Laporte joue L’ouverture

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    Laporte joue L’ouverture
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Malgré deux revers consécutifs, le RCT n’a pas piqué sa crise. A l’abri des regards, il a peaufiné une modification tactique pour se relancer face au racing. Bernard Laporte attend toujours plus de ses joueurs. Jusqu’ici tout va bien.

Il n’y a pas eu d’éclats de voix ! Pas de gueulante de Bernard Laporte, ni du président Mourad Boudjellal. Le RCT s’est préparé presque normalement à la réception du Racing-Metro 92. « Et pourquoi en aurait-il été autrement ? », coupe sèchement, ce mercredi soir au téléphone, Bernard Laporte avant de poursuivre sur le même ton : « Autant nous avions réalisé deux matchs de m… face à Lyon et au Stade français, autant à Montpellier je ne peux que me féliciter de l’état d’esprit. Nous avons remis de l’essence dans le moteur du combat. Nous sommes tombés sur plus forts que nous ! On a le droit, non ? » Fermez le ban car le sujet est sensible. Et lorsque l’on évoque les prétendues difficultés actuelles de sa formation en mêlée fermée, l’ex-sélectionneur hausse encore un peu plus le ton. « Le Stade français et Montpellier sont parmi les meilleures mêlées de notre Top 14. Arrêtez ! Parlez-moi de jeu ! », clame-t-il.

Hernandez en dix, Giteau au centre

On connaissait pourtant Laporte plus amateur d’efficacité que de beaux gestes. Et quand on l’interroge sur sa nouvelle « lubie », il rétorque de jeter un coup d’œil aux statistiques. La mue est effectivement spectaculaire. Le RCT, à l’issue des matchs allers, truste les premières places des statistiques offensives. Plus grand nombre de points, de franchissements et d’essais marqués. C’est cette dernière donnée qui est la plus édifiante. Toulon a inscrit cette année 22 essais de plus que l’an dernier (47 contre 25). La raison ? La retraite du métronome, Jonny Wilkinson et le profil de ses successeurs Michalak, O’Connor, Giteau bien sûr, et même l’Argentin Sanchez - « qui m’a surpris par son niveau et sa rapide intégration ». Bref, le salut de Toulon passerait désormais davantage par le jeu que par le combat...

Si cette semaine a donc été « presque » habituelle, c’est que le patron sportif ne nous a pas tout dit. Dès mardi, dans la quiétude médiatique qu’apporte le huis clos, et sous le regard de l’entraîneur des lignes arrières du XV de France, Patrice Lagisquet venu rencontrer notamment Mathieu Bastareaud, le staff est revenu à une ligne de trois-quarts avec deux ouvreurs. Un système tactique qui, l’an passé, a été l’un des éléments techniques essentiels au doublé. « Wilko » parti, c’est l’Argentin Juan Martin Hernandez qui dirigeait la manœuvre, tandis que le revenant, que tout Mayol attend avec impatience, Matt Giteau prenait la place de premier centre. Un dispositif qui sera aligné pour la première cette saison face au Racing et dont Laporte raffole. « Il permet au demi d’ouverture de se dégager de la pression. C’est un luxe que doivent avoir toutes les grandes équipes. »

Alors que certains attendaient des changements devant, c’est donc derrière qu’il faut regarder au RCT, pour voir des modifications par rapport au match de Montpellier. La théroie du staff, et notamment de Pierre Mignoni, apôtre d’un jeu qui impulse de la vitesse et du mouvement, est de faire courir une formation du Racing réputée massive, et bien en place défensivement. D’où l’idée assumée d’aligner une ligne de trois-quarts « new-look ». Qui, en plus, n’aura pas été décortiquée à la vidéo... Le Racing-Metro constitue aussi la première rencontre d’une série de quatre matchs en janvier. Des matchs que Bernard Laporte n’entend pas rater. « J’ai fixé un objectif de quatre victoires pour les quatre prochains matchs. Alors on devrait être à nouveau dans les clous. » Dans le cas contraire, pas sûr que Laporte et Toulon gardent la sérénité affichée cette semaine. Car comme disait Philippe Saint-André, quand il était à la tête de l’équipe, à Toulon : « Après deux défaites consécutives, le président manifeste son soutien. À la troisième, tu peux commencer à préparer tes valises dans l’éventualité d’une quatrième… »

Pierre-Laurent Gou
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