Savez-vous percuter ?

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    Savez-vous percuter ?
Publié le , mis à jour

Si elle doit constituer la dernière solution dans le rapport offensif à l’adversaire, la percussion frontale demeure parfois un passage obligé qu’il convient de négocier le mieux possible.

Avancer. C’est le seul leitmotiv en rugby, l’unique question qu’il convient de se poser. à ce titre, même s’il ne doit demeurer qu’un dernier recours, l’affrontement frontal se trouve souvent inévitable… De fait, même si la percussion doit demeurer un moyen et non pas une fin, il convient de l’appréhender du mieux possible. Les attitudes avant, dans et après le contact demeurant essentielles afin de faire vivre le ballon derrière soi du mieux possible.

En effet, la percussion commence bien avant le contact proprement dit. Sachant que la position recherchée en théorie par le plaqueur consistera à engager l’épaule extérieure tout en plaçant son appui entre les jambes de l’attaquant, le but pour ce dernier devant consister, après une prise de vitesse suffisante, à jouer sur ses appuis pour déstabiliser son adversaire. Le tout en conservant le ballon à deux mains le plus longtemps possible, afin de faire planer l’incertitude jusqu’au bout.

Impacter du bas vers le haut

Vient alors le moment de l’impact. Si l’on voit souvent des joueurs percuter le ballon en avant pour se rassurer en dominant l’impact, pareille attitude doit, autant que faire se peut, être évitée, ne serait-ce que parce qu’elle ne permet pas de faire vivre ni de libérer correctement le ballon derrière soi. De fait, l’attitude recommandée consiste à placer le ballon sous le bras opposé de l’épaule engagée dans la percussion, qu’il est préférable d’effectuer de bas en haut. « Le buste devant être penché au-dessus du pied d’appui, pour accélérer au moment de l’impact, explique le troisième ligne du RCT, Chris Masoe. Le bras au contact de l’adversaire ne doit quant à lui pas être inutile mais doit servir à « casser » le plaquage en fragilisant la liaison du défenseur. »

« Ressortir » le ballon

Mais quelle sortie donner à sa percussion ? Tout dépend, tout simplement, du rapport de force avec la défense… « Si la collision a été remportée, le but immédiat doit être de faire jouer un partenaire censé avoir convergé au soutien, détaille Chris Masoe. La communication est très importante car il faut savoir où se situe le soutien. Ensuite, il faut réaliser le geste juste : « enrouler » le bras derrière le défenseur si le soutien arrive de l’intérieur, ou jouer le off-load si l’on est assez à l’aise techniquement et que le soutien arrive de l‘extérieur. » Le but demeurant, en cas d’absence de soutien, de lutter debout le plus longtemps possible sans aller trop loin, pour pouvoir faire rejouer dans l’axe.

Las, toutes les collisions se sont pas gagnées par l’attaque, loin s’en faut. Ainsi, en cas de passage forcé par le sol, l’essentiel consistera à protéger son ballon et à le libérer le plus proprement possible en utilisant la technique dite du « couteau suisse », qui consiste à retourner ses épaules vers son propre en-but et libérer le ballon le plus loin possible. Une libération qui aura deux mérites : celle d’éloigner la balle des éventuels gratteurs adverses et de leur réduire naturellement le couloir d’entrée dans le ruck. En priant, évidemment, pour que les partenaires arrivent à temps au déblayage…

Yann David : «Une question d’équilibre»

Quelles informations doit-on prendre sur une défense avant d’aller percuter ?

Un match se prépare avant tout à la vidéo, qui permet de repérer les forces et faiblesses de chaque adversaire. En situation de match, il faut toujours surveiller l’épaule intérieure et extérieure du joueur que l’on va affronter et repérer laquelle est la plus forte. Si un joueur glisse rapidement sur l’extérieur, son épaule faible sera celle située à l’intérieur et inversement pour un joueur qui peine à se déplacer. Mais en règle générale, il faut toujours choisir un côté et ne pas défier un adversaire par le milieu.

Quelle position adopter pour percuter ?

Personnellement, j’aime défier en avançant le pied côté ballon. En clair, si le ballon vient de la droite vers la gauche, je vais placer le pied droit devant. Ensuite, le buste doit être placé juste au-dessus du pied avant, ni trop en avant, ni trop en arrière. Parce qu’une percussion, ce n’est pas qu’une question de puissance ou d’explosivité mais surtout une question d’équilibre. Voilà pourquoi il faut mettre tout son poids sur cet appui avant, que l’on va essayer de placer au plus près de l’adversaire. Si l’on est trop loin, on risque de basculer et le défenseur n’aura qu’à nous tirer en avant pour nous faire tomber. Or, le but est de rester debout et de faire jouer autour de soi bien sûr… Enfin, il faut bien sûr percuter avec l’épaule libre, de façon à éloigner au maximum le ballon.

Quid du jeu de jambe avant, pendant et après ?

Avant, il faut bien sûr accélérer avec des grandes enjambées. Une fois au contact, la longueur des enjambées va se réduire mais il faut continuer à travailler en fréquence pour gagner la ligne d’avantage.

Que faire face au piège du double plaquage, avec un défenseur qui plaque aux jambes et un autre au niveau du ballon ?

Face à cela, il n’y a qu’une solution : lutter. Lutter pour ne pas aller au sol tout de suite car sinon le gratteur aura un temps d’avance sur les soutiens. Il faut donc lutter pour donner ce temps aux soutiens offensifs d’arriver. Il faut résister au plaquage en bas mais ce n’est pas facile. Une fois au sol, on peut toujours essayer de se retourner pour gagner un peu de temps mais ce n’est pas toujours facile.

Faut-il avoir systématiquement recours au raffût ?

Non, sauf si l’on veut vraiment rester debout et faire une passe à une main. Il peut aussi permettre de gagner un peu de temps mais il est plus utile quand on joue dans un intervalle. Dans le cas d’une percussion frontale, il est plus difficile à placer.

Simon Valzer
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