L'édito : un temps de mémoire

  • La Rochelle, Champion d'Europe 2022, face au Leinster.
    La Rochelle, Champion d'Europe 2022, face au Leinster. Icon Sport - Icon Sport
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L'édito du vendredi par Léo Faure... L’exercice n’est pas vraiment original, on en conviendra sans trop de mal. Ni trop de honte. Car il est aussi diablement agréable à écrire et, on l’espère, à lire : la rétrospective, c’est un incontournable des fins d’années et pas seulement. C’est un indispensable. Un moment où l’on se pose, pour s’octroyer le luxe de regarder en arrière. Juste un peu. C’est essentiel, à l’heure où tout va vite, tout se consomme et se consume. Le temps de mémoire devient une denrée rare.

Cette accélération du temps et des actualités qui viennent avec, on la mesure un peu mieux à la lecture des pages qui suivent. Le rugby, frénétique dans son envie de grandir, est devenu un feuilleton hystérique où plus une semaine ne se vit sans match, plus un match ne se joue sans rebondissement et plus un journal ne s’écrit sans un transfert retentissant, une polémique de fond ou une bizarrerie de forme. On les consomme, puis on les oublie. Les voici gravés dans le marbre.

Tout avait commencé dès le 2 janvier. Le temps n’attend pas. Du côté d’Agen, glorieux blason de notre sport et de son histoire, les multiples soubresauts d’une trajectoire en chute libre accouchaient d’une promesse de stabilité : Bernard Goutta était nommé manager, un staff s’installait. Enfin, un peu de paix.

La série du Rugby façon Netflix (plateforme à laquelle le Tournoi 6 Nations vient d’ailleurs de confier sa promotion) s’arrêtera douze mois plus tard par une autre annonce retentissante. Une de plus. Jusque dans les ultimes heures, 2022 aura nourri son récit.

Largement courtisé et désormais reconnu comme l’un des tous meilleurs ailiers du monde, Damian Penaud quittera l’ASM Clermont Auvergne. Il fallait s’y attendre. Ce à quoi on s’attendait moins, c’est sa destination. Toulouse, La Rochelle et pourquoi pas Toulon avaient tenté leur approche, parfois étudié la faisabilité d’une telle opération et tous rêvé, un temps, d’une attaque conclue par sa foulée ample et puissante.

C’est finalement à Bordeaux-Bègles que Penaud a choisi de poser ses valises, dès le mois de juillet. Ou peut-être un peu après, Coupe du monde oblige. En attendant, son annonce est faite. L’UBB se gâte, Clermont se fane et la terre continue de tourner.

Repus d’un premier week-end de fêtes, les cadeaux ouverts, le foie gras digéré et cette dernière actu bientôt rangée au rayon des archives, on vous formule désormais ce vœu de quiétude : un peu de calme, encore. Le temps d’effectuer la bascule vers 2023 en ce week-end où le Top 14 s’inscrira en toile de fond récréative.

On décante une dernière fois les émotions d’une année 2022 évidemment superbe, marquée par le sceau du Grand chelem. Et dès la semaine prochaine, on croquera à pleine gueule dans cette année 2023 qu’on vous promet si belle. Le Tournoi, le Bouclier, et tout le reste. Les plaisirs habituels. Mais cette fois, au bout du chemin, il y aura cette Coupe du monde en France. Tout le monde en rêve. On ne fait pas exception.

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Léo FAURE
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