Recrutements improbables, mode d’emploi

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    Recrutements improbables, mode d’emploi
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Les clubs redoublent d’ingéniosité et d’audace pour trouver des renforts. Exemples avec Oyonnax et Alaska Taufa, ou encore Castres.

Ce lundi, l’US Oyonnax a étonné tout son monde en annonçant une recrue surprise : un ailier nommé Alaska Taufa, dépêché afin de renforcer le triangle d’arrière pour les neuf dernières rencontres de la saison. Cet international tonguien (31 ans, 12 sélections) évoluait jusque-là au Japon, à Akito… au fin fond de la deuxième division. Sur les réseaux sociaux, les connaisseurs du rugby de l’Empire du Soleil-Levant sont restés perplexes devant la nature de ce recrutement atypique.

Le Castres olympique a aussi animé le marché des transferts en ce début de semaine avec la recherche intensive d’un joker médical à son deuxième ou troisième ligne tonguien Piula Faasalele, indisponible pour au moins six mois. Cette urgence a conduit les Tarnais à activer des options aux quatre coins du monde : au Japon, pendant un temps, en Afrique du Sud, du côté des Blue Bulls où les profils de Nardus Van der Walt (22 ans, 1,90 m, 106 kg) et Jacques Engelbrecht (29 ans, 1,93 m, 112 kg) ont été étudiés, et même au niveau amateur, avec le Tonguien de Rouen (Fédérale 2) Semisi Taulava (31 ans, 1,96 m, 128 kg), passé par le club anglais de Worcester. La réflexion est encore engagée mais promet une belle surprise.

«Il faut savoir se montrer audacieux»

En cette période de la saison, le marché est carrément à l’arrêt et les recruteurs sont contraints de se démultiplier pour trouver le joueur idoine. Pourquoi ? Car les championnats de l’hémisphère Nord battent leur plein pendant que l’élite du Sud est sur le pont aussi. « À partir du mois de février, c’est vraiment la prise de tête pour trouver la perle rare comme joker médical ou joueur supplémentaire, nous avoue un agent de joueurs, spécialisés dans les Sudistes. Avec les compétitions internationales qui s’ouvrent (référence au Tournoi des 6 Nations, N.D.L.R.) et surtout le Super Rugby qui démarre, tous les bons joueurs connus sont souvent pris et engagés. Du coup, il faut faire preuve d’ingéniosité. » Donc savoir prendre des risques pour espérer effectuer la bonne pioche. Ainsi, l’an passé à la même époque, le Castres olympique avait par exemple réussi son pari en attirant le pilier droit argentin Ramiro Herrera, surprise de la fin du championnat et titulaire indiscutable lors de la finale perdue contre Toulon. Mais avec l’intronisation de la province puma dans le Super Rugby, la filière argentine va se raréfier à compter de la saison prochaine. Du coup, cela pousse à aller voir plus loin. Parmi les inconnus de la Currie Cup (championnat domestique sud-africain) ou du NPC (championnat néo-zélandais). Voire au-delà. « Il faut savoir se montrer audacieux aujourd’hui et aller fouiner au Japon ou dans le milieu amateur», ajoute l’agent. C’est exactement ce que les exemples récents démontrent. Même si ceci se fait une nouvelle fois au détriment des réservoirs des clubs dans les catégories espoirs, donc de la formation française… J. Fa. et V. B.

Jérémy Fadat
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