Dusautoir a ses lieutenants

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    Dusautoir a ses lieutenants
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Après le pays de Galles, Philippe Saint-André avait ouvertement réclamé à ses hommes de s’affirmer. Il a été entendu puisque des joueurs comme Mas ou Mermoz sont venus épauler Thierry Dusautoir la semaine passée.

Quelque part, c’était un appel à se prendre en mains. On a beaucoup commenté la sortie virulente de Philippe Saint-André au lendemain de la défaite à domicile face au pays de Galles. Celle de trop. Le sélectionneur a alors jeté à la figure de ses joueurs, comme il leur avait précédemment expliqué dans l’intimité, qu’ils ne voulaient plus de « starlettes » mais des « champions ». Des mots forts, durs. « Ça fait trois ans que je les couve, trois ans que je suis derrière eux, avait clamé PSA. Mais à un moment, il faut savoir gagner les matchs. Il faut savoir combattre. […] Il y a des mecs qui ont commencé il y a trois ans. Désormais, ils ont trente ou quarante sélections. Il faut arrêter de se cacher derrière des faux-semblants. » Le discours avait le mérite d’être clair. Mais au-delà de tancer ses hommes, le sélectionneur a aussi cherché à les faire réagir, à les éveiller, voire à les pousser à s’affirmer. Car le manque de caractère et de personnalité est trop criant dans ce groupe depuis longtemps. Et cela rejaillit sur son leadership. À ce niveau, derrière les capitaine et vice-capitaine que sont Thierry Dusautoir et Pascal Papé, c’était le désert.

Saint-André : « Certains se sont responsabilisés »

Or, à cinq mois du Mondial, ce XV de France avait un besoin urgent de lieutenants pour vivre, ou du moins survivre. Et, comme révélé dans les colonnes de Midi Olympique ce lundi, Nicolas Mas et Maxime Mermoz se sont imposés pour montrer la voie à suivre. Deux joueurs pourtant remis en cause sportivement par le staff puisqu’avant le match en Italie, ils n’avaient pas participé à une seule minute depuis le début du Tournoi. « Certains joueurs se sont responsabilisés, s’est ainsi félicité Saint-André. Ils ont pris conscience de l’importance de ce match. Pour preuve, Nicolas Mas a aidé toute la semaine son capitaine. Et aujourd’hui (dimanche, N.D.L.R.), Maxime Mermoz ou Sébastien Tillous-Borde l’ont aussi soutenu et se sont investis. » Si, dans le cas de Tillous-Borde, installé depuis novembre, les choses semblent moins étonnantes, notamment par sa position de demi de mêlée, cela l’est davantage pour les deux autres nommés. Mais Mas a d’abord fait parler son expérience. C’est d’ailleurs lui qui a, en premier, pris la parole lors de la traditionnelle promenade du matin de la rencontre. « Ma prise de parole est venue toute seule, naturellement, justifie-t-il. De telles semaines, avec ce genre de tensions, j’en ai déjà vécu. »

Plus besoin des « anciens » ?

Pour Mermoz, c’est plus sûrement l’absence de leaders affirmés qui l’ont poussé à prendre ses responsabilités, toujours lors de la même promenade. Quoi qu’il en soit, ces hommes-là ont entendu le message envoyé par le sélectionneur. Et ceci est à mettre à son crédit. Sa communication a souvent été critiquée ou moquée mais celle d’il y a deux semaines a finalement trouvé un écho favorable. Insuffisant pour donner de véritables garanties aux Bleus mais assez pour faire naître un brin d’espoirs et surtout apporter une maturité indispensable à ce groupe. Dès lors, le staff actuel pourrait s’éviter de rappeler les « anciens » que sont Bonnaire, Harinordoquy ou Rougerie, lesquels font figure de « leaders » et de « champions » en vue du Mondial. Premier élément de réponse dès samedi en Angleterre.

Jérémy Fadat
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