Lille, les paris de Luciani

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    Lille, les paris de Luciani
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De façon très surprenante, le club nordiste a procédé le 15 janvier à l’éviction de Richard Crespy à la tête de l’équipe première. Le sportif doit suivre et les finances aussi…

Les dirigeants lillois ont beaucoup surpris en annonçant le 15 janvier l’éviction de Richard Crespy de son poste de responsable de leur équipe première (Fédérale 1). Jean-Paul Luciani, le président de la SASP, et Jean-Pierre Leblon, celui de l’association, ont expliqué que l’ambiance leur semblait être devenue trop « Club Med » et que Crespy n’était pas assez « meneur d’hommes ». « Jean-Claude Branquart (l’ancien président avant l’arrivée de Jean-Paul Luciani, N.D.L.R.), n’aurait pas dû le nommer entraîneur principal sans concertation. Nous étions en fin de saison et il a décidé ça tout seul. Cela n’a pas servi Richard », a précisé Jean-Pierre Leblon. Richard Crespy n’était donc pas leur homme depuis le départ. Ce dernier l’a appris la veille de la conférence de presse tenue par les deux présidents. Entraîneur à mi-temps et salarié à ERDF par ailleurs, il venait faire sa séance du mardi midi avec son groupe quand un SMS de Jean-Paul Luciani lui a fait part d’un détour obligatoire par le bureau présidentiel. Quelques instants plus tard, il apprenait son limogeage express. Richard Crespy n’a pas souhaité commenter son éviction tout comme Jean-Claude Branquart les propos de Jean-Pierre Leblon. Et si un cadre de l’équipe a glissé que « c’est un peu n’importe quoi quand même », alors que l’année 2014 avait été conclue sur une victoire probante à Limoges, pour le gain de la deuxième place de poule, l’ensemble du groupe a admis cette éviction sans broncher. La situation soulève tout de même deux problématiques. Les responsables lillois ont pris des paris.

Le sportif et le financier

Pour remplacer Richard Crespy, Jean-Paul Luciani a fait monter David Bolgashvili. L’ancien international géorgien a joué à Lille et s’occupait de l’équipe réserve. Il est très implanté dans le club et beaucoup estimé. « Aucun problème avec lui », dit le cadre qui regrettait l’éviction de Crespy. Son approche très affective a donc été privilégiée pour donner un coup de fouet à cet effectif qui joue toujours la montée en Pro D2. Mais cette réorganisation du staff en milieu de saison est forcément aléatoire. Bolgashvili n’a jamais entraîné une équipe première et l’Australien Morgan Turinui, le responsable des trois-quarts, a débuté son métier d’entraîneur cette saison. Les deux anciens internationaux seront chapeautés par le directeur sportif nordiste, Yann Defives. Tous les trois devront réussir là ou Pierre Chadebech a échoué trois fois de suite en demi-finale avant de partir à Biarritz, dont deux fois avec Richard Crespy. Car seul le succès permettra de valider cette décision forcément pesante sur le plan financier.

Richard Crespy était engagé à Lille jusqu’en juin 2016. Le club disait vouloir lui proposer un reclassement mais il est peu probable que l’ancien pilier briviste (1988-2001), champion d’Europe, entraîneur de Brive (2006-2007) puis de Narbonne (2008-2010) accepte d’occuper une autre position que celle pour laquelle il a signé un contrat. Accord à l’amiable ou procès aux prud’hommes, le club devra payer. « Nous avons l’habitude des procédures », a rétorqué Jean-paul Luciani, gérant de plusieurs fast-foods à Lille et ses environs. « Et naturellement, nous nous sommes assurés que nous pourrions assumer financièrement. »

Ceci alors que le club devra sans doute payer aussi un autre licenciement. En arrivant aux commandes, le président Luciani avait décidé de se séparer rapidement de Pierre Ménager, le directeur administratif. L’ancien bras droit de Jean-Claude Branquart disposait d’un CDI et poursuivra le club pour licenciement abusif. Ces deux affaires pourraient coûter assez cher alors que les Lillois ont toujours crié la difficulté de financement de leur projet. Tandis que cette équipe occupait une deuxième place honnête, à la suite du succès à Limoges, la dépense sur Richard Crespy ne se justifiera que par la montée en Pro D2. Ou la rentrée significative de nouveaux partenaires. G. C.

{{IMGSRC146892263}}Malgré le bon parcours du club lillois, Richard Crespy a été démis de ses fonctions. Photo Icon Sport
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