Top 12 ou Top 16 : ils veulent relancer le débat

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    Top 12 ou Top 16 : ils veulent relancer le débat
Publié le , mis à jour

L’une des solutions pour débloquer la problématique du calendrier surchargé revient à modifier le championnat d’élite du rugby pro français. Certains veulent le réduire à douze clubs, d’autres rêvent d’un retour au Top 16 avec deux poules de huit clubs. La question n’est pas tranchée mais le débat, lui, est déjà prêt à resurgir.

Voilà deux ans, le débat faisait rage. La formule actuelle du Top 14, voulue par Serge Blanco puis confirmée par Pierre-Yves Revol durant leurs mandats à la tête de la LNR, ne semblait convenir à personne. Partisans du resserrement à douze et défenseurs du passage à seize s’affrontaient. à l’époque, le futur patron de la Ligue, Paul Goze, alors président de l’Usap, était un meneur du front pro-élargissement. Il s’exprimait ainsi en décembre 2012 : « Le Top 16 me paraît indispensable pour l’implantation géographique du rugby. » Moins véhément sur le sujet depuis qu’il est entré dans son nouveau costume, il n’en reste pas moins favorable au fameux Top 16. « L’idée serait de trouver des formules afin de monter vers un Top 16 pour avoir une représentativité nationale plus équilibrée, soulignait-il fin octobre. à l’heure actuelle, la structure générale du rugby moderne ne nous permet pas de monter à seize clubs mais nous essayons de trouver des solutions pour y arriver. » Au vrai, une majorité de clubs défendent cette position. Goze confirme : « Parmi les présidents, il y a plus de soutiens pour un Top 16 que pour un Top 12. Ceux qui soutiennent le Top 12 parlent plus souvent, c’est tout. » Et sont plus puissants, donc influents. « Les défenseurs du Top 12 sont les gros clubs, hormis Lorenzetti », illustre Jean-Jacques Bertrand, le président briviste.

« Je serais plutôt favorable à un Top 12 (...) Alors qu’on est dans une recherche permanente de dates pour mieux se préparer, il n’est pas cohérent d’augmenter le nombre d’équipes et le nombre de rencontres. » Guy Novès

En réalité, si les querelles sur le sujet sont loin d’être réglées, « elles ne sont pas d’actualité » selon un membre du comité directeur de la LNR. « C’est un débat qui n’a plus lieu depuis un moment, appuie Jean-Jacques Bertrand. D’autres sujets, comme les droits télés, étaient privilégiés. Mais il va de nouveau être abordé dans les plans pour l’avenir lors des prochaines réunions. » à ce titre, les soutiens d’une élite restreinte vont se faire (ré)entendre. à commencer par le président toulousain René Bouscatel, son ardent défenseur. Ou son homologue clermontois éric de Cromières, lequel a préparé ses propositions (lire ci-dessus). L’été dernier, cette frange a reçu un renfort de poids en la personne de Bernard Laporte, qui déclarait dans nos colonnes : « Il y a trop de clubs pros, c’est une certitude. Pour moi, il faut passer au Top 12. C’est d’emblée un mois de gagné pour l’équipe nationale. » L’intérêt principal étant de libérer davantage de temps libre pour mettre les internationaux à disposition de la sélection.

«Supprimer deux recettes serait suicidaire»

Mais dans le camp opposé, on est prêt à dégainer. Laurent Marti, président de l’UBB, se positionne : « Le Top 14 doit rayonner aux quatre coins de l’Hexagone, et si je devais me décider aujourd’hui, j’irais vers un Top 16, mais avec des solutions pour que l’équipe de France n’en pâtisse pas. » Pour Jean-Jacques Bertrand, il en va de la survie des bastions historiques : « Je suis favorable à un Top 16 avec une descente directe et un barrage. Si je fais la comparaison avec le Royaume-Uni, entre le championnat anglais et le Pro 12, il compte 22 clubs dans l’élite pour une population similaire à la France. En avoir seize chez nous n’aurait rien d’incongru. Puis il est fondamental de conserver nos terres de rugby. On parle d’élargissement mais pensons à ne pas perdre les gens passionnés. Ce serait le risque en cas de resserrement. Je pense aux Biarritz, Perpignan, Brive, etc. Autour de nous, il n’y a rien d’autre et pourtant, on attire 12 000 personnes au stade à chaque match. Là est la force de notre sport. Même si je reconnais l’inconvénient de rajouter des dates dans le calendrier actuel. » Max Guazzini a ainsi proposé de passer d’abord à quinze clubs. Dernier argument, non des moindres, pour les plus modestes, celui financier. Rajouter deux recettes serait avantageux, en supprimer autant serait « totalement suicidaire », pointe le président de Brive.

Jérémy Fadat
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