L'édito : Jouez, c’est le moment

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L'édito du lundi 26 décémbre par Emmanuel Massicard...

Avez-vous trouvé votre bonheur au pied du sapin ? Ou peut-être bien, comme nous, dans les stades de Top 14 ? Oui, oui, dans les stades. Où l’on a encore joué au rugby, à l’appel du "Boxing Day" !

On peut certes regretter d’avoir copié nos amis anglais en adoptant ce barbarisme au lieu d’adopter une traduction à la mesure de ce que nous sommes, reconnaissons quand même la magie du rendez-vous que nous venons de vivre ce week-end. Et qui est désormais bien ancré dans les mœurs du rugby français. La preuve, cette 13e journée de Top 14 fut un théâtre qui afficha complet dans tous les stades (en dehors de Montpellier). Les présidents de club peuvent se frotter les mains, la programmation est gagnante.

Il est loin le temps où les championnats domestiques faisaient relâche au cœur de l’hiver, manière de laisser se reposer les corps autant que les esprits avant d’entamer le Tournoi ; manière, aussi, de ne pas avoir à jouer sur des terrains dignes de vrais marécages.

Notre sport, où il est tant question de rituels et du respect des traditions, a donc repoussé le champ de ses habitudes, ses frontières et ses carcans pour se mettre à la page. Qu’importent le moment et la météo (merci les pelouses synthétiques ou hybrides), on joue désormais quand il le faut (c’est-à-dire à la moindre date disponible dans le calendrier pour éviter les doublons). Surtout, on joue quand le spectateur a du temps libre, qu’il peut se rendre au stade ou se poser devant la télé.

Pour les vacances au soleil, messieurs les joueurs vous repasserez plus tard. Pour le moment, c’est concours de pull moche en laine avec bonnet (rouge) de rigueur. Et tout le monde est sur le pont, engagé pour la bonne cause : celle des Restos du Cœur avec une collecte organisée ce week-end (l’an dernier, 90 000 euros avaient ainsi été récoltés). Vous l’aurez compris, le "Boxing Day" (celui qui trouve LA bonne appellation pour remplacer ce foutu nom gagne un abonnement à Midol en digital à vie !) n’est pas qu’une affaire de marketing et de gros sous, il est également une vitrine ouverte sur ce que notre sport peut avoir de plus de fort : sa capacité à se fédérer et à faire preuve de solidarité.

Vous me direz, la période s’y prête. Et vous aurez raison. Au moment où le rugby français sort d’un épisode judiciaire dont il se serait bien passé (et nous avec), au moment où la fédération va changer de président avec le retrait programmé de Bernard Laporte, au moment où les clubs amateurs seront ballottés d’un camp à l’autre et surtout mis en difficultés par le contexte économique, cette parenthèse est un précieux coin de ciel bleu dans la grisaille.

Ne boudons pas notre plaisir et profitons de ces moments de fête qui nous ramènent forcément à l’enfance. L’année qui s’achève fut formidable au plan sportif avec le grand chelem des Bleus et leur invincibilité, avec les titres de Lyon, La Rochelle et Montpellier, avec la 3e place des filles dans leur Coupe du monde, sans oublier la qualité des feuilletons qui nous tiennent en haleine pendant près de 10 mois sur le front du Top 14 et de la Pro D2. Et dire que dans neuf mois, le Mondial nous tendra les bras !

Emmanuel MASSICARD
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