Boxing Day : l'économie, la cerise sur le cadeau

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Pour les trésoriers des clubs, le Boxing Day est une véritable bénédiction. Durant ces jours de fêtes, toutes les strates de l’économie du rugby tournent à plein régime, atteignant des taux de rêve.

Pour ou contre le Boxing Day ? On peut être conservateur et ne pas aimer cette nouvelle tradition venue d’outre-Manche, penser que les fêtes de fin d’année doivent être sacralisées au point de laisser tous les travailleurs qui gravitent autour d’un match de rugby professionnel profiter de leurs familles. Au contraire, on peut adorer l’idée de prolonger la magie de Noël autour d’un match de rugby, un chocolat chaud et un bretzel trop salé à la main. Le débat est ouvert et il le sera toujours. Mais force est de constater que d’un point de vue purement économique, les Boxing Day sont toujours de franches réussites pour les clubs, ce qui laisse à penser que les amateurs de rugby ont choisi leur camp et qu’ils appartiennent plutôt à la frange de ceux qui n’ont rien contre l’idée de passer du temps au stade durant les fêtes de fin d’année.
Car c’est systématique depuis l’instauration de cet événement en France : la LNR enregistre ses plus fortes affluences à l’occasion du Boxing Day. Si l’on se réfère, par exemple, à l’année 2019, la dernière à ne pas avoir été impactée par la pandémie de Covid-19, les chiffres sont assez éloquents. Ainsi, cette année-là, à l’occasion de la journée 11, jouée les 21 et 22 décembre, les sept stades de Top 14 mobilisés ont enregistré la venue de 110 000 spectateurs cumulés, soit une hausse de 20 % par rapport à la moyenne de cette saison avec un record historique battu par l’Union Bordeaux-Bègles, qui avait ce jour-là explosé sa jauge d’affluence en accueillant 37 911 spectateurs au Matmut Atlantique.

Un cercle vertueux

Le plus fou ? C’est que la douzième journée, disputée les 28 et 29 décembre, a fait voler en éclats ces marques repères. Avec 17 500 spectateurs en moyenne sur les sept stades de Top 14, cette douzième journée a accueilli 122 000 supporters avec en guise de climax un Toulouse – Toulon de tous les diables, disputé dans un Stadium de Toulouse plein à craquer (32 602 fans présents). Des chiffres fous et inespérés sur une journée de championnat classique. Dans une moindre mesure, le Pro D2 bénéficie aussi du rayonnement : en 2019, le deuxième étage professionnel a lui aussi battu un record d’affluence cumulé avec plus de 50 000 spectateurs présents au sein des huit stades mobilisés. Au final, ces deux journées de Top 14 et cette journée de ProD2 ont attiré plus de 280 000 personnes dans les stades. Fou !
Et le cercle est vertueux. La manne ne s’arrête pas à la billetterie. Une fois dans l’enceinte du stade, les supporters se font plaisir et consomment un peu plus qu’à l’accoutumée, comme portés par l’allégresse et l’ambiance de fête, bien aidés, aussi, par les clubs qui redoublent d’ingéniosité pour maximiser les profits. Les boutiques et autres buvettes enregistrent en moyenne une hausse de leur fréquentation de l’ordre de 20 à 30 %. Ainsi, on profite souvent de la venue au stade pour achever la liste des cadeaux du père Noël : une écharpe par-ci, un bonnet par-là et pourquoi pas le maillot extérieur ou le kit Europe pour compléter la panoplie du frangin ? Les boutiques des clubs enregistrent une hausse d’affluence liée à la hausse de fréquentation du stade et à la proximité de Noël. Le ticket moyen y est un peu plus élevé, aussi, que les autres jours de championnat. Ce constat est à nuancer en faisant bien le distingo entre les journées jouées autour de Noël et celle disputées autour du premier de l’an.Dans les boutiques, les premières ont un retentissement beaucoup plus important que les deuxièmes, en surfant sur la proximité du passage du grand barbu venu de Laponie.
Les chiffres montrent aussi que ceux qui ne vont pas au stade et qui restent bien tranquillement chez eux consomment aussi du rugby. Thomas Brugeron, chargé de communication à la LNR, le crie haut et fort : « Le Boxing Day nous permet de réaliser systématiquement nos meilleures audiences sur les chaînes du groupe Canal + ». Ainsi, à titre d’exemple, citons le Boxing Day de la saison 2020-2021 et le match Toulouse – Bordeaux-Bègles a réuni 713 000 téléspectateurs, avec un pic d’audience à 903 000. Un record toutes cases horaires confondues.
Après deux années où les recettes des clubs ont été impactées par le Covid-19, le point de passage du Boxing-Day sera très attendu cette saison pour essayer de compenser un peu les pertes des saisons précédentes. Au moment de la création du calendrier, les membres de la LNR ont eu la bonne idée de programmer la journée des derbys sur ce Boxing Day 2022-2023. De quoi ajouter un petit supplément d’âme à ces matchs toujours très suivis et régaler encore un peu plus les trésoriers des clubs, les vrais grands vainqueurs de cette mode anglo-saxonne.

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