Top 14 - L'enseignement du week-end : Bordeaux inaugure sa nouvelle ère

  • Les joueurs de l’UBB ont exulté au coup de sifflet final.
    Les joueurs de l’UBB ont exulté au coup de sifflet final. Icon Sport
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Un mois après l’éviction de l’emblématique Urios, ce succès girondin arraché chez le champion d’Europe pourrait bien marquer l’avènement du duo Laïrle-Charrier. Le Bordeaux nouveau cru a pris date à Deflandre.

Fallait-il y voir un signe ? À l’ouverture des portes de Deflandre, on se serait cru… À Bordeaux ! Tiens, comme au printemps quand le public rochelais avait neutralisé celui de Chaban, avant de voir les siens, dès le match aller de Champions Cup, mettre un pied et quatre orteils en quarts. Un semestre plus tard, l’UBB, accueillie par son bouillant "kop", a rendu la monnaie de sa pièce à sa bête noire, imbattable, jusqu’alors, depuis trois ans. C’est un fait. Jamais Christophe Urios n’avait trouvé la clé dans l’antre du champion d’Europe. Ses anciens adjoints, si. Tout un symbole, cinq semaines après l’ouverture brutale d’un nouveau chapitre. Ou comment - en s’appuyant sur une «stratégie très simple, aux yeux de Zack Holmes. Jeu au pied et conquête» et en contrant La Rochelle sur ses bases - ce succès d’ampleur vient légitimer la prise de fonction transitoire du duo Julien Laïrle-Frédéric Charrier.

«Le début de la révolte»

Refusant, prudent, de se projeter plus loin que la double réception à venir, de Montpellier puis de Bayonne, le premier nommé n’en savoure pas moins ce qui ressemble, vision d’observateurs, à un acte fondateur. «On gagne chez les champions d’Europe, ce n’est pas anodin ! On est en train d’essayer d’écrire un petit parcours. Il nous reste sept mois à vivre à l’UBB, Fred et moi. Nous essayons d’amener notre touche. Les joueurs sont très investis.» Certaines images valent mille mots. Rien que celle, déjà, de Maxime Lucu, en transe, à genoux, tapant des poings sur la pelouse de Deflandre. «Regardez bien leurs réactions à la fin, ne manque d’ailleurs pas de souligner Ronan O’Gara. Tous par terre ou à sauter en l’air. Certaines équipes font leur saison pour gagner ici. Ça va être un tournant dans celle de Bordeaux. Bravo à eux.» Beau joueur, le manager en sait quelque chose. Il n’y a qu’à voir le changement de braquet de la Section paloise depuis la prise du bastion de l’Atlantique (21-38), mi-octobre.

21 h 30. Le match est terminé depuis bientôt une heure, un Girondin se présente enfin aux journalistes. L’ambiance dans le vestiaire ? «J’ai perdu un peu la voix», sourit le pilier Sipili Falatea, dont les propos traduisent la portée de ce premier succès référence de l’UBB délestée d’Urios. «Le début de la révolte. On a voulu faire passer un message. Nous n’avons pas tout soldé mais cette victoire peut être le fil conducteur pour la suite. Elle nous prouve qu’on peut faire de grandes choses, il suffit juste d’avoir confiance. Repartir avec quatre points, c’est le plus beau cadeau de Noël.»

«C’est sûr que ça faisait un moment qu’on tirait la gueule», rebondit Julien Laïrle. Mais l’ancien manager de Soyaux-Angoulême (2013-2019), qui a guidé le club charentais de Fédérale 2 au Pro D2 en l’espace de trois ans, sait par expérience l’absolue nécessité de «vite basculer. Surtout nous, le staff». Après le champion d’Europe, quoi de mieux que la réception du tenant du Brennus, pour tenter de magnifier cette nouvelle ère ?

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Romain Asselin
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