Top 14 - Les secrets de Clermont pour 20 ans d’invincibilité à Michelin face à Toulouse

  • Après l’annonce de son départ, Damian Penaud sera très certainement attendu au tournant pour la suite de sa saison avec l’ASM Clermont. Photo IconSport
    Après l’annonce de son départ, Damian Penaud sera très certainement attendu au tournant pour la suite de sa saison avec l’ASM Clermont. Photo IconSport
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Invaincus en championnat dans leur antre face à toulouse depuis 2002, les auvergnats connaissent la recette pour se dépasser. et se relancer après l’échec briviste ?

À quoi reconnaît-on un grand club ? À sa constance, probablement. Sa constance dans les résultats, bien sûr, mais surtout à sa capacité à maintenir vaille que vaille un certain standing. À ce titre, le fait que la traditionnelle affiche Clermont-Toulouse oppose les deux derniers clubs de France à n’avoir jamais évolué qu’en élite résume assez bien - au-delà du palmarès brut - pourquoi Toulouse et Clermont jouent au coude à coude des fleurons de notre championnat. Ainsi, ne vous étonnez pas si un respect immense s’est institué depuis des années entre les deux clubs, les récurrentes victoires toulousaines en finale ayant du mal à faire oublier une autre réalité : son incapacité à s’imposer en championnat au Michelin, depuis désormais vingt ans.

En effet, depuis le dernier succès en date du Stade à Clermont (16-19 le 4 mai 2002), Toulouse n’a rapporté d’Auvergne qu’un match nul (20-20 en 2018) pour 17 défaites, sa seule victoire en 2021 ayant eu lieu dans le cadre de la Coupe d’Europe. Hasard ? Probablement pas à en écouter Julien Malzieu, l’ancien emblématique ailier de la maison jaunarde, au cœur du réacteur pendant une douzaine d’années.

"Toulouse, c’est le plus grand club de l’histoire du rugby français et européen, témoignait le "Zen". Quand j’étais môme, paradoxalement, je connaissais mieux Toulouse que Clermont. Parce que c’était le club qui soulevait les Boucliers, dont on voyait les matchs en Coupe d’Europe, dont les joueurs portaient aussi le maillot du XV de France… Je pense que tous les clubs français reçoivent le Stade toulousain avec la même excitation et le respect qui lui est dû, tout le monde a à cœur de faire un gros match contre le Stade. La différence, c’est que l’ASM avait un peu plus de moyens financiers et humains que les autres, notamment l’équipe de ma génération. Si bien que lorsque nous avons voulu mettre en place certaines choses face à Toulouse, nous avons pu y parvenir… J’ajoute aussi que nous avons beaucoup bénéficié de l’apport de Vern Cotter et de son staff néo-zélandais, à l’époque. Ils ont largement contribué à changer les mentalités dans l’approche de ces matchs. Il voulait qu’on arrête de regarder le grand Toulouse, qu’on soit nous aussi regardés comme la grande ASM. Et de fil en aiguille, il a réussi… On a commencé à les battre à la maison, quelquefois en phases finales. Même si on a toujours énormément respecté ce club, on a surtout eu envie de s’y confronter. Cela a donné lieu à des matchs d’une intensité incroyable et le complexe d’infériorité a petit à petit disparu."

"Affronter Toulouse, c’est le genre d’affiche qui doit transcender les joueurs"

Un fait d’autant plus remarquable qu’il s’est propagé au-delà de la génération Cotter, l’ASM, parvenant à préserver face à Toulouse son invincibilité, sur ses terres même dans ses années les moins fastes. Le genre de certitudes auxquelles il est toujours bon de se raccrocher, qui plus est dans un contexte difficile comme celui d’aujourd’hui, une semaine après l’humiliante défaite en terre corrézienne et trois petits jours après la retentissante annonce du départ de Damian Penaud à l’issue de la saison.

"Il y a eu pas mal de signaux négatifs, mais affronter Toulouse, c’est le genre d’affiche qui doit transcender les joueurs. Ça peut même être le point de départ de quelque chose de bien." Tout comme l’avait été, pour tout dire, ce match de 2006 pour la première saison de Vern Cotter, qui avait lancé la bonne dynamique auvergnate des dix ans à venir.

"À l’époque, on avait gagné 46-9. Ça avait été un match de fou et quand on se croise entre anciens, on en parle encore… Passer 40 points à Toulouse, ça reste un exploit. Ça nous a permis de croire en ce que nous faisions et petit à petit, nous nous sommes nous aussi mis à jouer les premiers rôles. Ce n’était pas le même genre de rivalité qu’avec Perpignan ou Toulon, où il y avait d’autres paramètres. Avec Toulouse, la rivalité est uniquement sportive et elle perdure, même lorsque les clubs traversent des saisons moins abouties. Le Stade a mangé son pain noir il y a quelques saisons, c’est désormais au tour de l’ASM, mais j’espère qu’ils vont continuer à préserver cette invincibilité à domicile contre Toulouse." Tout le peuple du Michelin n’en attend pas moins…

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Les commentaires (1)
fifilongagien Il y a 1 mois Le 29/12/2022 à 12:43

et bé moi j'espère que non !!!