«Sapiac gate» : les Bleues espionnent

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    «Sapiac gate» : les Bleues espionnent
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Il a fallu un tweet de l’ailier montalbanais Sébastien Ascarat pour que le match entre Perpignan et Montauban, disputé dimanche dernier à Aimé-Giral, donne lieu à une drôle de troisième mi-temps. L’équipe de France féminine a déclenché un « Sapiac Gate » jamais vu en Pro D2.

L’histoire n’aurait jamais dû sortir des coursives d’Aimé-Giral. Alors que Perpignan reçoit Montauban pour le compte de la 22e journée de Pro D2, le manager de l’Usap Alain Hyardet est embarrassé et décide de mettre au parfum son homologue Xavier Péméja. Des dirigeants catalans ont reçu, avant la rencontre, les photos des combinaisons en touche des Tarn-et-Garonnais prévues pour ce rendez-vous. Des clichés pris dans l’intimité du vestiaire montalbanais à Sapiac. Vainqueur avec le point de bonus offensif, Hyardet veut prévenir Péméja qu’un traître se cache peut-être parmi ses joueurs. Les deux hommes se quittent avec la conscience un peu moins lourde pour le premier, et avec de sacrés doutes pour le second.

Une petite histoire secrète, dont le rugby raffole, offerte au public par l’ailier de Montauban Sébastien Ascarat sur le réseau social twitter lundi en fin de matinée avant un communiqué des supporters d’Ultra Sapiac. Dans la ligne de mire des Montalbanais en colère : l’équipe de France féminine qui affrontait le pays de Galles dans la célèbre cuvette tarn-et-garonnaise le vendredi précédent. Des joueuses auraient joué les espionnes non mandatées pour les hommes d’Alain Hyardet. Il n’en fallait pas plus pour déclencher un « Sapiac Gate » puisque trois joueuses défendent les couleurs de Perpignan.

Des supporters déçus

Xavier Péméja est revenu sur son entretien inattendu avec son homologue catalan : « Il m’a montré qu’il avait en sa possession les touches que l’on affiche dans les vestiaires toutes les semaines de match et qui doivent être effectuées le jour de la rencontre qui suit. Il y a les dessins et les annonces. Il me l’a dit parce qu’il pensait que c’était un de mes joueurs à l’intérieur du club qui était à l’origine de cet envoi à un dirigeant de Perpignan. Cela me paraissait impossible. On a vite compris que cela venait de l’équipe de France féminine qui ne devait pas être là le jeudi normalement. Elle est venue dans les vestiaires où il y avait nos feuilles qui n’ont été enlevées que le vendredi matin. Elle a fait des photos et les a envoyées à un dirigeant de Perpignan. »

Un scénario qui agace, pour ne pas dire plus, les supporters montalbanais venus en nombre soutenir les filles de l’équipe de France vendredi à Sapiac : « Comment imaginer que ces filles, que nous avons accueillies à bras ouverts, ces filles pour lesquelles notre équipe a revu son calendrier d’entraînement afin de leur laisser le terrain d’honneur et de ne pas les gêner dans leur préparation, ces filles qui n’avaient pas accès aux vestiaires de l’USM durant leur préparation, ces filles que nous avons soutenu corps et âme, comment ont-elles pu faire une chose pareille ? Où sont les valeurs du rugby là-dedans ? Où est le respect des 10 000 personnes qui sont venues les encourager ? » Pour l’instant, difficile de confirmer ces accusations mais la délégation de l’équipe de France féminine ne prend pas cette histoire à la légère et compte interroger tous ses membres pour connaître le fin mot du Sapiac Gate.

Nicolas Augot
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