Top 14 - Bruce Devaux (Toulon), la bête qui ne déçoit jamais

  • Du temps de jeu bien utilisé et voilà Bruce Devaux lancé pour de bon au poste de pilier gauche.
    Du temps de jeu bien utilisé et voilà Bruce Devaux lancé pour de bon au poste de pilier gauche. Icon Sport
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Loin de la hiérarchie en début de saison face à Gros et Priso, le pilier gauche Bruce Devaux a profité des absences pour se montrer à son avantage. À 26 ans, le Toulonnais pur sucre a mûri en dehors des terrains.

Il est de ces rugbymen nés le jour d’un France – Nouvelle-Zélande, en 2004. "Et cette histoire a démarré dès moins de 9 ans, jusqu’à l’équipe fanion du club de ma ville." Dans un rugby toujours plus professionnel, Bruce Devaux a le privilège de défendre son clocher. Une romance parfaite, et pourtant, la route a été tortueuse.

Peu de formateurs auraient misé sur ce véritable "Minot de la Rade". Il n’était pas prédestiné, ni particulièrement doué un ovale dans la main. Mais, il a probablement le gène le plus important chez un sportif : une éthique de travail. Cette dernière va bien au-delà de la moyenne du commun des mortels. "Pour me donner une seule chance de réussir, je me suis infligé des entraînements draconiens avec mon père. Nous avons bâti un projet commun, sans qu’il ne me force à quoi que ce soit. C’est un papa en or. Sans lui, je ne sais pas où je serais, mais certainement pas joueur de rugby professionnel. C’est un mentor."

Eugène a balisé le chemin, Bruce s’est chargé du reste. Mais à force de trop tirer, son outil de travail l’a lâché : en trois ans, les ligaments croisés du genou gauche ont cédé trois fois, et les pépins physiques ont suivi par dizaine. "Je n’ai pas peur de le dire, je travaillais comme un débile. Je m’entraînais comme un fou, un malade. Mon corps n’avait jamais de répit. J’ai failli me crever, tous les préparateurs physiques ont tenté de m’alerter. Je n’avais pas envie d’écouter, un peu têtu à la toulonnaise (sourire). "

"J’arrive à maturité pour performer"

À 26 ans, l’intéressé avoue avoir entrepris une profonde "remise en question" à la suite d’une déchirure à la cuisse : "Ma manière de penser le métier a totalement changé. J’écoute les besoins de mon corps notamment sur les repos. Je réalise a minima quatre séances d’étirements par semaine. Je limite plus la viande rouge à trois jours de la rencontre. Ça a tendance à m’engourdir les jambes. J’ai réduit l’alcool avec une ou deux bières de manière très rare. Je reste strict, mais d’une autre façon (sourire)." À 108 kg, Devaux a également trouvé son poids de forme pour allier "vitesse et puissance" : "J’ai déjà pesé un peu plus jusqu’à 111 barres, mais c’était le moment où j’avais de la bedaine." En période de fêtes, on souhaite à tout le monde d’avoir la même !

Annoncé parmi les titulaires face à Bayonne, ce samedi à 15 heures, le pilier, qui s’inspire de Porter et Healy, enchaînera une septième feuille de match. Comme toutes les saisons depuis son arrivée chez les pros, en janvier 2019, il grappille du temps de jeu au fur et à mesure des aléas (blessures de Gros et Frésia, convocation de Priso chez les Bleus). Et comme à chaque fois, il se montre performant. "C’était difficile de ne pas avoir de temps de jeu. J’attendais ces échéances de novembre. Maintenant, je me sens mi-jeune et mi-vieux (rires), mais avec la conviction que je rentre dans l’âge où, à mon poste, j’arrive à maturité pour performer."

En fin de contrat en juin 2024, son cas pourrait devenir épineux en bords de Rade. "J’aime évoluer à Toulon, avec ce maillot. Mais j’ai besoin de jouer pour que ça m’anime encore plus. Pour l’instant, je ne me pose pas de questions, mais j’ai envie de viser très haut. Il n’y a plus de barrière."

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Mathias MERLO
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