Champions Cup - La Rochelle : de Belfast à Dublin, récit d’un "week-end dingue"

  • 17 December 2022; Suspended La Rochelle head coach Ronan O'Gara sits in the stands during the Heineken Champions Cup Pool B Round 2 match between Ulster and La Rochelle at Aviva Stadium in Dublin. Photo by Ramsey Cardy/Sportsfile 
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    17 December 2022; Suspended La Rochelle head coach Ronan O'Gara sits in the stands during the Heineken Champions Cup Pool B Round 2 match between Ulster and La Rochelle at Aviva Stadium in Dublin. Photo by Ramsey Cardy/Sportsfile Photo by Icon Sport Sportsfile / Icon Sport - Sportsfile / Icon Sport
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À moins de 24 heures du coup d’envoi, le match entre l’Ulster et La Rochelle a été déplacé à Dublin, à l’Aviva, pour un huis clos… finalement ouvert aux supporters maritimes. Retour sur un drôle de samedi entre les deux "Irlande".

Avant même le coup d’envoi de ce qui s’annonçait être une guerre, l’Ulster avait perdu une bataille. Vendredi, à 21 heures locales, un communiqué émanant de l’organisateur a acté la nouvelle tant redoutée du côté de Ravenhill : "L’EPCR confirme qu’il a été décidé de déplacer la rencontre de la 2e journée de Champions Cup entre l’Ulster Rugby et le Stade rochelais qui devait avoir lieu initialement au Kingspan Stadium de Belfast et qui se jouera désormais à Dublin, dans un stade qui sera confirmé dès que possible." Depuis des jours, les petites mains de la province nord-irlandaise redoublaient d’efforts et d’inventivité pour préserver la pelouse des affres des températures négatives. En vain, donc : la décision de M. Pearce et des pontes était irrévocable.

En un instant, l’Ulster venait de perdre une affiche quatre étoiles sur son territoire, le soutien de 15 000 supporters et plusieurs centaines de milliers de livres de billetterie, aussi. Autant de raisons d’enrager. À 10 h 35 le matin du match, alors que l’enceinte de repli n’était pas encore officiellement connue – le RDS avait été pressenti dans un premier temps, Jonny Petrie, le directeur exécutif de la province, se fendait d’un tweet rageux : "Je me tiens à l’instant au milieu d’une pelouse dure mais jouable. Dire que je suis frustré est bien loin de ce que je ressens à l’heure actuelle, pour être honnête. Quel gâchis pour tous les supporters, le staff et les joueurs de l’Ulster." D’autant plus que, pour des raisons liées à l’organisation et à la sécurité, l’affiche allait se tenir à huis clos dans la capitale. En terrain -presque- neutre et sans fans, donc.

"Ça ne peut faire que nous souder"

Le samedi, les Maritimes et leurs hôtes ont donc été contraints de migrer deux heures plus au Sud. Une frontière plus tard, ils se sont engouffrés dans l’Aviva Stadium, l’antre du XV du Trèfle, où une petite surprise attendait les visiteurs : 160 supporters jaune et noir avaient finalement été autorisés à assister à la rencontre, donnant au huis clos des allures de match à l’extérieur pour les Nord-Irlandais. Croisé dans les travées de l’enceinte, Pierre Venayre savourait cet heureux dénouement : "Comment on a fait ? Eh bien on a beaucoup travaillé, on a beaucoup discuté", résumait le directeur général, visiblement éreinté par cet imbroglio administratif. La passion du peuple charentais ne valait-elle pas ces efforts ? Sans doute. À la demi-heure de jeu, les "Ici, ici, c’est La Rochelle" ont commencé à résonner dans la coquille vide. Un beau témoignage de soutien pour la bande à Alldritt. Et un comble pour le camp d’en face.

Après le coup de sifflet final, Dan Mc Farland, le boss des Nord-Irlandais, en riait jaune : "Apparemment, c’était la délégation du club. Je n’en avais jamais vu de telle." Pour le reste, l’Anglais ne décolérait pas : "Mon opinion personnelle est qu’à 10 heures ce matin (samedi, N.D.L.R.), j’étais sur la pelouse du Kingspan et qu’elle était praticable. J’y étais la veille au soir et tout le monde disait déjà ça. La pelouse était incroyable étant donné les circonstances. En plus, ça ne pouvait que s’améliorer car le temps allait changer. Mais on nous a volé cette décision." Au passage, l’interprétation rochelaise de l’état du terrain du Kingspan Stadium était toute autre.

Pour le manager de l’Ulster, la question dépassait le simple fait d’évoluer ou non à la maison : "Une rencontre de coupe d’Europe de rugby, c’est beaucoup plus que ce qui se passe entre quatre lignes. C’est bien plus. Ça fait plus de vingt ans que je joue cette compétition. Il y a un esprit, une âme. Où est-ce que tout ça était ? C’était comme de l’e-sport." À ce petit jeu-là, les Rochelais ont été les plus forts. Grégory Alldritt, flegmatique en toutes circonstances, parvenait même à extraire du positif de ce feuilleton : "Des voyages, on en a déjà fait des plus compliqués. Comme Ronan et le staff l’ont dit, l’important était de s’adapter. Le week-end était dingue. Ça ne peut faire que nous souder", concluait l’international avant de monter dans le bus pour Belfast d’où la troupe devait décoller avant le lever du soleil, le lendemain matin.

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Vincent BISSONNET
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