Laurent Labit : «Jonny a l’habitude d’être ciblé»

  • Laurent Labit : «Jonny a l’habitude d’être ciblé»
    Laurent Labit : «Jonny a l’habitude d’être ciblé»
Publié le / Mis à jour le

Si les Bleus vont envoyer Mathieu Bastareaud « tester » Jonathan Sexton de retour après trois mois d’absence pour cause de commotions cérébrales, son entraîneur au Racing-Metro Laurent Labit ne se montre pas plus inquiet que cela pour son ouvreur.

Jonathan Sexton effectuera son grand retour après trois mois d’absence dus à des commotions cérébrales à répétition. Pourquoi a-t-il dû observer une si longue convalescence ?

Face à l’Australie en novembre, il a subi sa troisième commotion cérébrale de la saison. Avec le Racing-Metro, contrairement à d’autres clubs, nous ne prenons strictement aucun risque avec nos joueurs au sujet des commotions cérébrales. Le barème, c’est qu’à la troisième commotion dans une même saison, on doit s’arrêter trois mois. Faites le calcul vous-mêmes : la date exacte de son retour était prévue ce week-end.

En tant qu’entraîneur de Sexton en club, vous avez forcément des rapports privilégiés avec Joe Schmidt. Comment vous a-t-il tenu au courant quant à son choix de le titulariser face aux Bleus ?

À l’origine, Joe Schmidt pensait le sélectionner sur le banc et le faire rentrer une demi-heure, pour gérer la fin de match. Sauf qu’en raison de la blessure de Paddy Jackson avec l’Ulster contre Toulon, il a dû choisir à Rome entre Keatley, son quatrième ouvreur, et Madigan, qui joue surtout au centre avec le Leinster. L’expérience Keatley ne s’est pas bien passée et comme le match de la France sera d’un autre niveau, il a préféré se rassurer avec Jonny, qui connaît les systèmes de jeu irlandais sur le bout des doigts. Sa participation n’a été décidée qu’après un dernier entraînement le mercredi 11 février au soir. J’imagine qu’il devrait sortir autour de la cinquantième minute, si tout se passe bien.

Pensez-vous que, sachant ses antécédents, les Français puissent volontairement cibler Sexton ?

En championnat, Jonny est régulièrement ciblé par les adversaires que nous rencontrons. Il est habitué… (sourire) Lors de tous nos matchs, il subit des placages à retardement ou à l’épaule. Contre Toulon, il m’a dit qu’il a pris un plaquage à retardement après passe puis un coup de poing. Il a senti que sa mâchoire avait bougé : résultat, une fracture… Après ce match, il était très abattu et déçu, car il ne comprend pas que personne ne voie jamais rien. Mais au niveau international, je ne me fais pas de souci : les moindres faits et gestes seront scrutés.

Nicolas Zanardi
Voir les commentaires
Réagir