Nevers, sur les traces de Montauban

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    Nevers, sur les traces de Montauban
Publié le , mis à jour

Les Nivernais sont toujours invaincus, en cette fin d’année 2014, dans leur poule 1. Ils ont laissé une très forte impression sur cette première partie de saison.

Tout juste après avoir glané leur titre honorifique de champion d’automne, les hommes du manager Jean Anturville ont réalisé ce petit exploit qui les place dans une configuration gigantesque : ils ont gagné à Lille chez le triple demi-finaliste (15-21). Ils n’avaient jamais encore profané cette terre du Nord qui leur était si hostile depuis leur entrée en Fédérale 1. La grosse défaite qu’ils avaient subie la saison dernière, tandis qu’ils venaient y défendre leur leadership avec des prétentions déclarées, les avait endommagés sérieusement. Cette victoire est un indice probant de leur supériorité.

Les Nivernais sont toujours invaincus. Et si cette invincibilité devra encore être démontrée dès la reprise de la compétition au mois de janvier, par ce déplacement folklorique à Montluçon chez les joueurs de Raphaël Chanal, ils l’ont construite sur une base criante de solidité. Ils n’ont plus encaissé aucun essai depuis cinq rencontres. Ils en avaient concédé huit à leurs adversaires sur les quatre premiers matchs de la saison. Ils en ont encore concédé deux autres à Limoges. Depuis, leur ligne de défense est infranchissable. Lille n’a eu aucune occasion à se mettre sous la dent. « C’est notre grosse satisfaction de cette première partie de saison », relève Jean Anturville, qui ne dénigre pas non plus son secteur offensif. « Les joueurs ont bien intégré nos principes de déplacement sur le terrain. Nos options sont plus riches que par le passé. Il nous arrive parfois d’être trop prévisibles et un peu lents et ce sera notre objectif de parvenir à rendre nos intentions moins prévisibles au moment des phases finales. Mais globalement, sur ce secteur offensif, comment en défense, nous sommes en avance sur notre programme.»

L’apport d’Aurignac

Si pour la première fois depuis l’entrée de cette équipe singulière en Fédérale 1, son début de saison correspond enfin à son objectif de montée en Pro D2, elle le doit en partie à la justesse du recrutement d’un homme : son capitaine Bertrand Aurignac. Jean Anturville était confronté à une situation bancale depuis sa prise de fonctions officielle il y a un an et demi. Pris en sandwich entre la fin de l’ère Rué et ses premiers choix personnels, différents de ceux de son prédécesseur, l’ancien manager de Tours, Bourg-en-Bresse et Béziers, le seul de France qui a déjà conduit trois montées en Pro D2 avec trois clubs différents, n’avait jamais réussi à construire un groupe totalement cohérent. Il avait donc pris deux mesures drastiques à l’intersaison. La première fut la réduction de l’effectif de quarante-trois contrats pros à trente-cinq. « Il n’y a pas assez de match en Fédérale 1 pour gérer un nombre de joueurs trop important », expliquait-il alors. La deuxième fut donc d’aller chercher Bertrand Aurignac à Narbonne, un joueur qui affichait vingt-sept feuilles de match de Pro D2 la saison dernière. Leur relation est profonde.

Le deuxième ligne expérimenté (34 ans, quinze ans de carrière, 149 matchs de Pro D2) avait déjà officié pour Jean Anturville à Bourg-en-Bresse. Il était son capitaine lors de la montée des Bressans en Pro D2 en 2008. Mais Jean Anturville l’avait aussi entraîné en juniors à Pau. Le manager a été au plus simple, en plaçant au centre du vestiaire cette poutre fidèle, autour de laquelle se construit son groupe. De l’avis général, Bertrand Aurignac est celui par qui la cohésion s’est faite, son autorité est reconnue.

Désormais, l’équipe du président mécène Régis Dumange semble pouvoir exprimer tout son potentiel humain. Si son secteur offensif se porte à hauteur de son pendant défensif, alors qui pourra l’arrêter ? Pour l’instant, elle marche sur les traces de Montauban. G. C.

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