Pro D2 - Oyonnax en leader austère à Nevers

  • Oyonnax est sur une série de onze victoires consécutives en championnat.
    Oyonnax est sur une série de onze victoires consécutives en championnat. Icon Sport
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L’ogre Oyonnax s’est imposé en ascète à Nevers, sans marquer le moindre essai mais en profitant des offrandes d’un adversaire réduit à se nourrir de regrets.

Il est des histoires qui s’achèvent aussi mal qu’elles ont débuté. Une pénalité qui ne trouve pas la touche après la sirène et dissipe le fragile espoir d’un bonus défensif. Un en-avant à la réception du coup d’envoi, quatre-vingts minutes plus tôt. Les deux bévues résument abruptement le soir de cauchemar des Neversois, passés à côté de l’affiche de gala face au leader Oyonnax. "On n’est pas à la hauteur de l’événement", regrette le manager Xavier Péméja. "Par moments, on fait des fautes de cadet. Et ce sont des choses qui ne passent pas contre une équipe comme ça."

L’Uson savait qu’elle devrait jouer à la perfection, sans laisser le moindre déchet ni l’once d’un regret sur la pelouse du Pré-Fleuri, pour renverser une équipe gorgée de confiance. "Ils n’ont pas eu besoin de forcer leur talent. On n’a pas explosé, c’est ce qui fait le plus râler", poursuit le coach. "Mais on n’a pas su les perturber." À l’exception d’une pénaltouche en début de seconde période, perdue en fond d’alignement, ses joueurs ne se sont pas procuré une seule occasion d’essai. La faute à une absence de "continuité" qui a effacé du paysage le volume offensif dont Agen et Soyaux-Angoulême avaient fait les frais lors des deux derniers matchs.

Onzième victoire consécutive

Seule et chiche satisfaction, le "zéro essai encaissé" n’occulte pas la mauvaise affaire comptable de la soirée, avec cette deuxième défaite à domicile qui fait reculer l’Uson de deux places et complexifie un peu plus le chemin vers le top 6 : "On sait qu’on va cravacher jusqu’à la fin", reconnaît Kylian Jaminet. "De toute façon, on cravache depuis le début de la saison." Les Oyomen, eux, n’ont d’autre objectif que d’accumuler les bonnes vibrations et l’expérience en vue des phases finales, plus que jamais promises après cette onzième victoire consécutive. Abonné aux orgies d’essais, le leader a remplacé son costume de ripailleur par la robe de bure pour s’imposer grâce au pied de ses artificiers, Jules Soulan (5/5 face aux perches) puis Justin Bouraux crucifiant les Neversois, revenus à 15 à 12, d’un maître drop dès son entrée en jeu.

Au menu très minimaliste d’un lendemain de fête (49-7 face à Béziers une semaine plus tôt), les chandelles offensives et le long jeu d’occupation ont permis aux joueurs de Joe El Abd d’annihiler la puissance de feu locale : "Nevers est une équipe qui aime jouer, et il fallait qu’on la tienne loin de notre ligne, explique le manager. On a su rester calme et prendre les points. C’est important de savoir gagner de différentes façons. Un match comme ce soir est important, on apprend plus que quand on gagne de cinquante points, car c’est ce genre de match qu’on a à jouer en phases finales."

Restés bloqués en demi-finale lors des trois dernières éditions, les Oyomen accumulent de l’expérience pour faire sauter l’ultime verrou au printemps prochain. "C’est important qu’on puisse accrocher une demie à domicile", souligne Joe El Abd. Avec vingt-et-un points d’avance sur le troisième, et une sérénité manifestement à toute épreuve, l’objectif semble plus que raisonnable.

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Sébastien CHABARD
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