Champions Cup - Le (nouveau) baptême du feu d’Hastoy

  • Jusqu’ici, l’ex-palois n’avait goûté aux joutes européennes qu’à travers la Challenge Cup et "seulement" treize matchs disputés pour cinq titularisations entre 2017 et 2020. Photo Icon Sport
    Jusqu’ici, l’ex-palois n’avait goûté aux joutes européennes qu’à travers la Challenge Cup et "seulement" treize matchs disputés pour cinq titularisations entre 2017 et 2020. Photo Icon Sport
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Un an et demi après ses débuts en Bleu, une semaine après sa centième en Top 14, le successeur d’Ihaia West va enfin découvrir la plus grande des compétitions européennes. Avec la ferme volonté d’élever son niveau de jeu.

L’anecdote lui fait esquisser un sourire, au moment de plonger dans ses archives. "Mes premiers souvenirs de coupe d’Europe ? Je suis allé voir quelques matchs, gamin, à Anoeta (Saint-Sébastien, N.D.L.R). Je me souviens de ce quart de Biarritz contre… ben d’ailleurs, je crois, Northampton !" Les plus superstitieux y verront un signe du destin. Quinze ans après ce douloureux 1er avril 2007, c’est justement face au bourreau du BO de l’époque qu’Antoine Hastoy fera ses premiers pas, samedi, en Champions Cup. À 25 ans. Excité comme une puce.

Lundi, sur l’une des terrasses de l’Apivia Parc où il nous a reçu une demi-heure, le nouveau maître à jouer du nouvel ogre européen – finaliste malheureux en 2021, vainqueur homérique cette année – trépignait déjà d’impatience d’être sur la pelouse de Deflandre. "C’est aussi pour avoir des gros matchs comme ça à jouer que je suis venu à La Rochelle, insiste celui qui a quitté l’été dernier son club de cœur, la Section paloise, cantonnée à la bien moins relevée Challenge Cup. En voyant ces images incroyables de la parade sur le Vieux port, je me suis dit que j’avais vraiment fait le bon choix."

Alors que La Rochelle aborde pour la première fois de son histoire une compétition dans le costume de tenant du titre, Antoine Hastoy a la lourde tâche de succéder à l’ouverture au décrié mais sacré Ihaia West, génial animateur capable du meilleur comme du pire dans l’exercice souvent vital des tirs au but. De ce contexte, l’heureux héritier assure en faire abstraction, malgré les réflexions entendues ici et là sur l’éternelle quête d’un "grand buteur". Ça ne l’exempte pas pour autant de "sentir une petite boule", à l’approche de ses grands débuts dans la compétition reine du vieux continent. "Je dois prouver que je suis à la hauteur des attentes et de ce qu’ils ont fait face au Leinster, sait Hastoy. La coupe ? Je l’ai vue mais je n’ai pas osé faire des photos avec (rires), je ne l’ai pas gagnée." Partie remise ?

Se "libérer" davantage

Si l’ouvreur aux deux sélections avec le XV de France a pour lui une solidité avérée face aux perches – il tourne à 83 % de réussite à bientôt mi-saison de Top 14 et vise, a minima, les 85 % – le néo-Rochelais n’est "pas pleinement satisfait" de son influence dans le jeu maritime depuis son arrivée. "Mon début de saison est en dents de scie, à l’image de l’équipe. Apprendre à connaître tout le système et tout le groupe prend du temps mais j’aurai aimé que ça aille plus vite et faire beaucoup mieux… Même blessé (il est resté un mois éloigné des terrains, N.D.L.R) et coupé dans l’élan, on peut travailler avec le groupe. Il y a quelques matchs qui me… C’est frustrant."

"Je peux beaucoup plus apporter, plaide Antoine Hastoy. Quand je revois certaines actions à la vidéo, des fois, je me dis : "put***, peut-être que l’an dernier, j’aurai pris plus d’initiatives, plus les choses en main…" Tout est nouveau pour moi ici, certes, mais on me met en confiance, il n’y a pas d’excuse, c’est à moi d’être meilleur. Il faut que j’arrive à me libérer encore plus et jouer mon jeu. J’y travaille avec "ROG"."

"ROG". Entendez Ronan O’Gara, le patron du staff rochelais. "On discute beaucoup, on a une très bonne relation, il n’y a pas de zone d’ombre avec lui. Si tu n’es pas bon, il te le dit. Si tu fais des choses bien, il te le dit aussi. C’est toujours constructif, apprécie Hastoy. Après l’amical (en août), il m’a pas mal bousculé, il voulait que je prenne plus les rênes. Au final, ça avait bien marché contre Montpellier." D’où, en partie, les lauriers récemment tressés par O’Gara dans les colonnes de Sud Ouest : "Antoine est plein d’énergie. Il est encore meilleur que ce que je pensais". "Ah oui ? C’est très bon à prendre, en sourit son protégé. J’ai envie qu’il redise des choses comme ça." La balle est dans son camp.

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Romain ASSELIN
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