Champions Cup - La Rochelle : le « Toro » pris par les cornes

  • Joel Sclavi au centre de l'image est l'auteur de l'essai de dernière minute des Rochelais.
    Joel Sclavi au centre de l'image est l'auteur de l'essai de dernière minute des Rochelais. Icon Sport - Icon Sport
Publié le

Amputé de ses deux piliers gauches, le champion d’Europe s’en est remis à l’habituel droitier Joel Sclavi, auteur de l’essai de la délivrance après 70 minutes dans les pattes.

Pareil scénario couve souvent une belle histoire. Pas besoin, pour le coup, ici, de regarder plus loin que l’identité de l’unique marqueur d’essai du soir. Joel Sclavi, messieurs dames ! Hors groupe lors des deux précédentes sorties – et victoires – rochelaises face à Perpignan et La Rochelle, le pilier argentin ne pouvait pas mieux ressortir du chapeau. Un numéro 3 invité au pied levé à jouer soixante-dix minutes à gauche de la première ligne et toujours à la pointe du combat à la sirène pour délivrer tout un stade, qui dit mieux ? Qui, surtout, aurait bien pu l’imaginer, le matin même ?

L’univers de la télévision appelle ça les aléas du direct. Grégory Alldritt, lui, emploie le terme de "péripéties". Même pas dix minutes de jeu et déjà plus aucun pilier gauche de métier disponible, côté rochelais. Improbable, quand tu nous tiens. Alors, oui, Reda Wardi déclaré souffrant dans l’après-midi, Joel Sclavi savait qu’il glisserait quoi qu’il arrive de l’autre côté. Pas un problème en soi, d’ailleurs. S’il n’a que dépanné que quelques minutes à ce poste en pro, figurez-vous que "Toro" détient une formation de gaucher. Mais de là à devoir s’y filer pendant quasiment tout le match, suite à la blessure précoce de Thierry Paiva…

«Tu peux lui mettre le 12 dans le dos…»

«Si je suis crampé ? Fatigué, oui, mais très content. Aider l’équipe, c’est énorme !» Le Puma ne s’attarde pas sur son cas et parle sitôt collectif, lorsqu’il se présente souriant en conférence de presse. «On lui a demandé de rentrer à gauche, il a dit : "OK, on y va". Ça le représente bien, salue Romain Carmignani. Joel, peu importe le numéro, tu peux lui mettre le 12 dans le dos, lui, il a envie de jouer au rugby, d’être sur le terrain, d’aider l’équipe. C’est ce qu’il nous a prouvé, en étant un soldat du XV.»

Et pas uniquement de par son essai – le quatrième de sa carrière – libérateur. Antoine Hastoy évoque une performance "énorme" : «Sur chaque mêlée, il a été magnifique, il faut le féliciter. C’est super pour nous qu’il ait réalisé un match comme ça. Si on lui pardonne le titre de champion du monde de foot ? (rires) Il n’a rien à voir là-dedans, ça se saurait sinon, mais, oui, on va lui pardonner." Dans tous ses états après le sacre de l’Albiceleste, Sclavi n’a pas tardé à s’offrir un autre moment de gloire. 

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Romain Asselin
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?