori, les arbitres de rugby sont moins « entourés » au mauvais sens du terme. Mais en ovalie, les commentaires vont bon train… après coup. Évidemment, la vidéo est arrivée pour clarifier les situations les plus frappantes (un essai, un but). On a envie de défendre les arbitres de rugby parce que leurs décisions seront toujours plus subjectives et plus « vicieuses » que celles de leurs homologues du football. Au cœur d’un regroupement, on peut siffler ce qu’on veut ou alors choisir entre trois ou quatre fautes partagées par les deux camps. « L’arbitre fait ce qu’il veut » entend-on souvent. En football, il y a aussi une différence minime entre un tacle licite et un petit attentat, mais il y aura toujours un fossé énorme entre notre sport et son cousin. Le rugby est un jeu où l’on peut facilement marquer des points (sans opposition) après une faute anodine à 40 mètres des poteaux (en foot les buts sur coups francs lointains sont rarissimes). La preuve le dernier Portugal - États-Unis. Quelle faute a pu voir l’arbitre à la dernière minute à l’encontre des Américains ? Personne n’a vraiment su nous l’expliquer. La responsabilité de nos arbitres a toujours été énorme, mais elle a été multipliée depuis la fin des années 90, quand on a décidé qu’une équipe qui bénéficie d’une pénalité peut taper en touche et…. récupérer le lancer derrière. Changement fondamental et à notre avis, souvent oublié et sousestimé. Ainsi, une pénalité à 40 mètres des poteaux peut non seulement coûter trois points, mais souvent sept par le truchement des pénaltouches, un rendez-vous depuis longtemps incontournable. Une équipe fautive subit donc une sorte de double-peine. Parallèlement, le rugby est devenu un jeu de possession où les équipes gardent désormais le ballon sur plusieurs temps de jeu (c’était rare avant), aussi parce que le législateur a tout fait pour favoriser ce phénomène avec un wagon de nouvelles règles. Ainsi, la responsabilité de ceux qui dirigent les matchs est devenue colossale : il leur faut appliquer chaque saison de nouvelles directives et le moindre coup de sifflet contestable peut déboucher sur une longue phase de possession pour l’équipe bénéficiaire avec situation d’essai à la clé. On se souvient alors des paroles de Guy Roux dans une émission de radio. L’ancien entraîneur d’Auxerre aime bien taquiner le rugby avec malice. Il disait en substance : « Dans certains matchs serrés, c’est l’arbitre qui fait le score. » L’expression nous a frappés, on se la répète souvent, sans jamais en vouloir à ces arbitres à qui on en demande trop

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