Champions Cup - L'histoire du week-end : Castres offre le foot sur un plateau

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En concurrence avec le France - Angleterre de la Coupe du monde de football, le Castres olympique a tout fait pour permettre aux courageux présents au stade de vivre l’événement. Un geste apprécié.

Samedi soir, la Champions Cup de rugby est entrée en concurrence avec la toute-puissance du football. Pendant que le Castres olympique accueillait les Chiefs d’Exeter pour la première journée, les Bleus du foot jouaient au Qatar, en quarts de finale de Coupe du monde, un des matchs les plus importants de leur histoire contre les Anglais. Pour le CO et son trésorier, cette affiche de Champions Cup aurait pu être un match de gala. Ce n’est pas "n’importe qui" qui débarquait sur le pré de l’enceinte castraise puisque Exeter concentre une pléiade de stars et d’internationaux anglais et écossais (Hogg, Simmonds, Nowell, etc.).

La faute au football (et peut-être un peu aussi à la météo glaciale), la jauge ne fut pas celle attendue. Pour les quelques 5 000 supporters castrais présents au stade, il a donc fallu faire un arbitrage douloureux : suivre son équipe de cœur dans le froid glacial des travées de Pierre-Fabre ou assister à un morceau d’histoire dans le confort duveteux de son canapé. "Je ne me suis même pas posé la question", avouait Alain, un habitué de l’enceinte castraise venu au stade avec son fils. Bonnet vissé sur la tête et chaude écharpe nouée autour du coup, le quadragénaire préfère clairement vivre le rugby en présentiel plutôt que le foot par procuration : "C’est vrai que nous ne sommes pas très nombreux et que le stade sonne un peu creux. Mais je ne me voyais pas annuler ma venue ici, prévue de longue date, pour regarder un match de foot. J’apprécie tous les sports mais ma passion, c’est le rugby et rien ne remplace l’adrénaline d’un match vécu en direct au stade."

Ce qui n’empêchera pas le jeune papa d’avoir les yeux rivés sur son téléphone afin de suivre de loin l’avancée du match des Bleus de Didier Deschamps. Un œil sur le rugby, l’autre sur le foot. L’adage valait aussi en tribune de presse, où les ordinateurs tournaient à plein avec les images du football en sourdine pour meubler les temps morts du match de rugby. Et autant l’écrire tout net, personne ne sut étouffer ses cris de joie quand Harry Kane satellisa son ballon loin au-dessus du but tenu par Hugo Lloris.

Castres a ravi les supporters

Le CO est un club à taille humaine qui pense à ses suiveurs. Conscients du fâcheux télescopage avec le crunch du foot, les dirigeants castrais ont décidé de faire plaisir aux supporters présents au stade en diffusant l’affiche avant le coup d’envoi du rugby dans les différentes loges et dans la salle de réception 1 906. Ce qui permit aux fans de suivre le match de l’équipe de France, qui avait commencé à 20 heures jusqu’au coup d’envoi du CO à 21 heures.

Et dans un merveilleux hasard, où toutes les planètes s’alignaient, le match de foot touchait à sa fin durant la mi-temps du rugby. C’est le moment que choisit le CO pour basculer les images du Qatar sur les écrans géants du stade avec le son sur les haut-parleurs de l’enceinte. Tout un stade put ainsi voir en direct les Bleus triompher de l’Angleterre et se qualifier pour la demi-finale. Un "cadeau" du CO très apprécié en tribunes, même si ceux qui avaient enregistré le match de foot en espérant se préserver du résultat final pour le revoir chez eux au calme ont vu leur projet pour le moins "divulgâché". Parmi ceux-là, notre confrère Cyrille Masson se rendait à l’évidence en vivant le succès des Bleus : "C’était couru d’avance mais quel pied !"

Dans un élan patriotique, les supporters présents ne tardaient pas à entonner une vibrante Marseillaise qui prit aux tripes toute l’assistance, y compris les journalistes anglais présents en tribune de presse. Un peu chagriné mais pas trop, le journaliste radio Mark Stevens glissera un cinglant "one-one" en quittant son siège après la victoire des Chiefs, histoire de rappeler que si les Anglais du foot ont perdu, ceux d’Exeter ont bien battu les Castrais. Sorry, good game. Sans rancune.

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