Procès Laporte/Altrad : Bleus, Galthié, ses adjoints... Quel impact pour le XV de France ? 

  • Le sélectionneur l'a avoué : son destin est souvent lié à celui de Bernard Laporte. De là à quitter le staff du XV de France en cas de changement de gouvernance ?
    Le sélectionneur l'a avoué : son destin est souvent lié à celui de Bernard Laporte. De là à quitter le staff du XV de France en cas de changement de gouvernance ? Icon Sport - Anthony Dibon
Publié le , mis à jour

Condamné ce mardi et invité à démissionner par la ministre des Sports, le président de la FFR Bernard Laporte n'a jamais semblé aussi fragilisé. Et le XV de France dans tout ça ? Peut-il être touché par toute cette affaire ? Ce n'est pas à exclure quand on sait le binôme que Laporte forme avec le sélectionneur Fabien Galthié. Explications.

Parmi toutes les conséquences possibles à cette affaire, il y en a sûrement une que guette particulièrement le grand public : ces condamnations, et surtout l'état brumeux dans lequel se trouve actuellement le rugby, peut-il avoir des répercussions sur la bonne santé du XV de France ? A première vue, difficile de l'imaginer... Il s'agit d'un acte de justice qui a finalement peu à voir avec la stricte question sportive et dont les internationaux actuels sont par nature éloignés. Mais la réalité est bien plus complexe que cela. Si les supporters se passionnent de nouveau pour leur équipe nationale, c'est d'abord parce qu'elle gagne. Les Bleus sont sur une série de treize victoires d'affilée et ont signé une année 2022 parfaite : dix succès en autant de rendez-vous et un grand chelem que le pays attendait depuis 2010. Une réussite due évidemment à l'émergence d'une génération exceptionnelle, celle des Dupont, Alldritt, Penaud, Ntamack et autres. Mais aussi à l'efficacité d'un staff aussi compétent que fourni. La FFR, sous la gouvernance de Bernard Laporte, a choisi de mettre des moyens jamais déployés jusque-là pour s'offrir un encadrement pléthorique et lui donner des conditions de travail inédites. Et un homme incarne, au-delà de tout, cette nouvelle dimension : le sélectionneur Fabien Galthié.  

 

Galthié-Laporte, un lien indéfectible

 
Or, le rapport qu'entretient Bernard Laporte avec le technicien est extrêmement fort. C'est lui qui l'a nommé et qui, quelque part, a imposé sa présence auprès de Jacques Brunel lors de la Coupe du monde 2019 pour lui faire gagner du temps dans sa (future) mission. Galthié, ce qui avait fait l'effet d'une bombe à l'époque, n'avait pas hésité à lier son destin à celui de son président avant la dernière élection fédérale. En septembre 2020 et en pleine campagne, à la question « une victoire de l'opposition pourrait-elle remettre en cause votre mission ? », il avait ainsi répondu dans nos colonnes : "Si jamais la question devait se poser après les élections, je réfléchirai à celle-ci le moment venu. [...] J'ai bien pesé les mots de ce que je vous ai dit. Depuis vingt ans, mon destin est lié à celui de Bernard, c'est un fait. Un lien très fort existe entre nous. Il m'a fait confiance pour remettre l'équipe de France sur le bon chemin. Il m'a nommé pour cela. La question ne se pose pas aujourd'hui, elle pourrait se poser après les élections. Effectivement." Une prise de position alors dénoncée dans le camp de Florian Grill et qui avait peut-être été décisive dans la réélection de Laporte, l'écart ayant été serré à l'arrivée. 
 
