Top 14 - Stade français : dans les coulisses d’une surprenante réussite

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Après quatorze journée de championnat, le Stade français pointe à la deuxième place du Top 14. Une surprise au regard de la saison dernière et du contexte interne. Nous vous proposons ici un état des lieux du club de la capitale qui reçoit Castres ce samedi pour conforter son statut.

Qui aurait misé ne serait-ce que quelques euros sur le Stade français dans le rôle de dauphin du Stade toulousain après la première journée de la phase retour de Top 14 ? Que les menteurs lèvent le doigt. Avec une piteuse 11e place au classement la saison dernière, le club de la capitale ne comptait pas parmi les clubs les plus cités chez les bookmakers pour occuper le haut de l’affiche au cours de cette saison 2022-2023. Au contraire, même. Durant l’intersaison, il n’avait pas non plus affolé la rubrique transferts. À l’exception de l’arrivée de Morgan Parra, aucun nom ronflant, ni de joueur susceptible d’apporter, de prime abord, une réelle plus-value. Et puis, le 3 octobre (après seulement quelques journées de championnat disputées), Midi Olympique révélait l’arrivée (en novembre 2023) de Laurent Labit et Karim Ghezal. Ils remplaceront le manager Gonzalo Quesada, dont le contrat avait pourtant été prolongé en juin dernier. Dans un tel contexte, il n’était évidemment pas aisé de travailler en toute sérénité ; et encore moins d’imaginer les Parisiens bien calés à la deuxième place du classement.

Force est donc de s’interroger sur les raisons de la réussite parisienne à ce jour. D’abord, il faut reconnaître à Gonzalo Quesada, malgré sa situation personnelle, un sens aigu du professionnalisme. Le technicien argentin n’a pas changé son comportement et a su fédérer une partie du groupe autour de son destin. "Je continuerai à travailler à fond pour les joueurs et pour le club, avait-il annoncé quelques jours après le coup de tonnerre du 3 octobre. À mes yeux, c’est plus propre de terminer une saison que j’ai commencée. Alors aujourd’hui, je mets de l’eau dans mon vin, même s’il va me falloir beaucoup de verres de vin pour avaler tout ça… "

Les sucreries et les photos "sexy" de Gustard

L’apport de Paul Gustard n’est pas non plus négligeable. Au contraire. Le technicien anglais a su offrir aux joueurs parisiens les clés d’une défense efficace. Le club de la capitale est l’équipe qui a encaissé le moins d’essais depuis le début de la saison. En interne, sa méthode séduit le plus grand nombre. Ses séances vidéos, agrémentées, par exemple, de jets de friandises à travers la salle pour récompenser les meilleurs éléments ou l’envoi de vidéos de débriefing sur le groupe whatsapp des joueurs, truffées d’images cocasses et "sexy" ou autres, contribuent grandement à créer une ambiance bon enfant au sein du groupe.

À ce sujet, l’état d’esprit parisien est sans doute ce qui a le plus changé depuis la saison dernière. La façon dont a été ciblé le recrutement n’y est pas étrangère (lire par ailleurs). "J’ai mis du temps pour trouver les hommes qu’il nous fallait, dit Hans-Peter Wild dans l’entretien qu’il nous a accordé. Ça m’a coûté beaucoup d’argent pour y parvenir mais j’ai réussi." En clair, il a "nettoyé" le vestiaire, même s’il sait qu’il demeure encore quelques "brebis galeuses", celles-là même qui prendront une autre direction à l’issue de la présente saison.

Enfin, la réussite actuelle doit aussi beaucoup à la qualité de la performance du paquet d’avants. Dans le sillage de leur entraîneur Laurent Sempéré, "les gros" trustent la première place du classement des meilleurs alignements et des mêlées les plus conquérantes du championnat. C’était déjà le cas l’an passé. C’est encore plus affirmé cette saison.

Nombreux sont les joueurs à avoir changé de dimension. À l’image de Giovanni Habel-Küffner, arrivé de Pau à l’intersaison, ou encore de Mickaël Ivaldi, débarqué de Lyon. Et que dire de Sekou Macalou, peut-être moins soliste, plus altruiste ? S’être mis au service de l’équipe lui permet d’afficher des performances constantes de très haut niveau. Évidemment, le Stade français ne peut plus se cacher. Aux yeux des autres clubs, son statut a désormais changé. "On va rester humbles, tranquillement à notre place, livrait prudemment Julien Arias, samedi dernier, à l’issue de la victoire sur Pau. Je sais d’où on vient et comment ça se passe dans ce club." Et d’ajouter, peut-être à regrets : "Ça nous allait très bien de ne pas être pris au sérieux depuis le début de la saison."

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Les commentaires (2)
MC3612 Il y a 30 jours Le 06/01/2023 à 16:11

L'époque Guazzini, c'est le bling bling, le mercenariat et surtout une chance insolente (3 Brennus après des qualifications miraculeuses, un volé en finale, une demi finale de CE gagnée sur une obstruction de l'arbitre et non un exploit de Dominici, ...) !

Tichaut78 Il y a 30 jours Le 06/01/2023 à 10:22

On retrouve une équipe et un état d'esprit de la première époque Guazzini. Des sans-culottes, pétris de talents, qui sonnent la révolte contre une reconnaissance qu'ils n'ont pas eu ou qu'ils n'ont plus, qui ont faim et qui prennent confiance dans la victoire. Cette équipe, exonérée de la grande coupe d'Europe, a le profil pour décrocher le Brennus. Mention spéciale aux capitaines Briatte et Parra, soutenus par l'officiel Gabrillages. Et à tous les gros caractères de l'équipe !