Amateur : vers une refonte de la pyramide des compétitions chez les jeunes

  • Patrick Buisson, vice-président de la FFR en charge des amateurs, travaille sur une réforme de la pyramide des compétitions chez les jeunes.
    Patrick Buisson, vice-président de la FFR en charge des amateurs, travaille sur une réforme de la pyramide des compétitions chez les jeunes. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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À moyen terme, les compétitions amateurs chez les jeunes seront refondues, à l’image de ce qui a déjà pu être fait chez les séniors. L’objectif ? Fidéliser les jeunes joueurs et les nouveaux licenciés.

Réforme des compétitions, acte II ! Après avoir complètement redessiné la pyramide des compétitions séniors, la FFR va s’attaquer à un nouveau chantier, celui des compétitions de jeunes. "Parmi toutes les missions qui lui incombent, la Fédération française de rugby se doit de travailler sur le développement", explique Patrick Buisson, l’actuel vice-président de la FFR en charge du rugby amateur. "Nous allons mettre en place d’ici à 2025 une nouvelle pyramide des compétitions pour les jeunes." La FFR voudrait repenser le système de compétition chez les jeunes, afin de ne plus forcément faire la part belle aux championnats de plus haut niveau (Super Challenge en moins de 14 ans, élite Gaudermen et Alamercery en cadets, Crabos en juniors) Avec en mains une étude très documentée fournie à la FFR par l’Ucraf (Union des clubs de rugby amateurs français) faisant apparaître de fortes dispersions de jeunes joueurs parfois tentés d’aller voir ailleurs s’ils ne passent pas le cap du haut niveau, la FFR veut "trouver des solutions pour proposer des compétitions qui seront moins élitistes, moins "tirées vers le haut"."

Sus aux rassemblements et promotion du jeu à 10 !

Dans le viseur de la FFR figurent en premier lieu les "rassemblements" qui pullulent et qui, in fine, appauvrissent les clubs d’après l’étude menée par l’Ucraf. "On ne tolérera que les rassemblements qui ont du sens. Il faudra développer la politique de bassin." Dans un premier temps, il faudra peut-être travailler sur les formes de jeu si les équipes ne peuvent pas aligner des formations à XV. "Aujourd’hui, nous avons trop d’équipes engagées par rapport au nombre de joueurs que nous avons à disposition. Il faut revoir des choses", développe Patrick Buisson. Le jeu à 10 pourrait être promu. "Les éducateurs et les techniciens, pour le moment, sont contre cette forme de jeu. Il y a un travail à faire pour les convaincre. Pour qu’un club joue en nom propre, le jeu à 10 peut être une vraie solution, ludique et intéressante pour favoriser l’amour du maillot, de l’entité".

La perspective de la Coupe du monde laisse à penser que le rugby amateur va devoir absorber au moins 30 % de licenciés supplémentaires : "En 2007 lors de la dernière Coupe du monde en France, nous avions gagné 30 % de licenciés. Ce ne sera sans doute pas moins en 2022. D’ailleurs, on enregistre déjà des augmentations d’effectifs et nous sommes le seul sport collectif à connaître de telles augmentations, explique Patrick Buisson. La vraie question est de savoir comment nous allons pouvoir fidéliser ce nouveau public qui arrive déjà et qui ne manquera pas d’arriver après la Coupe du monde. Comment faire pour que ces nouveaux pratiquants restent au rugby et ne quittent pas notre univers après une ou deux saisons ? Aujourd’hui, chez les jeunes, un nouveau licencié reste en moyenne deux ans et demi. Cela nous oblige à aller chercher énormément de nouveaux joueurs tous les ans. Les entrants sont pour le moment plus nombreux que les partants mais nous devons impérativement fidéliser nos licenciés. Il faut se poser les bonnes questions : peut-être que si nous perdons autant de joueurs, c’est tout simplement qu’ils ne sont pas contents de ce que l’on propose. Il faut être capable de reconstituer une base très importante."

À quel horizon ces réformes entreront-elles en vigueur ? Patrick Buisson et ses équipes vont laisser le temps aux clubs de s’adapter : "Les changements ne seront pas brutaux. Les clubs ne sont pas prêts. Il n’y aura rien la saison prochaine. Le chantier est ouvert. L’idéal serait que l’on puisse débuter à l’horizon 2024-2025." Désormais, la FFR va écouter les clubs pour entendre leurs doléances. Tous les acteurs seront associés dans la réflexion pour tenter de contenter le plus grand nombre.

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Les commentaires (1)
leBison Il y a 1 mois Le 31/12/2022 à 11:46

J'apprécie particulirement déjà bien cet homme . Effectivement , on ne s'affole pas , on laisse du temps au temps , on ne brusque surtout pas les choses , car il y aura très certainement et préalablement beaucoup de réunions avant que tout cela soit véritablement prêt à démarrer au bon moment . Je crois penser que ce soit dans la continuité des voeux futurs également de *Bernard Laporte* qui sans doute avant d'être ennuyé par ses affaires avait du mettre cette innovation déjà en amont pour les toutes prochaines saisons arrivantes . Dans le fond , cette idée est à respecter et loin d'être quelque part mauvaise . Si réellement en fait , cela pouvait mieux fidéliser nos jeunes joueurs , ce serait sans aucun doute pour beaucoup de monde parmi nos clubs amateurs , du tout à gagner pour l'avenir de notre *Rugby Français* .A suivre , tout simplement . Qui vivra , verra !..