La méthode grenobloise

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  • <p class="txt-legende-2011"><B>Rory Grice, en haut. Henry Vanderglas, en bas. Fabrice Landreau a un «nez» pour débusquer les joueurs à fort potentiel, à qui il faut un peu de temps pour exprimer tout leur talent. </B>Photos Icon Sport</p>

    Rory Grice, en haut. Henry Vanderglas, en bas. Fabrice Landreau a un «nez» pour débusquer les joueurs à fort potentiel, à qui il faut un peu de temps pour exprimer tout leur talent. Photos Icon Sport

Publié le , mis à jour

transferts le fc Grenoble a récemment révélé nombre de jeunes joueurs étrangers inconnus mais talentueux dont Vanderglas, Ratini, McLeod, Farrell, Grice ou Willemse. C’est autant le résultat d’une politique de recrutement que d’un vrai savoir-faire. Décryptage.

Par Pierre-Laurent GOU

pierre-laurent.gou@midi-olympique.fr

Il s’agit d’un vrai savoir-faire. Reconnu par bon nombre d’adversaires. « Les Grenoblois savent recruter malins », dit Mourad Boudjellal qui, pourtant, n’est pas considéré comme le premier venu dans l’art de chasser les stars. Reste que, depuis plusieurs saisons, le FCG a pris l’habitude de réaliser quelques bonnes pioches. Des joueurs étrangers qui débarquent sans pedigree et qui deviennent des cadors. Nigel Hunt, Henry Vanderglas ou encore Benjamin Hand dans un passé récent, Rory Grice, Charl McLeod et Jackson Willison cette année.

Au FCG, il n’y a pas de faute de goût. Preuve que derrière tout cela, il n’est pas seulement question de chance ou de pari réussi, mais bien d’une politique globale, construite et maîtrisée. « Vous nous faîtes trop d’honneur et je ne tiens pas à m’exprimer sur ce sujet, car il n’y a pas de secret ? Juste de la réussite », s’excusait très poliment ce lundi le manager sportif du FCG, Fabrice Landreau. Autour du stade des Alpes, il n’est pas question de Carter, Nonu ou Folau, mais d’une vraie ingéniosité reconnue par tous les agents sportifs français pour repérer des joueurs à fort potentiel en dehors des circuits traditionnels. Franck Corrihons qui, pendant neuf saisons, s’est occupé des lignes de trois-quarts a bien voulu nous révéler une partie de la méthode. « Fabrice anticipe, un à deux ans à l’avance, le recrutement. On sait que l’on ne boxe pas dans la catégorie d’un Clermont ou d’un Toulon.» Question de moyens, de standing et de réputation. «Nos transferts sont plus longs à se décanter. Avec Sylvain Begon, plusieurs fois par semaines, nous visionnions des matchs d’ITM Cup (championnat néo-zélandais) et de Currie Cup et, suivant la saison, du circuit à VII. On faisait des fiches sur des tas de joueurs. L’idée était de contourner le réseau classique des agents, même si Grenoble travaille avec eux pour le marché français. Mais pour les étrangers, Fabrice a mis en place tout un système. On repère des joueurs qui nous tapent dans l’œil à la vidéo et en fonction des demandes en matière de recrutement, on prend contact avec eux. »

Anticipation

Des exemples ? « Pour l’ailier fidjien Alipate Ratini, il y a deux ans en finale du tournoi de rugby à VII de Gold Coast, il marque trois essais aux Blacks. On a ensuite travaillé toute la saison pour prendre contact avec lui et le faire signer. Pour l’Australien Henry Vanderglas, il brillait sur le circuit de rugby à VII, avant d’atterrir à Bristol en D2 anglaise. Fabrice a joué dans ce club et a gardé ses entrées. »

Et pour la grande révélation de ce début de saison, Rory Grice ? « Cela fait deux ans qu’avec Sylvain Begon on l’a vu éclater à Waikato. On avait aussi noté Fritz Lee, mais l’ASMCA a dégainé plus vite que nous... Alors, quand l’an passé le recrutement d’un numéro huit a été acté, Fabrice Landreau a pris contact dès le début la saison avec son agent néo-zélandais. » L’anticipation semble être la clef du succès. « Oui », répond l’agent Miguel Fernandez. Et aussi un très bon réseau, tissé avec notamment des anciens joueurs. Ainsi Sam Cordingley, en Australie, ou Josh Heke, en Nouvelle-Zélande, font souvent office de liens entre la cité des Alpes et l’hémisphère Sud. Pour l’agent Frédéric Bonhomme, la réussite tient surtout « au nez fin que possède Fabrice Landreau. Il sait que, pour le moment, les très bons joueurs français boudent le FCG. Alors, avec son staff, il se tient très au fait de ce qui se passe en Australie, Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud. Lui et son staff travaillent beaucoup en amont. » D’ailleurs, le FCG a déjà dans ses tuyaux le futur remplaçant ou suppléant de Rory Grice. Il s’agit d’un tout jeune irlandais, Dylan Hayes (20 ans) qui a signé avec le centre de formation et qui, selon Franck Corrihons, « promet beaucoup ». Mais cette fois, quand il débutera en Top 14, il ne sera pas vraiment un inconnu…

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