Liebenberg : «Périgueux, c’est une bonne expérience»

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    Liebenberg : «Périgueux, c’est une bonne expérience»
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L’ancien international français revient sur sa carrière et ses trois titres de champion de France remportés avec le Stade français. Il raconte également comment il a vécu l’après rugby professionnel, sa reconversion et le défi qu’il relève à Périgueux.

Brian, vous souvenez-vous de vos débuts en professionnel ?

Brian Liebenberg : J’ai débuté en Italie, à Piacenza exactement. Je suis ensuite parti en France, à Grenoble, et c’est là que j’ai véritablement découvert le rugby professionnel.

Comment se sont passés vos débuts en France ?

Très bien. Vous savez, quand on est jeune comme ça, on a une certaine confiance, une envie de découvrir d’autres choses. Et en même temps, ce n’était pas facile, il y avait des choses difficiles à gérer, par exemple il fallait que j’apprenne la langue, comme à l’époque je ne parlais pas du tout français. Il y avait des choses compliquées en dehors du terrain aussi. Par contre, sur le pré, c’était bien de découvrir une autre façon de jouer au rugby, une autre vision des choses. Tout cela m’a ensuite servi dans la suite de ma carrière.

Quel a été le moment le plus marquant de votre carrière ?

A Grenoble, j’ai passé deux années magnifiques avec des joueurs tels que Vincent Clerc ou Geoffroy Messina. Mais, pour moi, le premier bouclier de Brennus avec le Stade Français restera vraiment gravé dans mon esprit. Ce soir-là j’avais la chance de pouvoir partager ce moment avec ma famille qui était venue d’Afrique du sud. L’autre événement important de ma carrière a été ma première sélection avec l’Equipe de France.

Votre première en bleu était face à la Roumanie en 2003, comment avez-vous vécu votre convocation ?

Suite à mon premier titre avec le Stade Français, je suis rentré en Afrique du sud pour les vacances. Une fois là-bas, j’ai reçu un coup de fil pour me dire que j’étais dans le groupe. Au début, je ne comprenais pas trop, je ne m’attendais pas du tout à faire partie de cette liste. Je n’étais pas sûr que ce soit le groupe final, je pensais que c’était une congrégation élargie. Quand j’ai compris que je faisais partie de la liste, j’étais très fier, surtout que mes parents et mes frères m’entouraient ce jour-là, ce sont des moments très forts. Ensuite je suis rentré en France pour la préparation de la Coupe du monde, j’ai honoré ma première sélection, je marque mon premier essai en Bleu, tout s’enchaînait parfaitement pour moi.

Vous avez donc participé à une Coupe du monde avec la France, qu’avez-vous ressentie au moment de porter la tunique bleue ?

Je pense, que déjà, représenter la France c’est formidable. Porter le maillot de l’Equipe de France, c’est un moment exceptionnel, que du bonheur. Ce sont des souvenirs incroyables, dont on a le plaisir de se remémorer lorsqu’on a arrêté de jouer. Ensuite il y a beaucoup de joueurs qui jouent sous le maillot bleu mais qui n’ont pas l’occasion de représenter leur pays en Coupe du monde, ce sont des années particulières, c’était super ! Toute l’expérience depuis le début, de la préparation jusqu’au retour du mondial, chaque moment était formidable, c’est des souvenirs que l’on gardera pour la vie.

Vous souvenez-vous de votre dernier match professionnel ?

Mon dernier match, ça devait être avec le Stade Français au stade Charléty en Challenge européen. J’avais déjà quelques soucis avec mon genou, je ne savais pas à ce moment-là que je n’allais plus revenir sur les terrains. C’est un peu particulier lorsqu’on arrête sur une blessure, car on ne choisit pas soi-même de stopper sa carrière. Dans ma tête, à ce moment-là, je partais pour me soigner. Ça doit être autre chose quand on joue son dernier match et que l’on sait que c’est le dernier. Après je fais encore des matches lors du tournoi des 6 Nations avec les anciens, c’est toujours super, ça me permet de jouer encore un peu, mais je n’ai plus besoin de courir aussi vite (rires).

Vous êtes aujourd’hui entraîneur à Périgueux, pourquoi ce choix ?

Je ne l’ai pas décidé, c’est un peu arrivé par hasard. J’avais pour projet d’organiser des échanges entre jeunes joueurs Sud-Africain et Français et j’étais en discussion avec Périgueux. Comme le club vivait une saison particulière et que j’étais libre ou presque, car j’ai une autre activité à côté autour d’un ballon de rugby spécial que j’ai créé. Du coup comme ils avaient besoin de changement dans leur staff, ils m’ont demandé si je pouvais les aider à entraîner l’équipe jusqu’à la fin de saison. Pour moi, c’était une certaine manière de retrouver les vestiaires, les entraînements. Quand on s’arrête, on se retrouve un peu seul parfois et de retrouver une équipe, un objectif, un challenge, ça me plaisait. C’était le bon moment pour faire ça. Je me retrouve donc à Périgueux, au moins jusqu’à la fin de la saison, pour essayer de leur apporter quelque chose. Pour moi aussi, c’est une bonne expérience, je retrouve des sensations que je n’avais pas vécues depuis deux, trois ans et ressentir ces côtés du rugby que j’ai connu pendant longtemps, ça me fait vraiment du bien.

Donc, le boulot de coach vous plaît ?

Oui, ça me plaît, mais ce n’est pas pour ça que je vais rester entraîneur toute ma vie. D’une certaine façon, je coach aussi des jeunes au travers de mon projet avec mon ballon de rugby. Lorsque je suis avec les enfants, j’ai vraiment l’impression de transmettre quelque chose, je les aide à progresser. J’ai la chance de rendre visite à beaucoup d’écoles de rugby, beaucoup de gamins. Quand on entraîne une équipe, on est vraiment sur une autre voie, la transmission est différente.

Pouvez-vous nous parler de votre projet ?

Tout simplement, c’est un jeu autour d’un ballon de rugby. Sur ce ballon sont inscrites toutes les techniques de bases que doit posséder un joueur de rugby. Par exemple, les passes vrillées, au pied… Et quand on attrape le ballon, le pouce droit tombe sur une indication qu’il faut reproduire ensuite. Ce qui est intéressant, c’est qu’en même temps que l’on s’amuse, on améliore notre technique. L’objectif, c’est de démocratiser le rugby, c’est un jeu que l’on peut pratiquer n’importe où, il suffit juste d’avoir ce ballon ovale. En plus le ballon est plutôt ludique, il est multicolore, ce qui plaît aux enfants. Grâce à ce projet, j’interviens dans des écoles de rugby, pour des séminaires de cohésion d’entreprise. On a de très bons résultats et j’en suis très fier, c’est un projet qui me tient vraiment à cœur. Ce qui me touche, c’est quand je pars d’une école de rugby et que je vois les enfants continuer à jouer à ce jeu.

Votre reconversion est donc plutôt réussie ?

Pour le moment, le ballon fonctionne bien. Mais pour réussir sa reconversion, il faut travailler dur tous les jours pour atteindre les objectifs que l’on s’est fixés. Avec le mélange du coaching à Périgueux, ça m’apporte aussi plus d’expérience sur ce que je peux transmettre dans mon autre activité. Propos recueillis par D. C.

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