Boxing Day : une tradition lucrative venue d’Angleterre

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    Boxing Day : une tradition lucrative venue d’Angleterre Bpi / Icon Sport - Bpi / Icon Sport
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Le football anglais a compris depuis longtemps la puissance de ces journées des fêtes de fin d’année. Il privilégie l’intérêt des spectateurs et téléspectateurs sur celui des acteurs du jeu. C’est la rançon du professionnalisme.

La journée du Boxing Day est une vraie invention du football anglais. Elle est très ancienne, le premier match recensé date du 26 décembre 1860. Il opposait le Sheffield FC à son voisin le Hallam FC. Il faut bien comprendre que le 26 décembre est devenu un jour férié en Grande-Bretagne. Il correspond, paraît-il, à la journée où les maîtres offraient des cadeaux dans des petites boites à leurs domestiques, autorisés à revenir voir leur famille au lendemain de noël. Tous les historiens ne sont pas d’accord sur cette version, d’autres évoquent des offrandes déposées dans les églises pour les plus pauvres, d’autres des offrandes mises de côté par les marins partis en mer et redistribuées à leur retour en cas de bonne fortune.

La LNR s’y convertit à la fin des années 2000

Peu à peu, une tradition s’est installée, celle d’une journée spéciale du championnat d’Angleterre de foot, dédiée aux derbys pour éviter aux supporteurs de trop longs déplacements au lendemain de Noël. Au fil du temps, avec le professionnalisme et la médiatisation, la journée est devenue de plus en plus spécifique au point d’être traitée comme un événement en soi avec des matchs échelonnés tout au long de la journée pour créer un effet de continuité. C’est à partir des années 60 que le foot anglais semble avoir pris conscience de la puissance de cette tradition.
Avec l’avènement du sport spectacle et la vision mercantile des compétitions, la notion de Boxing Day a été vraiment mise en musique. Les dirigeants se sont aperçus que cette période de la fin de l’année recelait un vrai potentiel commercial et festif. Une étude a montré que les affluences ne descendaient pas en dessous d’un taux de 90 % de remplissage. Les audiences télévisées aussi s’en sont trouvé dopées, même si la notion de derby a été mise de côté.
La notion de Boxing Day s’est étendue à la période qui, en gros, va du 23 décembre au 1er janvier. Le rugby anglais l’a copié lui aussi quand il a mis en place son championnat d’élite. Il y aura cette année deux matchs le 24 décembre à 16 heures et deux le vendredi soir 23 décembre, puis trois le 31 décembre et un le 1er janvier.
La LNR aussi a cédé à la mode à la fin des années 2000, avec l’idée plus récente de consacrer une des deux journées aux derbys (Toulouse-Castres, Stade Français-Racing….). Et les recettes sont au rendez-vous. Evidemment, les joueurs sont les perdants (relatifs) de ce rendez-vous puisqu’ils se retrouvent privés de vacances au sens large, et même souvent de soirées de réveillon. En football, la plupart des autres championnats respectent une trêve à ce moment-là. Mais cette affaire du Boxing Day dit quelque chose de l’esprit des compétitions modernes. Le spectateur, en tant que consommateur, y est clairement privilégié par rapport aux acteurs du jeu.

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