Michel Ringeval, la passion intacte

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    Michel Ringeval, la passion intacte
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Michel Ringeval, le coach du SOC, quatrième de la poule 2, prend toujours autant de plaisir à diriger ses troupes.

Quand on est né à Lourdes, difficile de passer à côté du rugby. Surtout dans les années 1950-1960 quand les Lourdais jouaient les premiers rôles. Michel Ringeval, l’entraîneur de Chambéry (Soc), a eu le déclic en assistant à un Lourdes - Nantes. Après des débuts en équipe première à 17 ans, où il côtoie Crauste, Labazuy, Gachassin, « Migraine » prend en 1966 la direction de l’AS montferrandaise. Il y termine prématurément sa carrière à cause de blessures graves. « À 28 ans, je suis passé, tout de suite, du statut de joueur à entraîneur », précise-t-il. Il coache le père de Rougerie, celui de Costes ou Romeu. « Dans ce rôle d’entraîneur, j’ai tout de suite trouvé beaucoup de satisfaction. » Il reste seize ans à l’ASM, où il remporte deux Challenges Yves-du-Manoir. Puis dix ans à Grenoble (1989-1995 puis 1998-2001), avec des intermèdes avant (Vichy, Bourg-en-Bresse) et entre ces deux fois (La Mure). Ringeval avec Fouroux conduit le FCG en finale du championnat en 1993 (défaite 14-11 contre Castres sur une erreur d’arbitrage). Après trois demi-finales, la dernière en 1999, il quitte l’Isère en 2001 sur un échec. Grenoble est relégué en Pro D2 après un barrage perdu après prolongations contre Pau (33-21). «Pour moi, il y a eu une grosse remise en cause, confie-t-il. J’avais attribué un peu les raisons de mon échec à des problèmes de communication (les étrangers du FCG ne parlaient pas français et lui pas anglais, N.D.L.R.). C’était le moment où le rugby était en train de changer. J’ai réfléchi à un projet de jeu que j’ai mis en application en Italie, à Rome. Il consistait à donner un maximum d’informations avec un minimum de mots. J’avais 20 étrangers hors Italiens sur un groupe de 30. Avec eux, j’ai retrouvé un gros plaisir d’entraîner alors que je sortais d’un coup de massue. Je me suis régalé.»

«Michel vit rugby»

Après Rome puis Catane, Ringeval arrive à Chambéry il y a sept ans, recommandé par Cyril Villain, l’actuel entraîneur des trois-quarts du Soc et Monsieur vidéo du FC Grenoble. Il remporte le titre de Fédérale 2 en 2013. « J’étais très fier pour Michel, explique Villain, parce qu’il a connu de très grands moments dans le rugby mais il lui manquait un titre de champion de France. Ce n’est pas un titre en Top 14, mais c’était super de partager ça avec lui. »

Que ce soit Villain, Yves Garçon, le président, ou Damien Vicente, le capitaine, tous disent la même chose : « Michel vit rugby. » « Ce que j’ai beaucoup apprécié chez Michel, loue Garçon, c’est la capacité qu’il a eue à se remettre en cause par rapport aux évolutions du rugby. J’ai trouvé cela remarquable. » Vicente ajoute : « Cela fait six ans que je le connais et il arrive toujours à renouveler ses discours, à trouver des mots justes pour faire passer des informations. Il s’implique beaucoup dans la préparation des matchs. » « C’est quelqu’un de reconnu et de respecté, reprend Garçon, et qui a une aura. » Un solide carnet d’adresses aussi. « C’est son relationnel qui a nous a permis de faire venir, cette saison, Berchesi, l’ouvreur de l’Uruguay. Sans Michel, on n’aurait pas été en contact avec lui. »

Le Soc occupe la quatrième place ex æquo de la poule 2 de Fédérale 1 et vise la qualification. Les Chambériens vont tenter le 11 janvier, contre Mâcon, de confirmer leur succès à Chalon-sur-Saône (16-13) mi-décembre. Pour Ringeval, 71 ans, l’heure de la retraite n’est pas encore venue. « Pour l’instant, je travaille dans une si bonne ambiance à Chambéry que je n’ai pas encore envisagé d’arrêter mais c’est sûr, qu’à un moment donné, il va falloir que j’y pense. » L. G.

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