« S’il est sélectionnable, pourquoi s’en priver !»

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    « S’il est sélectionnable, pourquoi s’en priver !»
Publié le , mis à jour

Hall, Liebenberg et De Villiers sont les trois joueurs sud-africains sélectionnés par Bernard Laporte en équipe de France. Aujourd’hui manager de Toulon, «Bernie» dirige encore Botha, Habana ou Juan Smith. Il évoque le fait de sélectionner un « Bok » chez les Bleus.

Pourquoi avez-vous pris des joueurs sud-africains avec les Bleus, durant votre mandat ?

Tout simplement parce que j’estimais qu’ils étaient les meilleurs à ce moment et qu’ils étaient sélectionnables. Je ne me suis pas posé la question de leur nationalité ou pas. Juste s’ils étaient éligibles ou pas. Un garçon avec le profil de De Villiers ou de Liebenberg, nous n’en avions pas dans le rugby français. Croyez-moi, si je n’avais pas sélectionné Pieter De Villiers, il serait devenu springbok.

Des années plus tard, vous vous retrouvez à entraîner en club, vos anciens adversaires Botha, Rossouw, Smith ou Habana ?

Des garçons que je connaissais bien. Je savais leur qualité. Quand j’ai rencontré Bryan Habana, je voulais lui montrer que je souhaitais travailler avec lui. De par leur éducation, les Sud’Afs sont d’abord et avant tout de très grands professionnels. Ils ont à la fois la passion de ce sport mais aussi un rapport très pro. Ce sont des modèles pour nos jeunes français. C’est aussi pour cela que j’ai opté en 2011 pour le RCT. Mourad Boudjellal m’offrait la possibilité d’entraîner des joueurs que j’avais décortiqués sous toutes les coutures pour les battre, là il me fallait tout faire pour les rendre performants.

« Croyez-moi, si je n’avais pas sélectionné Pieter De Villiers, il serait devenu springbok... »

Bernard Laporte

Selon vous, donc PSA n’a pas à ce soucier du passeport et a raison de prendre un Le Roux, Spedding ou Kockott ?

Mais à partir du moment où les joueurs ont choisi comme nation rugbystique la France et qu’ils sont éligibles, selon les règles de World Rugby, où est le problème ? Croyez-vous croyez que les Anglais se posent ce genre de question ?

Reste qu’ils ont une culture et une langue communes à la différence de la France ?

Mais regardez les efforts qu’ils font. Tous, même du temps de mon mandat, faisaient l’effort de parler notre langue, de chanter la Marseillaise ! Le reste. Si on est champion du monde, on ne se souciera pas de leur pays de naissance. Propos recueillis par P.-L.G.

Pierre-Laurent Gou
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