Reste que Galthié et Laporte, qui connaît bien le métier de sélectionneur pour l'avoir exercé durant plus de sept ans, forment depuis début 2020 un véritable binôme. "Le mode de fonctionnement du staff au quotidien se fait en collaboration étroite avec Bernard Laporte, avec sa validation", explique ainsi l'ancien demi de mêlée. C'est une des raisons pour lesquelles il avait accepté l'offre de prolongation jusqu'en 2028, comme Laporte l'avait lui-même annoncé au groupe de joueurs en mars, après le grand chelem français. "Ce n’est pas seulement une offre, un contrat, avait alors commenté Galthié. C’est un projet. Ce qui me permet de remercier Bernard Laporte parce qu’il y a trois ans, jour pour jour, il est venu me chercher à Toulon, dans ma maison, pour nous proposer ce challenge qu’on a construit notamment au départ sur le staff et sur les compétences. [...] Moi, je n’étais pas pressé. Je vis très bien la situation, je suis très heureux, je suis très épanoui dans cette mission, mais je suis très honoré qu’il ait pris soin de l’annoncer. Je le remercie pour sa confiance. Je le remercie pour son estime." C'était donc une promesse de continuité pour la sélection... Mais qu'en est-il désormais avec la condamnation de Laporte ? Galthié, au vu de sa connexion indéfectible avec celui qui l'avait nommé capitaine du XV de France au début des années 2000, peut-il (ou veut-il) rester en poste s'il n'est plus là ? 
 

La cohabitation avec le camp Grill est-elle possible ?

 
La question se posé déjà évidemment en cas de démission de Bernard Laporte dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines. Quand, en janvier dernier, Galthié avait été interrogé sur l'actualité judiciaire de son président dans Midi Olympique, il avait martelé : "Où en sont l'équipe de France féminine, l'équipe de France masculine, l'équipe de France à 7 féminine ? C'est parce que Bernard a mis en place une politique sportive compétitive pour le rugby français au niveau mondial. [...] Notre président est un grand président. Mon sentiment personnel, c'est que lorsqu'on touche à Bernard, on attaque l'institution." Encore une prise de position claire et assumée, qui fragilise l'idée de le voir travailler avec une autre gouvernance. Serait-il prêt à quitter le navire à quelques mois du Mondial à domicile si la volonté de la ministre des Sports était respectée ? Ce serait un tel tremblement de terre que personne ne souhaite aujourd'hui l'imaginer, d'autant que les Bleus n'ont jamais semblé aussi bien armés pour soulever le trophée Webb-Ellis. Mais, même si Laporte choisit de poursuivre sa mission dans l'attente de son procès en appel, il convient de se projeter sur l'après-2023. 
 
La situation actuelle peut-elle remettre en cause la prolongation de Fabien Galthié ? S'il est permis d'avoir un sérieux doute, c'est aussi parce que celle-ci a certes été annoncée oralement mais elle n'a jamais été officialisée. Ce qui a d'ailleurs récemment fait naître quelques fantasmes sur le futur de l'intéressé, lequel aurait reçu quelques offres, dont une faramineuse venant du Japon. Les deux camps fédéraux se sont tant déchirés ces dernières années que la cohabitation entre Galthié et l'équipe de Florian Grill (même si lui et ses proches ont toujours loué le travail et les compétences du sélectionneur) pourrait ne pas être des plus évidentes. Galthié, lui-même, l'accepterait-il ? Reste enfin le cas de ses adjoints. Si Laurent Labit et Karim Ghezal ont déjà signé au Stade français, le responsable de la défense Shaun Edwards et le co-entraîneur des avants William Servat ont récemment indiqué avoir prolongé leur contrat. Or, là aussi, les négociations ont directement été menées avec Bernard Laporte.
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Les commentaires (2)
monach Il y a 1 mois Le 15/12/2022 à 18:02

houlala lorsque les egos entrent en jeu, [ce qui n'a rien à voir avec le jeu], malheureusement tout est possible......

Jvdirect Il y a 1 mois Le 14/12/2022 à 22:09

Il faut laisser l EDF en dehors des turbulences du President. J espere que s il y a un successeur il continuera a protéger l EDF a 1an de la CDM en France.